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Capital-IT recrute en technopoles

En grande partie issu de labos de recherche, le cru de printemps de Capital-IT s’annonce résolument technologique. Start-West, salon d’investisseurs du grand Ouest, confirme la tendance.

La grand messe du capital-risque, Capital-IT, se tiendra les 10 et 11 avril. Les investisseurs pourront y rencontrer une quarantaine de jeunes entreprises du secteur TMT (technologies, médias, télécoms) et des biotechs à la recherche de capitaux. ” L’édition de ce printemps présentera essentiellement des jeunes entreprises à la recherche de leurs premiers tours “, précise Emmanuel Libaudière, le directeur de FF & T Events, la société organisatrice.” Le profil des ” Best 40’s “, c’est-à-dire des pépites qui ont été retenues par un jury indépendant composé de financiers, d’entrepreneurs, de membres de l’Inria [Institut national de recherche en informatique et automatique, ndlr] et de consultants d’Ernst & Young, a sensiblement changé depuis novembre 2001 ! Les jeunes pousses sélectionnées alors recherchaient essentiellement du refinancement.”

Place à l’amorçage

Pour ce septième rendez-vous, Capital-IT favorisera donc principalement la phase d’amorçage. Ce stade de financement fait actuellement figure de parent pauvre du capital-risque.Seuls quelques fonds, tels I-source Gestion, (télécoms, logiciels et contenus multimédias), Emertec (micro-électronique), ou encore Bioam (biotechnologies) lui sont dédiés, car c’est une activité plus risquée que le capital développement : une entreprise en création sur deux ferme boutique avant deux ans. ” Nous nous sommes tournés vers les jeunes sociétés innovantes, car en sélectionnant des entreprises en développement, déjà connues des capital-risqueurs, nous ne leur apportions aucune valeur ajoutée. Nous avons donc démarché l’Inria et les autres centres de recherche”, explique l’initiateur de Capital-IT.Résultat : sur les cent quarante dossiers reçus, quelque 32 % sont en phase d’amorçage et 44 % sont à la recherche d’un premier tour de table. À l’inverse, à l’automne dernier, environ 53 % des entreprises étaient en quête d’un deuxième ou troisième tour de table.En conséquence, les ” Best 40’s”de ce printemps sont de toutes jeunes entreprises : 13 % d’entre elles ont été créées cette année et 55 % en 2000 et 2001. Pour autant, leurs dirigeants ne portent pas des culottes courtes : à 80 %, les équipes de management sont composées de quadragénaires, qui n’en sont pas à leur première création d’entreprises.Les capital-risqueurs en ont soupé des dot-coms, dirigées par des jeunes patrons frais émoulus de l’école. Les projets technologiques exigent, avant tout, des compétences industrielles. Il n’y a alors rien d’étonnant à ce que 26 des ” Best 40’s”proviennent d’un laboratoire ou d’un incubateur, à l’image d’Idtect.Cet éditeur de logiciels pour la prédiction des pannes de machines a ainsi vu le jour au début de l’année dans la pépinière de l’incubateur public Inria-Transfert. ” Bien rodées à la création d’entreprises, les technopoles [structures de développement économique, généralement soutenues par les collectivités locales, ndlr] sont une manne pour les investisseurs. Notre fonds de commerce provient principalement du CNRS, de ces laboratoires où le potentiel technologique de projets proches de la maturité est exceptionnel, ou bien encore de cessions de grands groupes industriels”, détaille Jean-Michel Barbier, le directeur associé de Tech Fund Capital Europe, spécialisé dans l’amorçage.

Les pépinières de l’Ouest

La manifestation très parisienne Capital-IT a servi d’exemple et a désormais un équivalent régional. Start-West propose en effet aux jeunes pousses bretonnes de rencontrer des investisseurs nationaux ou étrangers. Créé en 2001 par l’association ” Nantes Atlantique Place Financière pour le grand Ouest” (NAPF), Start-West a pour ambition de valoriser le terreau d’entreprises technologiques de la Bretagne, des Pays-de-la-Loire et de la région Poitou-Charente.” L’année passée, nous avons sélectionné quarante projets, provenant majoritairement des technopoles, comme celle de l’agglomération nantaise, Atlanpole. Cette année encore, les 30 et 31 mai, nous allons renouveller l’opération. Quarante sociétés régionales se présenteront à un parterre d’investisseurs. Parallèlement, un jury indépendant sélectionnera les meilleurs dossiers présentés dans trois catégories : l’amorçage, la création d’entreprise et le développement. Les vainqueurs se verront remettre une enveloppe de 15 000 euros “, détaille Daniel Jouvenet, secrétaire général de l’association régionale.La tendance générale, qui se dessine à travers Capital-It et Start-West, confirme l’intérêt manifeste des capital-risqueurs pour le secteur des biotechnologies. Elles constituent un fort pourcentage des projets innovants des technopoles. Ainsi, sur les 67 projets accompagnés par Atlanpole, 20 sont des biotechs.

Même les pousses télécoms

Cependant, les logiciels d’entreprises gardent la faveur des investisseurs. Ainsi, près de 48 % des “Best 40’s” sont positionnées sur ce secteur, comme Kreode, un éditeur de logiciels de contenus multimédia. L’intérêt des capital-risqueurs pour les jeunes pousses des télécommunications paraît plus étonnant, au vu de la crise que connaît le secteur.” Il faut faire une dichotomie entre la vision financière et la logique économique. Quand on lit les analystes, on a l’impression que le secteur des télécoms est victime d’un marasme absolu ; pourtant le marché est en pleine expansion. Les besoins sont encore énormes. Ainsi, pour notre part, nous surveillons les solutions logicielles ou matérielles qui permettent d’accélérer le transit de l’information sur le réseau “, analyse Pierre de Fouquet, directeur associé de Part’Com, une société gérant un fonds de 500 millions d’euros.Les nouvelles rencontres investisseurs-entrepreneurs promettent, cette année plus encore que lors des éditions précédentes, des dossiers très innovants. Mais cela suffira-t-il pour pousser les investisseurs à mettre la main au portefeuille ?

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Hélène Puel