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Bob Young (Red Hat) : ” Le modèle libre convient aux applications horizontales comme les bases de données “

Bases de données ou logiciels de commerce électronique, Red Hat, sous l’impulsion de son président Bob Young, diversifie doucement son offre vers le fonctionnel.

Red Hat vend du système d’exploitation. Pourquoi, aujourd’hui, se lancer dans les bases de données et le commerce électronique ?Nous avons choisi ces applications parce que ce sont les plus populaires et qu’elles sont largement déployées. Nos clients nous demandent régulièrement des versions en code source libre de ce type d’applications, qu’un Microsoft ou un Oracle ne porterait jamais sous Linux. Ou, s’ils le faisaient, ce serait selon un modèle propriétaire, auquel nos clients pensaient pouvoir échapper en adoptant Linux. Le modèle libre fonctionne très bien pour les technologies utiles à tous. Et la base de données est une application horizontale, dont tout le monde, ou presque, peut avoir besoin. Pour nous, c’est comme un service public.Ces nouveaux produits ne risquent-ils pas de menacer vos partenariats actuels ?Nous avons des partenariats avec quasiment tout le monde. Ce sont des alliances génériques, par opposition aux accords stratégiques, qui lient le destin de deux partenaires. La plupart des grands fournisseurs se moquent d’une petite entreprise comme la nôtre. Ils ne montrent donc aucune réticence à travailler avec nous. Cela devient alors très facile, pour Oracle ou Computer Associates, de réorienter vers nous les clients ayant besoin de développements particuliers en code source libre. La base de données que nous fournissons, ProgreSQL, n’a pas l’équivalent fonctionnel de la base d’Oracle. Elle ne dispose pas de la même suite d’applications associées. Oracle ne nous considère donc pas comme un concurrent. Certains petits vendeurs de bases de données peuvent se sentir menacés, mais aucunement les grands éditeurs.Au-delà des outils de commerce électronique et des bases de données, pensez-vous sortir d’autres produits?Si je vous le confirmais, je devrais vous tuer juste après ! Plus sérieusement, nous ne parlons jamais de nos futurs produits avant qu’ils ne soient lancés. Mais vous pouvez toujours prendre des paris…Aucune société reposant sur le modèle libre n’a réussi en vendant des logiciels. Pourquoi êtes-vous si confiant ?Vendre des boîtes génère peu de marges au regard de notre activité services. Depuis quelques années, nous avons même réussi à développer cette activité de façon à accroître nos marges. Après notre introduction en Bourse, notre marge brute était de 49 %. Elle approche aujourd’hui les 60 %, et nos comptes arrivent à l’équilibre. Désormais, 80 % de notre chiffre d’affaires sont générés par les services, à savoir le conseil, l’intégration, la formation, le support technique et l’assistance. A titre de comparaison, les éditeurs de logiciels propriétaires réalisent, en général, 80 % de leur chiffre d’affaires en vente de licences, contre 20 % en services.Tous les éditeurs Linux vendent aussi des services. Comment vous différenciez-vous ?Par notre trésorerie. Notre introduction en Bourse nous a fourni l’argent nécessaire pour ouvrir des antennes à l’étranger et mieux servir tous nos clients. Un distributeur Linux va, comme un constructeur de voitures, assembler son package à partir de différents logiciels. Mais, à la différence d’un véhicule, qui, lui, reste quasiment identique entre le moment où vous l’achetez et celui où vous vous en débarrassez, un système d’exploitation évolue très rapidement. L’entreprise n’acquiert pas Linux, mais Suse Linux ou Mandrake Linux, ou encore Red Hat Linux. Son choix dépendra de la façon dont ces éditeurs assureront le suivi de ces applications. La trésorerie que nous avons accumulée nous assure une pérennité d’au moins cinq ans. Nous pouvons garantir aux entreprises qu’elles auront toujours quelqu’un vers qui se tourner en cas de problème.

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Stéphanie Chaptal