Pour la première fois, Apple a présenté un MacBook Pro doté d’un écran tactile. On peut contrôler l’interface de macOS 27 au doigt directement sur l’écran. Pour Steve Jobs, fondateur d’Apple, c’était une hérésie : le bras fatigue trop vite. Vingt ans après, John Ternus a peut-être brisé un tabou avec ce nouveau MacBook Pro et le dirigeant d’Apple a ses raisons.
Comment ce tabou imposé par Steve Jobs a-t-il été rompu ?
Les explications viennent d’un article du journaliste Steven Levy publié dans Wired, dans lequel il interroge John Ternus, le responsable du matériel Johny Srouji ainsi que le responsable du marketing Greg Joswiak. Steven Levy raconte avoir interrogé en 2015 Phil Schiller, alors responsable du marketing produit chez Apple. Phil Schiller expliquait que « nous pensons que sur un ordinateur de bureau, avec un clavier fixe, devoir tendre le bras pour utiliser des interfaces tactiles est inconfortable ».
D’ailleurs, macOS demandait une grande précision permise par l’utilisation du curseur, contrairement à iPadOS ou à iOS : « ces deux univers [macOS et iOS/iPadOS] sont volontairement différents et c’est une bonne chose : nous pouvons ainsi optimiser l’expérience pour chacun ». Apple avait pourtant fait un petit effort en 2016, avec l’arrivée de la Touch Bar sur les MacBook Pro. Une petite langue sur toute la largeur du clavier qui était un écran qu’on pouvait contrôler pour mettre des raccourcis multimédia. Dix ans plus tard, Steven Levy demande frontalement à John Ternus si Apple ne serait pas sur le point de briser le tabou imposé par Steve Jobs de commercialiser un Mac avec un écran tactile. Le dirigeant répond : « Qui l’eût cru ? »
Les raisons d’Apple
Face aux polémiques des fans d’Apple et de Steve Jobs, le dirigeant d’Apple tente de tempérer : « Le Mac est avant tout un appareil à saisie indirecte, conçu autour du trackpad et du clavier. Mais je pense qu’il y a des moments où le tactile est pratique et confortable. » En clair, l’identité du MacBook Pro ne change pas : c’est toujours une machine à la pointe, dont la recette se bonifie avec le temps (et les itérations). John Ternus explique que « la fonction tactile ne dévalorise en rien le produit. Il ne l’alourdit pas, il ne l’épaissit pas. C’est ce que nous avons réalisé avec l’écran OLED, le meilleur écran jamais intégré à un Mac »
Pour Johny Srouji, « beaucoup de choses ont changé, qu’il s’agisse de la technologie d’affichage, des puces sur mesure, etc. » Apple utilisant des puces similaires entre iPhone, iPad et Mac, des dalles similaires, les difficultés matérielles se sont amoindries. La marque s’est laissée convaincre : « Je préfère que mes ingénieurs soient limités par les lois de la physique, et non par leur imagination ou des délais », ajoute Srouji.
Pour être sûrs que c’était une bonne idée, les ingénieurs en question ont tout fait pour éviter d’affecter le reste de l’expérience utilisateur sur MacBook. La charnière a été repensée pour que la dalle ne bouge pas lorsqu’on appuie dessus, le système thermique aussi pour éviter que l’écran ne chauffe. Le tabou a été rompu, sans détériorer le reste de ce qui a fait le MacBook Pro.
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