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Barack Obama appelle à une réglementation plus stricte des réseaux sociaux

L’ancien président américain, ex-enfant chéri des Big Tech, accuse les plates-formes de favoriser la désinformation et cite en exemple la réglementation européenne.

Obama s’en prend aux réseaux sociaux. L’ancien président américain a tenu un discours assez tranchant dans le cadre d’une conférence organisée sa fondation et le Stanford Cyber ​​Policy Center sur les défis de la transformation numérique pour la démocratie.

Il a accusé ces plates-formes d’avoir contribué à la polarisation de la société en raison de la façon même dont elles sont conçues. « Dans la compétition entre la vérité et le mensonge, la coopération et le conflit, la conception même de ces plates-formes semble nous faire pencher dans la mauvaise direction. Et nous voyons les résultats », a-t-il déclaré, citant les tentatives de manipulation de Poutine ou Steve Banon. Pas besoin que les gens adhèrent aux fake news, selon lui. Il suffit que cela sème le trouble et la population ne sait alors plus en qui croire.

Barack Obama plaide pour une réglementation qui garantirait la concurrence et la possibilité pour de nouveaux entrants de percer. Il pense aussi que les plates-formes devraient faire la transparence sur leurs algorithmes et que cela ne les obligerait pas à révéler de secret industriel. Il a enfin regretté que les réseaux sociaux aient accéléré le déclin des journaux et d’autres sources d’information traditionnelles.

L’ancien président des Big Tech

L’ancien président américain ne s’est pas montré toujours aussi dur envers les géants du web, bien au contraire. Il a plutôt favorisé leur développement durant ses deux mandats. Il faut dire aussi qu’il est considéré comme le premier candidat à s’être appuyé à ce point sur les outils numériques pour mener ses campagnes et ensuite communiquer lorsqu’il était au pouvoir. Il a d’ailleurs reconnu que les réseaux sociaux avaient joué un grand rôle dans son élection.

Le divorce entre la Maison Blanche et les GAFAM s’est produit sous Donald Trump, qui a utilisé abondamment ces plates-formes pour manipuler l’opinion publique et propager des fake news. Sans compter l’immixtion de la Russie lors de son élection présidentielle et le scandale Cambridge Analytica. Devant les tentatives de modération des réseaux sociaux, Trump n’avait eu de cesse de mettre en doute leur neutralité et comptait bien les mettre au pas. Mais les émeutes du Capitole en janvier 2021 et sa compromission à ce sujet ont fini par le faire bannir des principaux services.

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Des lois en préparation au Congrès

Les déclarations d’Obama interviennent alors que le Congrès planche sur une série de lois visant à réglementer le marché de la tech. La protection de la concurrence, des données personnelles et de la vie privée des utilisateurs sont en jeu. Le serpent de mer de la section 230 a également ressurgi. Ce texte garantit depuis 1996 aux hébergeurs de contenus de ne pas être tenus responsables des contenus publiés par les Internautes. Donald Trump avait voulu l’abroger sans en avoir le temps. Il accusait cette section 230 de permettre aux réseaux sociaux de censurer les conservateurs. Pour sa part, Barack Obama a précisé qu’il n’était pas « pas convaincu que l’abrogation totale de l’article 230 soit la solution », comme le rapporte CNBC.

En Europe, la réglementation est beaucoup plus avancée puisque le continent peut déjà s’appuyer sur le RGPD et que la concurrence va être mieux garantie grâce au Digital Markets Act. On attend maintenant un accord imminent sur le Digital Services Act qui doit redéfinir les responsabilités des services et protéger davantage leurs utilisateurs. Obama a d’ailleurs cité les initiatives européennes en exemple.

Source : CNBC

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Amélie CHARNAY