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De 500 Mo à 5 Go par mise à jour : comment Microsoft a alourdi Windows 11 en silence

Plus de 4 Go par mois en moyenne, parfois 5. Microsoft avait pourtant promis l’inverse il y a deux ans.

La mise à jour mensuelle de Windows tourne en arrière-plan, on ne la voit pas passer. C’est probablement aussi bien ainsi. Une fois examinée de près, l’addition est moins discrète : les cumulative updates téléchargées depuis le Microsoft Update Catalog franchissent désormais régulièrement les 4 Go, et certaines flirtent avec 5. Une fois extraites, le compteur grimpe à près de 9 Go. Pour comparaison, en 2024, la même mise à jour pesait environ 300 Mo. C’est Windows Latest qui a fait l’addition complète, en s’appuyant sur une analyse technique du blog Out of Office Hours publiée à l’automne dernier.

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Mai 2025, le mois où tout a basculé

Avant mai 2025, les Latest Cumulative Updates de Windows 11 24H2 restaient sous la barre du gigaoctet et demi. La mise à jour KB5059087 d’avril 2025 pesait 1 287 Mo. Celle de mai, KB5058411, est passée à 4 368 Mo, soit plus du triple en un mois. Une bizarrerie technique a accompagné le bond : le fichier compressé MSU a grossi de 3 Go, le fichier décompressé de seulement 2,5 Go. Habituellement, c’est l’inverse qui se produit, la compression réduit l’écart au lieu de le creuser.

Graphique d'augmentation du poids des mises à jour cumulatives de Windows 11 depuis 24H2
Graphique d’augmentation du poids des mises à jour cumulatives de Windows 11 depuis 24H2 © Windows Latest

L’analyse au 7-Zip révèle la cause. Des dizaines de fichiers MSIX absents en avril sont apparus en mai, parmi lesquels PSTokenizer, Text Recognition Session, PSOnyxRuntime, Query Processor Session ou Image Search Session. Tous des composants liés à la recherche sémantique et à l’IA locale, tournant sur le runtime Onyx que Microsoft fournit également aux développeurs. Les 3 Go supplémentaires sont là. Ces composants sont d’ailleurs embarqués même sur les machines incapables de les exécuter. Une logique de filtrage côté client (Express updates et Unified Update Platform) ramène le téléchargement réel à 1,5 ou 2 Go chez l’utilisateur final. Le paquet de base, lui, reste obèse côté serveur.

La solution promise par Microsoft, abandonnée en silence

En juillet 2024, Microsoft dévoilait les Checkpoint Cumulative Updates, présentés comme la solution au gonflement des mises à jour. Le principe : au lieu de reconstruire chaque mise à jour à partir de la version RTM d’origine, des « checkpoints » périodiques servent de nouvelles bases. Les mois suivants ne contiennent alors que les changements depuis le dernier checkpoint. Sur le papier, des téléchargements plus légers, des installations plus rapides. Le premier checkpoint a bien été établi en septembre 2024. Les mises à jour ont ensuite fait sagement la diète jusqu’en avril 2025.

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Et puis plus rien. Aucun nouveau checkpoint n’a été déployé depuis septembre 2024, soit dix-neuf mois au compteur. Le mécanisme censé empêcher la dérive de la taille tourne à vide. Chaque mise à jour repart toujours de la baseline d’il y a un an et demi, accumulant les composants au passage. Pour les particuliers, les filtres réduisent encore les dégâts. Pour les entreprises, c’est une autre affaire. Le coût annuel de stockage est passé à 52 Go par architecture et par point de distribution en 2026, contre 11 Go en 2024. Multipliez par cinq points de distribution dans une organisation moyenne, et l’addition n’est plus anecdotique.

Les moyens techniques de découpler ces composants du pipeline principal existent : livraison via le Store, téléchargement à la demande. Microsoft n’a simplement pas franchi le pas. macOS, dont les mises à jour pèsent 1 à 3 Go, démontre que le modèle modulaire fonctionne. Microsoft avait promis le même chemin il y a deux ans, et fait aujourd’hui exactement l’inverse.

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Par : Opera

Source : WIndows Latest