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Ashok Kumar (Bancorp Piper Jaffray): “Dell n’a jamais été très bon en Europe”

Ashok Kumar, analyste vedette de la banque d’affaires américaine Bancorp Piper Jaffray, avait prédit les mauvais résultats d’Intel. Il explique les déboires de Dell, plus structurels que conjoncturels.


01net. : quels facteurs ont poussé Dell à annoncer une diminution des prévisions de ses résultats financiers au troisième trimestre ?
Ashok Kumar : 300 millions de dollars manqueront à l’appel lors du bouclage du troisième trimestre de l’année fiscale du constructeur, fin octobre. Les deux-tiers de cette somme environ ont été attribués à une faible demande sur le marché des PME. Le reste est dû à l’Europe, avec un euro faible et un marché traditionnellement moins dynamique au troisième trimestre. Notez que la moitié des pertes de revenus en Europe est directement liée à l’euro. Dell ne peut donc plus espérer croître de 30 % par an et a revu son taux de croissance à 27 %. Toutefois, nous ne pensons pas que celui-ci dépassera 25 %.L’Europe, avec un euro et une demande faibles, semble être l’excuse parfaite pour les constructeurs qui, comme Apple, Intel ou Dell, voient leurs chiffres d’affaires fondre comme neige au soleil. Est-ce vraiment la seule raison ?Dell est particulièrement touché, car il réalise près de 20 % de son chiffre d’affaires dans cette région. Mais d’autres régions posent également problème, notamment l’Asie-Pacifique, hors Japon, et l’Amérique du Nord, où la demande reste faible, pour deux raisons. Tout d’abord, l’an dernier, start-up et ISP, profitant de la bulle spéculative, commandaient à tout va. Aujourd’hui, ce n’est plus cas. La seconde, c’est Windows 2000 ?” qui nécessite l’achat de nouvelles machines ?”, dont les ventes ne décollent toujours pas.Comment alors expliquer les commentaires positifs d’AMD et de Gateway sur leurs futurs résultats ?Il est vrai aussi que Dell n’a jamais été très bon en Europe et vient d’ailleurs d’effectuer des changements au niveau de son management. Le cas de Dell est donc spécifique, propre à la difficulté qu’il rencontre dans l’exécution de sa stratégie.Quid des autres fabricants de PC ?Compaq est le prochain sur la liste. Je ne crois pas que ses résultats vont décevoir, car ses estimations de croissance pour l’année sont extrêmement basses : 10 % seulement. Le constructeur, qui était au fond du gouffre l’année dernière, réalise quand même 30 % de ses ventes en Europe. Mais c’est surtout au niveau des serveurs que lon attend Compaq. Même chose pour IBM et HP, qui semblent se concentrer sur le haut de gamme.

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Jean-Baptiste Su, à San Jose (Californie)