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Après le piratage des impôts, la France riposte avec un grand « plan d’action » pour protéger vos données

Face aux cyberattaques qui ont frappé les impôts, la France a décidé de réagir avec une série de mesures fortes. Le gouvernement vient d’annoncer un plan d’action centré sur la généralisation de la double authentification, le principal rempart qui aurait permis d’éviter énormément de fuites de données sensibles.

La semaine dernière, les impôts ont été victimes d’une vaste cyberattaque. Des hackers s’en sont d’abord pris aux données fiscales des Français, exfiltrant des informations sensibles sur près de 700 000 contribuables, avant de se glisser dans les registres du cadastre. Par la suite, les truands ont siphonné les données relatives aux successions vacantes.

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« Dettes techniques » et excuses

Au total, l’administration fiscale a essuyé trois violations de données d’envergure en l’espace de quelques jours. Sans surprise, cette succession d’incidents a provoqué un immense tollé… jusqu’au sommet de l’État. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est empressé de mettre en place une cellule interministérielle de crise, avant de demander à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) de se pencher sur la situation. L’enquête doit permettre de comprendre comment des pirates ont pu se glisser dans une infrastructure informatique aussi sensible que celle des impôts. L’agence doit remettre ses conclusions dans le courant du mois prochain.

La Direction générale des Finances publiques reconnaît volontiers qu’il est indispensable de moderniser et de revoir la sécurité informatique de ses outils, qui souffrent d’une série de « dettes techniques ». Par le biais de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, le gouvernement a plusieurs fois présenté ses excuses aux Français, estimant que « ce qui est arrivé est insupportable ».

La double authentification au cœur du plan d’action

En réaction, David Amiel a annoncé un vaste « plan d’action » destiné à colmater les brèches restantes dans les systèmes de l’État français. Comme on pouvait s’y attendre, le premier chantier concerne la double authentification. Massivement adopté par les internautes et les géants du numérique, ce système consiste à réclamer un code de connexion, envoyé par mail, SMS ou par le biais d’une application dédiée, en plus du mot de passe et du nom d’utilisateur. De facto, un pirate qui se trouve en possession de vos identifiants n’est pas en mesure de mener une intrusion à bien. La double authentification est notamment utilisée pour valider des paiements ou pour se connecter à des comptes en ligne.

Par contre, elle n’est pas encore généralisée à l’échelle du gouvernement français. C’est pourtant l’absence de double authentification qui est à l’origine d’une grande partie des cyberattaques survenues en France ces dernières années, y compris dans les systèmes gouvernementaux. On se souviendra notamment du piratage du ministère de l’Intérieur.

En dépit des risques connus, tous les comptes des agents de la Direction générale des finances publiques ne sont pas sécurisés par l’authentification multifactorielle. L’administration parle d’une utilisation partielle, ouvrant la porte à des intrusions. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé durant les piratages de la semaine dernière. Les attaques reposaient en effet sur trois comptes compromis. Amélie Verdier, la directrice générale des Finances publiques (DGFiP), a expliqué que la première attaque n’a réussi que parce que plusieurs comptes ont été piratés en même temps. Cet accès frauduleux a bien été bloqué en juin, mais les vérifications menées à ce moment-là n’ont pas permis de comprendre ce qui s’était réellement passé. La double authentification sera donc généralisée à tous les comptes de l’administration fiscale dès la fin de l’année.

La Direction générale des finances publiques s’est engagée à conscientiser tous ses agents et à multiplier les exercices pour les aider à faire face à d’éventuelles campagnes de phishing. Bercy prévoit de multiplier les simulations de phishing en interne pour tester la vigilance de ses agents face aux tentatives d’hameçonnage. En parallèle, les modules de formation à la cybersécurité déjà utilisés vont être étoffés en s’appuyant sur les précieuses leçons tirées des attaques récentes.

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De l’IA et des récompenses

Pour sécuriser ses systèmes, le gouvernement a décidé de demander l’aide des chercheurs en cybersécurité. Le gouvernement va mettre en place un programme qui récompense toutes les découvertes de failles informatiques. Sur le papier, ce programme de « bug bounty » est similaire à celui qu’on trouve chez les géants de la technologie, comme Google, Apple ou Microsoft. Par ailleurs, l’État évoque l’utilisation de l’intelligence artificielle pour scanner ses outils et débusquer d’éventuelles défaillances dans leur code. Une IA souveraine, indépendante des géants américains, est d’ailleurs à l’ordre du jour. L’idée est que « l’on se teste nous-mêmes avec des intelligences artificielles sous contrôle
 », fait valoir

Enfin, Bercy compte moderniser ses outils de surveillance afin de mieux traquer les usurpations d’identité et les activités suspectes sur ses systèmes informatiques. L’administration veut aussi limiter le nombre de connexions autorisées sur davantage de fichiers sensibles, comme c’est déjà le cas pour le Fichier des comptes bancaires (Ficoba), piraté en début d’année.

Alors que le gouvernement s’organise pour revoir ses systèmes de sécurité, les pirates à l’origine du hack des impôts ont revendiqué une nouvelle attaque à l’encontre de l’Éducation nationale. Le duo criminel prétend avoir dérobé plus de 20 ans d’archives regorgeant de données personnelles sensibles sur les élèves et les enseignants. Sur X, Signal ou sur des forums criminels, ils se moquent ouvertement des services de l’État.

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