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Amazon (encore) attaqué pour son impact environnemental, fiscal et social en France

À quatre jours de l’opération commerciale Black Friday, le géant américain est une nouvelle fois pointé du doigt pour l’impact « négatif » de ses activités en France. Amazon dément. 

« Le monde selon Amazon n’est pas viable. » C’est le constat dressé -de nouveau- par les associations Attac et les Amis de la Terre ainsi que l’Union syndicale Solidaires. De concert, les trois organisations militantes ont dénoncé, dimanche 24 novembre, dans un rapport intitulé « Impunité fiscale, sociale et environnementale : immersion dans le modèle Amazon », l’impact «négatif» du géant de la distribution en ligne en France. À quatre jours du Black Friday, le géant du e-commerce a réfuté ces informations « trompeuses ».

L’équivalent des émissions du Portugal

Le rapport pointe notamment les « très lourds impacts environnementaux » de l’entreprise, alors que son patron, Jeff Bezos, a promis que l’entreprise atteindrait la neutralité carbone en 2030. Parmi les pratiques épinglées : la livraison rapide, « source d’émissions de gaz à effet de serre » et la destruction des invendus. Les auteurs déplorent également les 3 millions de produits neufs invendus jetés par la société alors qu’ils étaient fonctionnels.

Concernant les gaz à effet de serre, les associations ont croisé des « données et estimations publiques » afin d’obtenir un « ordre de grandeur » concernant le stockage de données d’Amazon. Selon leurs calculs, cette activité a généré « 55,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2018, soit l’équivalent des émissions du Portugal ». La livraison en accéléré est également critiquée puisqu’elle augmente le transport aérien, une de sources avérée de pollution (voir le graphique ci-dessous). 

Capture d’écran du rapport publié par Attac France, Les Amis de la Terre, Union syndicale Solidaires.

Respecter l’Accord de Paris

« Nous réfutons ces informations trompeuses qui comportent de très nombreuses erreurs factuelles et spéculations sans fondement », a réagi Amazon dans un communiqué.

Jeff Bezos avait annoncé, le 19 septembre 2019, l’initiative « The Climate Pledge », une campagne pour atteindre avec dix ans d’avance les engagements climatiques internationaux de l’Accord de Paris.        

Dans le communiqué, Amazon a tenu à rappeler son investissement pour le développement durable « au travers de programmes innovants tels que “Déballer sans s’énerver” ou “Expédier dans l’emballage d’origine”. Mais également son engagement fort pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris 10 en 2030 plutôt qu’en 2040, qui intègre un investissement de 100 millions de dollars dans la reforestation et une commande de 100 000 véhicules de livraison entièrement électriques ».

Amazon dissimulerait 57% de son chiffre d’affaires

Outre l’impact environnemental, les associations accusent également Amazon de dissimuler pour des raisons fiscales une grande partie (57%) de son chiffre d’affaires réalisé en France (voir le schéma ci-dessous).

Capture d’écran du rapport publié par Attac France, Les Amis de la Terre, Union syndicale Solidaires.

« Non seulement cela a des impacts négatifs sur les recettes fiscales de l’État, mais cela contribue à renforcer la position dominante d’Amazon vis-à-vis de ses concurrents, qui payent en proportion de leur activité davantage d’impôts », selon le communiqué militant.

1 emploi créé pour 2 détruits

Après le volet fiscal, le rapport épingle également les conditions de travail dans les entrepôts. Le rapport met en lumière le recours massif aux contrats précaires, « en particulier pendant la période des fêtes » de fin d’année. Les auteurs estiment que pour un emploi créé par Amazon, deux sont détruits. Un constat qui vient renforcer la note publiée, vendredi, par l’ancien secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi qui a calculé qu’Amazon été responsable de la destruction de « 7.900 emplois » sur le territoire.

« Amazon s’acquitte de l’ensemble des impôts et taxes exigibles en France. […] Avec plus de 9.300 emplois en CDI en France d’ici la fin de l’année, nous sommes devenus un employeur majeur et notre marketplace a permis de créer des dizaines de milliers d’emplois supplémentaires au sein des petites et moyennes entreprises qui vendent sur notre site », s’est défendu Amazon.

La publication de ce rapport est finalement moins percutant sur le fond que sur le timing. Ces accusations s’inscrivent dans une vaste campagne de boycott du Black Friday, dont Amazon est devenu l’effigie. Un collectif d’une centaines de personnalité ont lancé, mi novembre, l’opération « stop-amazon» pour faire de cette journée promotionnelle un « vendredi noir » pour « Amazon et son monde ». 

Source : Attac

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Marion Simon-Rainaud