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40 000 km d’affilée sans toucher le volant : Tesla pousse-t-il ses conducteurs à l’irresponsabilité totale ?

Un homme a parcouru près de 40 000 km d’une seule traite avec le FSD Tesla. Il s’est vu récompensé par le système, qui encourage vivement un usage intensif de la conduite autonome, quels que soient les risques.

Nouvelle polémique en vue pour l’un des piliers de la communication de Tesla. Cette fois, ce n’est pas la question des accidents qui est pointée du doigt, mais bien la politique incitant à un usage intensif du Full Self-Driving (FSD). Car en tant que système de conduite autonome supervisée, le FSD séduit par son confort : il délègue entièrement la tâche à l’ordinateur du véhicule, allégeant ainsi la charge mentale des trajets quotidiens.

Mais ce dispositif peut aussi pousser à l’irresponsabilité, comme l’a récemment illustré David Moss, propriétaire de Tesla et influenceur automobile. Sur son compte X, l’homme a célébré un « exploit » : plus de 40 000 km parcourus d’une traite avec le FSD activé. À la clé, une pluie de confettis virtuels et un message de félicitations de sa Model 3 pour avoir bouclé l’équivalent d’un tour du monde sans interrompre le système.

Le FSD performant, mais pas à ce point

Un record qui soulève de sérieuses questions. La première concerne la définition même d’un « trajet sans interruption ». Concrètement, il suffit d’entrer une destination dans le GPS et de laisser le FSD prendre le relais jusqu’au bout. Tant qu’aucune intervention manuelle n’est détectée sur le volant ou les pédales, le compteur continue de tourner.

Le problème ? La moindre correction humaine, pour éviter un nid-de-poule, un piéton imprudent, un véhicule trop proche ou un obstacle inattendu, remet le compteur à zéro. Sur 40 000 km, les occasions de reprendre la main sont pourtant légion. « Il est impossible de parcourir 40 000 km, ni même probablement 8 000, sans rencontrer de nombreux désagréments majeurs », note d’ailleurs un internaute sur X.

Aussi performant soit-il, le FSD ne peut anticiper toutes les situations sur une telle distance. Ce système de récompense incite donc les utilisateurs à maintenir le FSD activé, quels que soient les risques, afin de préserver leur série et d’enchaîner les exploits.

Des récompenses virtuelles pour des dangers bien réels

Même si Tesla assure que le FSD est statistiquement trois fois plus sûr que les conducteurs humains, les sceptiques restent dubitatifs. Certains accusent même le système d’encourager des comportements dangereux : franchissement de sens interdits, prise de risques inutiles, mise en danger des autres usagers… le tout pour des badges et des confettis virtuels. La question se pose alors : jusqu’où ira Tesla pour gamifier la conduite autonome, et à quel prix pour la sécurité routière ?

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Source : Inside EVs


Thomas Kim