Passer au contenu

2018, l’année ou le streaming a dépassé les ventes de disques en France

Pour la première fois, plus de la moitié des revenus de la musique enregistrée ont été représentés par le streaming musical gratuit ou payant l’année dernière dans l’Hexagone. Le vinyle, toujours aussi dynamique, représente désormais un cinquième des ventes physiques.

2018, année du grand basculement. L’année dernière en France, 51 % des revenus de l’industrie musicale ont été réalisés grâce au streaming, dépassant ainsi les ventes de CD et vinyles, selon le rapport annuel du Syndicat national de l’édition phonographique (Snep). L’année précédente, ces revenus ne représentaient encore que 41 %, témoignant du dynamisme de ce mode d’écoute. 

Si les ventes globales ont continué à augmenter de 1,8 % (pour la troisième année consécutive, une première depuis 15 ans), cela s’est fait malgré tout à un rythme moins important que les deux années précédentes (5,4 % en 2016 et 3,9 % en 2017). Une tendance qui incite le Snep à la prudence, malgré un optimisme retrouvé. Désormais, le marché de la musique représente 735 millions d’euros de chiffre d’affaires en France. 

Avec une hausse de 26 % au global par rapport à 2017, le streaming représentait l’année dernière 57,6 milliards d’écoutes, soit un chiffre quatre fois plus élevé que quatre ans auparavant en 2014. Une tendance qui là encore montre que ce mode de consommation devient relativement rapidement le préféré des Français. 

Les ventes physiques baissent, sauf pour le vinyle

Pendant logique de cette augmentation, les ventes physiques ont dans le même temps baissé de 15 %. Le Snep l’explique bien entendu par la bonne santé du streaming, mais aussi par les manifestations des « gilets jaunes » qui se tiennent tous les samedis depuis le 17 novembre 2018. Ces rassemblements ont pu empêcher ou refroidir certains clients à aller faire leurs achats chez les disquaires durant le week-end. Les mois de novembre et décembre représentent traditionnellement un tiers des ventes annuelles pour les 4 000 boutiques physiques de l’Hexagone.

Dans ce marasme des achats de disques, un support tire toutefois son épingle du jeu : le vinyle. Il représente désormais presque un cinquième des ventes physiques (19 %, soit 48 millions d’euros). Et il ne plaît plus seulement à ceux qui l’ont connu dans leur jeunesse : un tiers des acheteurs a moins de trente ans. 

Si les ventes de vinyles concernent essentiellement des albums de « back catalogue » (Nirvana, Amy Whitehouse, Queen, Michael Jackson ou encore Bob Marley), un quart des ventes ont été réalisées grâce à des nouveautés (Angèle, Orelsan, Eddy de Pretto, Lomepal, Mylène Farmer ou… les albums posthumes de Johnny Halliday et Alain Bashung). Témoigne également de cette bonne santé le nombre de platines vendues en 2018 : 155 000, soit 60 % de plus qu’en 2016.

Source : 
Syndicat national de l’édition phonographique

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Jean-Sébastien Zanchi