Avec son look très marqué et ses teintes vives, Borderlands détonne dans le morne paysage des jeux de tir, où l’on croirait que le gris et le kaki ont pris en otage les autres couleurs depuis une décennie.
Le style visuel, inspiré de la bande dessinée avec ses à-plats généreux et ses personnages typés, offre une identité visuelle unique et réussie : on a l’impression de voir un comics s’animer lors des premières minutes de jeu. Mais de beaux graphismes ne suffisent pas pour faire un bon jeu…
Cartoon post-apocalyptique
L’univers proposé n’a rien de chaleureux, puisqu’il nous envoie sur Pandora, une planète complètement ravagée par la guerre ressemblant furieusement à une Terre post-apocalyptique. C’est aussi hospitalier que le bush australien de Mad Max, avec ses hordes de bandits allumant au fusil tout ce qui bouge et ses routes défoncées où seuls des buggys trafiqués osent s’aventurer.
Entre deux zones, des villages déserts, peuplés de robots farceurs et de personnages… inquiétants. En bonus, une faune locale aussi moche qu’agressive, à base de phacochères mutants et de vautours reptiliens (sic). Dans ce monde sans pitié, seuls les plus forts et les mieux armés survivent. Ca tombe bien, on vous propose de jouer le rôle d’un balaise surarmé.
On s'est pas déjà vu quelque part ?
Borderlands débute comme un hack and slash à la Diablo, vous demandant de choisir une classe de personnage. Une démarche plutôt originale pour un FPS mais dont la fraîcheur est contrebalancée par la platitude du choix. Gros bourrin qui tape au contact, tireur d'élite malingre, soldat moyen en tout ou sournoise aimant poser des pièges : les archétypes sont usés jusqu’à la trame. Le système de progression, à travers un chétif arbre des compétences, ne prend également pas de risques.
Cela dit, la recette est connue mais bonne et le background du jeu la rend un peu plus épicée : c’est donc le sourire aux lèvres et la mitraillette en bandoulière que nous découvrons les premiers décors de Borderlands et que l’on extermine ses premiers nuisibles. On collecte aussi ses premiers objets, classés par couleur d'après leur rareté selon un spectre copié-collé sur World of WarCraft.
Laissez faire les professionnels
Notre avatar, poétiquement baptisé Bomberman, démarre l’aventure sur les chapeaux de roue. La prise en main efficace, similaire à toutes celles employées dans les autres FPS, met vite en confiance et c’est sans aucune pitié qu’il vide ses chargeurs sur ses premiers ennemis, grimpant rapidement les cinq premiers barreaux de l’échelle des niveaux. Bomberman se prend pour un caïd mais déchante vite, en s’apercevant que des monstres de niveau légèrement supérieur au sien lui mettent de sérieuses fessées l’obligeant à adopter la marche arrière comme moyen de locomotion principal. Ce qui, avouons-le, n’est pas particulièrement héroïque.
Après une demi-heure de pénitence, Bomberman consulte sa liste d’amis du Xbox Live et invite deux autres pistoleros à le rejoindre. Ils ont beaucoup plus joué que lui et ont une douzaine de niveaux d’avance mais cela n’est pas un problème pour le jeu, qui laisse faire la manœuvre. Problème, les monstres s’adaptent en fonction du niveau moyen des joueurs : les premiers affrontements de Bomberman contre des monstres vraiment plus puissants que lui s’avèrent pénibles…
Par contre, en restant planqué derrière un rocher et en regardant agir ses deux compères, il accumule sans effort les points d’expérience et se retrouve très rapidement au niveau 10 ! Ce procédé bien connu des amateurs de MMORPG, appelé power levelling, fonctionne à merveille dans Borderlands… Là aussi, cela manque d’héroïsme mais comment résister aux sirènes de la productivité ? Vous pouvez également rejoindre des parties classées par niveau par l'intermédiaire du Live mais, là aussi, la progression s'effectue bien trop vite.
Vous reprendrez bien une petite quête ?
Après cette cure de vitamines accélérée, Bomberman reprend son aventure en solo et enchaîne les missions. Ou plutôt les divers prétextes le poussant à aller au point B tuer des monstres, puis revenir au point A. Pas de puzzles, pas d’énigmes, pas de dialogues autres qu’avec les donneurs de quêtes : Borderlands est aussi inspiré qu’un jeu de grind coréen.
Si jamais une zone s’avère trop ardue, obligation est faite de revenir dans des lieux plus accessibles et de tuer à la chaîne tout ce qui bouge afin de récolter de l’expérience. Impossible de briser la routine en partant explorer Pandora, le jeu n’encourage pas cette démarche avec son morcellement en zones, par ailleurs fades et peu imposantes. Zones dans lesquelles une forme de vie autre qu’hostile est totalement absente : dommage, il y avait de quoi faire quelque chose d’agréable compte tenu du background intéressant.
Borderlands a touché du bout des doigts la recette magique, celle qui rend un jeu plus attachant que la moyenne et qui peut vous faire oublier les heures. Mais il n’a pas su, ou voulu, s’en saisir, préférant faire tourner en rond son gameplay et ses joueurs en bourrique. Un jeu frustre et frustrant.
points positifs
points négatifs

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