On l'oublie parfois ! Un jeu vidéo n'est pas un produit dérivé comme les autres. Contrairement à un T-shirt au potentiel de «fun» incertain ou à un mug, par nature modérément distrayant, un jeu se doit au minimum d'être amusant. De ce côté-là, l'équipe de Terminal Reality (Nocturne, BloodRayne) a plutôt réussi son coup. Action, ambiance, boss vicieux et vue à la troisième personne: Ghostbusters reprend la recette de Gears of War et compagnie. A la différence près que vos ennemis sont des fantômes que vous allez devoir capturer avec l'aide d'un pack de protons, une arme crachant de redoutables «effluves». Ça change des gros flingues.
Ce n'est pas tout. D'autres types de rayons viendront progressivement enrichir votre arsenal: les flèches bosons (comparable à un lance-roquettes), le diffuseur à particules (équivalent d'un fusil à pompe), le flux concentré (mitraillette aux projectiles autoguidés), l'effluve stase glaçante (une sorte de… truc… bizarre) et encore le jet de slime verdâtre, particulièrement pratique pour refermer les portails vers le monde des fantômes, et qui peut aussi faire office de peu ragoûtant grappin. L'accessoire «frime» ultime lors d'une soirée mousse.
Tous ces rayons alternatifs n'ont pas le charme des bons vieux effluves, mais ont le mérite d'apporter un peu de diversité. D'autant qu'on peut en améliorer les effets avec l'argent récolté à chaque capture de fantôme. A noter que si les «vrais» fantômes doivent être affaiblis, puis capturés à l'aide d'un piège portatif, la petite piétaille (généralement des objets animés par des esprits mineurs) doit être détruite purement et simplement en «bourrinant» sans trop réfléchir. S.O.S Fantômes perd alors un peu de son charme, pour devenir un clone de Gears of War de plus. Heureusement, même si l'action se taille la part belle, Ghostbusters est aussi un jeu d'ambiance.
Un scénario concocté par des scénaristes originaux
S.O.S Fantômes n'est pas qu'une bête transposition de l'univers des films. Il se veut un véritable troisième volet de la saga. Si l'on en croit la très cinématographique intro, le scénario aurait même été écrit par la paire Aykroyd/Ramis, déjà responsables des films.
On retrouve les Ghostbusters deux ans après le second film. Vous êtes une nouvelle recrue, à qui échoit le poste ronflant mais ingrat de «technicien d'équipement expérimental». En gros, c'est vous qui allez tester le nouveau matos concocté par Egon sur ses heures de pause. Et autant dire que ça ne va pas traîner car, dès votre première journée, une vague ectoplasmique secoue la ville: Gozer le Destructeur est de retour. De la visite de l'hôtel Sedgewick à la bibliothèque, en passant par la lutte contre le Bibendum Marshmallow, tout est fait pour rappeler des souvenirs aux amoureux du premier film (les références au second étant plus discrètes). Ça manque d'imagination, mais les fans devraient être aux anges.
Des développeurs respectueux de l'œuvre
Pour l'originalité du scénario, on repassera. Mais pour la qualité des dialogues, en revanche, on applaudit à tout rompre. S.O.S Fantômes est sans doute le jeu d'action le mieux écrit jamais vu. Les répliques fusent et font souvent mouche. D'autant que Ghosbusters se paie le luxe d'être doublé par les acteurs originaux! On retrouve donc nos quatre chasseurs de fantômes, dont Bill Murray, et même leur secrétaire Janine ou encore le très zélé inspecteur Peck.
Chose rare: par défaut, le jeu propose carrément la VO sous-titrée. En fait, la bande-son dans son ensemble est très réussie, puisqu'elle est exclusivement composée de musiques du film. Dommage toutefois que les sous-titres, parfois assez étrangement traduits, gâchent au passage pas mal de vannes!
Toujours au petit jeu des références, c'est quasiment la larme à l'œil qu'on retrouve Ecto-1, le quartier général (rempli de petits trucs à faire et à voir entre chaque mission), ou encore le pack de protons, tous modélisés avec un soin maniaque. Même le très cheap psychotensiomètre est présent et directement utilisable. Le jeu passe alors en vue à la première personne: grâce à ce détecteur low-tech, on peut chercher bonus cachés, ennemis invisibles et passages secrets.
Une réalisation haut de gamme
Quand on a pour soi un nom prestigieux qui attire même les non-joueurs, pourquoi se fatiguer à faire un titre qui tienne la route techniquement? Après tout, la plupart des acheteurs potentiels en sont restés à Tetris… Là aussi, Ghostbusters nage à contre-courant, et ce qui s'affiche à l'écran est digne d'une grosse production. OK, certains environnements, notamment en intérieur, sont moins bons; sur PS3 en tout cas, on sent parfois que la console peine.
Mais le design des fantômes, des plans démoniaques et des personnages est tout à fait réussi. Mention spéciale pour les animations faciales assez bluffantes, et pas seulement lors des cinématiques. Chapeau aussi aux décors destructibles. A part les murs (et encore), on peut presque tout casser. Après un affrontement, nos Ghostbusters ne laissent derrière eux que ruines et désolation. Un joli clin d'œil à leurs méthodes de pieds nickelés.
Et comme toute destruction est récompensée en points, on s'amusera à faire du zèle, histoire d'intégrer le tableau des high-scores.
L'IA est elle aussi plutôt convaincante. Sauf exception, on a toujours un, deux, voire trois chasseurs de fantômes avec soi, et ceux-là ne restent jamais les bras croisés. Ils vous filent un fier coup de main et n'hésiteront pas à poser leurs propres pièges ou à détruire des éléments du décor pour faciliter leur progression.
Who you gonna call ?
Même si S.O.S Fantômes a ses faiblesses, il est ce que devrait être toute adaptation de film: à la fois un aller simple vers un univers culte, mais également un bon jeu. Si ceux qui n'ont pas vu les films ont le droit de faire l'impasse, les fans ne resteront pas indifférents à ses charmes, même si c'est malheureusement trop court.
Quoique ces six heures de jeu sont finalement plus riches en slime, en marshmallow, en croisement d'effluves et en vannes que les deux films réunis. Il ne reste plus à la même équipe qu'à nous offrir un Retour vers le futur 4, et tous nos fantasmes d'adolescents seront désormais assouvis.








(5 avis)










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