La télé publique belge priée de ne pas faire d'info sur le Web
La presse écrite belge demande à la RTBF de ne plus publier d'informations écrites en ligne. Elle dénonce une concurrence déloyale.
Cessez immédiatement toute activité de presse écrite en ligne, y compris la diffusion de concours, d'informations sur les jeux vidéo et d'illustrations à l'aide d'images fixes ». Contre toute attente, c'est un média qui fait cette demande à un autre média. En l'occurrence, l'Association des journaux francophones belges (JFB) à la télévision publique belge, la RTBF.
Les éditeurs de ces journaux ont adressé vendredi 5 mars une lettre de mise en demeure à la chaîne, avec copie au ministère de l'Audiovisuel. Ils reprochent à la chaîne l'espace information de son site Web, sur lequel elle publie des articles gratuitement alors qu'elle est financée par des fonds publics.
D'un point de vue formel, les journaux estiment que la chaîne est en infraction avec le droit européen sur les aides de l'Etat et outrepasse ses compétences telles que définies dans son contrat de gestion passé avec les pouvoirs publics. En gros : elle n'est pas là pour faire de la presse en ligne. La presse belge n'y voit, ni plus ni moins, qu'une concurrence déloyale.
C'est pourquoi les Journaux francophones belges demandent aussi un moratoire sur l'exploitation publicitaire des pages d'information du site de la RTBF, jusqu'à ce que se tienne une consultation publique sur le sujet. L'association demande aussi à voir la comptabilité analytique de la RTBF.
Débat en Suisse
Le climat est donc assez tendu. L'Association des journalistes professionnels a réagi dans la foulée par un communiqué. Elle affirme ne pouvoir « accepter qu'il soit porté atteinte d'une façon ou d'une autre aux activités journalistiques et aux emplois qui y sont liés » et « estime qu'autant les entreprises médiatiques privées que publiques doivent pouvoir assurer leur travail d'information dans le cadre des développements numériques ». Une tentative pour calmer le jeu, donc, mais qui en dit long sur l'état de fébrilité, voire de panique, de la presse papier à l'heure d'Internet, en Belgique comme en France.
Et le débat n'existe pas qu'en Belgique, justement. La BBC a accepté, dans le cadre d'un plan d'économie demandé par le gouvernement, de réduire de 25 % les dépenses de son site Web. D'ici 2013, BBC.co.uk sera privé de la moitié de ses pages.
En Suisse aussi, la presse s'agite. Le journal Le Matin rapporte que la Presse suisse, organisation d'éditeurs de journaux de Suisse romande, n'apprécie pas trop l'activité Web de la Société suisse de radiodiffusion (SSR), le groupe d'audiovisuel public, et que celui-ci devrait plutôt suivre l'exemple de la BBC...

Avis sur «La télé publique belge priée de ne pas faire d'info sur le Web»
chacun son métier
de
spip90
, posté le 09 mars 2010 à 15h10
et la radio qui fait de la vidéo (France Inter qui diffuse les chroniques de Guillon par ex.)
et la presse qui fait aussi de la vidéo (leMonde.fr) ... on n'en parle pas
tsss
et la presse qui fait aussi de la vidéo (leMonde.fr) ... on n'en parle pas
tsss
Au Canada....
de
Jihem au Québec
, posté le 09 mars 2010 à 15h23
Depuis les derniers évènements fortement médiatisés (JO, Haïti, Chili), Radio-Canada (CBC chez les anglophones) communique clairement : Radio-Canada : Télévision-Radio-Internet.
Radio -Canada est bel et bien du domaine du service public.
Radio-Canada marche ici aussi sur les plates bandes de la presse écrite. A la différence qu'ils l'assument depuis peu clairement dans leur communication.
Radio -Canada est bel et bien du domaine du service public.
Radio-Canada marche ici aussi sur les plates bandes de la presse écrite. A la différence qu'ils l'assument depuis peu clairement dans leur communication.
les plates-bandes?
de
fritesss
, posté le 09 mars 2010 à 16h05
La presse écrite peut, elle aussi s'adapter aux nouvelles technologies et proposer un site internet. Il est clair que les versions "papier" sont condamnées et c'est tant mieux puisque le papier pollue et coûte cher.
Heureusement que les maréchaux-ferrants n'ont pas critiqué quand le cheval-vapeur est apparu...
Heureusement que les maréchaux-ferrants n'ont pas critiqué quand le cheval-vapeur est apparu...
Euh
de
Orden
, posté le 09 mars 2010 à 16h57
Il ne s'agit pas d'opposer édition papier et édition en ligne. Le problème vient du fait que tes concurrents direct soient subventionnés et fournissent ton service gratuitement. Même si les journaux deviennent 100% en ligne, ils auront bien besoin de payer leur personnels.
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