Et maintenant ?
par Hadopicsou, le 15/05/2009 01:26:55
Ne partez pas!!!
5 minutes pas plus si vous voulez savoir à quelle sauce on va être mangé.
deux extraits tirés des sites d'information (j'espère ne pas être modéré, si j'ai tombe sous le coup de la charte du site et bien vous m'en voyez désolé, et tant pis ^^), qui en disent long, très long sur ce qui nous attend maintenant que la boite est ouverte.
d'abord l'argent:
[ Comme la SACEM, l'Adami ne croit pas aux effets de l'Hadopi
Hopital et charité
La loi Hadopi ayant été votée, les langues se délient. Après la Sacem qui à demi-mot nous ressert la taxe sur les FAI, une piste à explorer pour financer la création, voilà l’ADAMI.
La société de gestion collective qu’on n’avait guère entendue pendant les débats si ce n’est lorsqu’il s’agissait de dénoncer l’instrumentalisation des artistes sur un dossier technique le dit aujourd’hui clairement « le gouvernement a cru pouvoir régler plus rapidement le problème du piratage. Or, il apporte l’illusion d’une réponse définitive à la crise que connaît la création, car il a malheureusement fait l’impasse sur l’essentiel : le juste partage de la valeur, ou, pour le dire en un mot, l’argent ».
L'illusion d'une réponse définitive
Bloche et d’autres l’ont dit lors des débats : le projet Hadopi est une occasion ratée. L’Adami le confirme encore aujourd’hui. « La seule réponse apportée par le gouvernement à la question de la rétribution des créateurs aura été que la loi favorise le développement de l’offre légale. Nous le pensons aussi. Mais aujourd’hui, selon les relevés de rémunération des sites de streaming et sachant qu’un artiste touche habituellement 8% sur les ventes de ses enregistrements, la diffusion légale d’une chanson rapporte 0,001 euro (ou 0,1 centime) à son interprète. Soit 100 euros si, couronnée de succès, elle est diffusée 100.000 fois ! En l’état internet ne rémunère pas la création, il lui fait à peine l’aumône ! ».
L’Adami fait état d’un « sentiment d’inachevé ». Et pour cause. Ouvrons dès à présent les paris : le téléchargement non marchand (« piratage » dans le vocabulaire maritime de la Rue de Valois) ne sera pas éradiqué. Et les abonnés qui recevront le premier email, la lettre recommandée n’iront pas courir à la FNAC, si ce n’est pour acheter un logiciel de sécurisation. Passant devant le rayon « musique », ils en profiteront peut être pour exprimer un début de haine face à tous les artistes qui ont signé ces pétitions pro-hadopi , allant jusqu'à être traité de nazis, sans avoir pris le temps de lire ce qu’est ce texte encore baffé hier par la CNIL.
Définir de nouvelles pistes pour apporter de l'argent frais
« Aujourd’hui, c’est la « classe moyenne » des artistes qui est menacée par l’assèchement que provoque l’illusion de gratuité du « web ». On ne pourra pas faire longtemps l'impasse sur la question de la rémunération des interprètes, sans lesquels aucun film et aucune chanson n'existent. Entre les stars et les nouveaux talents prêts à tous les sacrifices pour débuter leur carrière, c’est bien cette « classe moyenne » qui fait le quotidien de la vie artistique de notre pays. L’enjeu est économique, artistique et sociétal ». Le discours reprend celui de la SACEM. En il en appelle à de nouveaux modèles économiques qui doivent s’adapter à l’ère numérique, à préparer l’après Hadopi, etc... En clair, à définir de nouvelles pistes pour apporter de l’argent frais.
Taxe, licence globale, rémunération pour copie privée...
Selon nos informations, on évoque dans les couloirs une taxe sur les FAI, sans contrepartie (une contribution que reversent déjà ces opérateurs pour le triple play), ou bien l’extension de la rémunération pour copie privée à l’échelle d’internet, une taxe sur les flux… Bref, après avoir été fliqué pour le grand bien des majors qui tentent de défendre un modèle économique dépassé par la déferlante internet, les internautes peut-être via les FAI vont devoir contribuer en souriant au financement des artistes. Il n’est pas sûr que la pilule passe aussi bien. ]
ensuite le fond, ce qui se passe derrière les projecteurs:
[ « Hadopi, et après ? » peut-on lire un peu partout depuis quelques jours. Il reste à assister à la mise en place de cette usine à gaz, et peut-être voir, enfin, se lancer une réflexion de fond. Pour les autres projets du gouvernement relatifs à Internet, prendre la route du ministère de l’Intérieur, direction Loppsi 2. Ou « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure ».
Bien que maintes fois annoncée, et même prévue dans la loi de finances pour 2008, la Loppsi 2 est sans cesse repoussée. En février dernier, Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur assurait que le projet serait « présenté au Parlement avant l’été ». Loppsi 2 d’ici fin juin ? « On a encore le temps, nous indique un collaborateur de l’Assemblée. Si c’est adopté en conseil des ministres avant l’été, ce sera déjà bien ». Le programme de l’Assemblée Nationale est bouclé jusqu’aux vacances. Puis, à la rentrée, il y aura le Grenelle 2, le vote du budget, etc. Bilan : « ce texte ne devrait pas être examiné en 2009 ».
La Loppsi 2 se veut donc la suite de la Lopsi (pareil mais sans la « performance »). Déposée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et adoptée en juillet 2002 par le Parlement, elle vise à modifier les moyens juridiques et sécuritaires afin de renforcer la lutte contre la délinquance et de la criminalité. La nouvelle loi doit privilégier « le redéploiement de moyens existants et le renforcement de la police technique et scientifique », comme le soulignait le Président de la République en juillet 2007. Parmi les actions, on trouve pêle-mêle : « conforter la réduction du nombres d’accidents [de voiture] », « renforcer la lutte contre le terrorisme » et « combattre l’immigration clandestine ». Et aussi, lutter contre la cybercriminalité. Par exemple, sanctionner d’avantage l’usurpation d’identité, autoriser la captation de données numériques à distance ou faire filtrer les contenus à caractère pédo-pornographique par les fournisseurs d’accès à internet.
C’est donc le retour des contenus à caractère pédo-pornographique présentés comme épouvantails et prétextes à tout (et n’importe quoi). Par exemple à la mise en place d’un système de blocage des contenus par les FAI. Sur ce point, la ministre affirmait en février avoir l’accord des opérateurs et hébergeurs « pour bloquer les sites pédopornographiques dès lors que nous les leur signalons. » « Rien n’a été signé », nous assurait-on du côté de l’AFA (Association des fournisseurs d’accès) et de la FFT (Fédération Française des Télécoms).
Sur son blog, Jean-Michel Planche, président de Witbe, donne des précisions. Citant « l’un des commanditaires qui signe par délégation pour le Ministre (de l’Intérieur, de l’Outre Mer et des collectivités territoriales) », il rapporte que l’article 6 de la Loppsi prévoit un dispositif pour « imposer aux fournisseurs d’accès à Internet l’obligation d’empêcher sans délai l’accès aux contenus illicites dont les adresses électroniques sont désignées par arrêté du ministre de l’intérieur sous peine d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. » Au-delà de la remise en cause de la LCEN (loi pour la confiance dans l’économie numérique), pour l’un des dinosaures du web français, « il s’agit ni plus ni moins de l’enterrement en première classe de la notion de Neutralité d’Internet ». Et celui qui, en octobre dernier, lançait la version française de Internet for Everyone de lancer : « nous entrons dans la phase II du conflit et cela se durcit. Le soldat Internet est plus que jamais attaqué de tous les côtés et il faut le sauver. »
Hier, lors d’un tchat sur le site du Monde, un internaute lui demandait : « Doit-on s’inquiéter de la tournure des événements concernant le futur d’Internet (...) puisque les moyens de contournement d’Hadopi (VPN, SSL, etc.) pourront être considérés comme des moyens “terroristes” pouvant faire l’objet de poursuites ? » Et Jean-Michel Planche de répondre : « Oui, mille fois oui. Après s’être occupé des ordinateurs, on va s’occuper des infrastructures et fondamentalement modifier la structure même de l’Internet. (...) Et le pire, c’est que cela ne règlera strictement rien. Au mieux, on aura réussi à fragiliser une infrastructure qui a été faite pour résister à un conflit nucléaire. »
Avec le projet de loi Création et Internet, le gouvernement a mis un pied dans la porte sur des questions aussi essentielles que le filtrage, la surveillance, et la neutralité du net. Aucun argumentaire ni démonstration technique n’ont réussi à arrêter la machine à vouloir contrôler, surveiller, réguler. On se souvient par exemple du « Je vous en supplie, madame la ministre, ne faites pas cela ! (...) Vous êtes en train de faire quelque chose de très grave ! » adressé par Jean Dionis du Séjour à Christine Albanel lors des débats à l’Assemblée Nationale.
Après l’apéritif, le plat principal. On attend donc de voir ce que mijote Michèle Alliot-Marie qui, pour rappel, est arrivée en tête dans la catégorie « Orwell Ensemble de son Œuvre » lors des derniers Big Brother Awards. « On est dans un système où on ne sait pas qui veut contrôler quoi, mais on ressent une menace. Par exemple, que font les gens comme CISCO et d’autres à installer chez les opérateurs et les FAI des logiciels permettant d’analyser les paquets [unités d’information ndlr] qui circulent sur les réseaux ? On est déjà dans l’analyse des paquets et dans le filtrage », nous indiquait récemment Jean-Bernard Magescas, ancien président de FON France. Et de lancer : « Alerte rouge, Hadopi n’est que le début ! » ]
Je ne connais pas ces sources, mais j'imagine qu'elle ne sont pas compliquée à vérifier avec gogole (trop tard là ^^)
