Vous avez aimé le Wi-Fi ? Vous allez adorer le Wimax ! Cette nouvelle technologie sans fil apporte une liaison Internet là où l'ADSL ne passe pas encore et, dans les villes, elle offre un signal plus fort qu'avec du simple Wi-Fi.
La transmission des données par les airs s'effectue, comme avec le Wi-Fi, par des ondes radio. Mais le Wimax est bien plus puissant et couvre une large palette d'utilisation. Tout le monde, à la campagne comme en ville, est concerné. Les fournisseurs d'accès sont déjà sur le pied de guerre, voire opérationnels. De la théorie à la pratique, voici tout ce qu'il faut savoir sur le Wimax.
Le Wimax, ou Worldwide Interoperability for Microwave Access, désigne une technologie d'accès à Internet sans fil via la transmission de données par ondes radio. Cette norme a été officiellement lancée en juin 2001 à l'initiative du consortium Wimax Forum, aujourd'hui soutenu par plus de 400 industriels, fournisseurs d'accès et opérateurs de télécommunications à travers le monde dont AT&T Wireless, Alcatel, Intel, Motorola, Nokia, Siemens Mobile ou encore France Télécom. Le Wimax a été ratifié par l'IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineer) sous le nom de IEEE-802.16.
Comme pour le Wi-Fi, le principe de fonctionnement du Wimax est simple : une antenne centrale, reliée en fibre optique au réseau des fournisseurs d'accès à Internet, envoie les paquets de données vers les antennes des abonnés ou vers une antenne intermédiaire. Tout se passe par ondes radio, sans connexion filaire. Les ordinateurs qui se trouvent dans la zone couverte bénéficient alors d'une connexion à haut débit à Internet, sans fil et sans nécessité d'utiliser la ligne téléphonique.
Incontestablement les performances ! Alors que le Wi-Fi offre une portée de 500 mètres au maximum et un débit relativement faible, le Wimax est a une portée de 50 km pour un débit théorique de 70 Mbit/s. Dans la pratique, les débits constatés restent en deçà de la théorie, mais les résultats n'en demeurent pas moins largement supérieurs à ceux du Wi-Fi. Le Wimax Forum estime que les systèmes actuels permettent de couvrir jusqu'à 10 kilomètres pour un débit maximal de 40 Mbit/s. Autre avantage du Wimax : alors que le Wi-Fi peut souffrir d'interférences sur sa bande de fréquence de 2,4 GHz, le Wimax garantit une qualité supérieure car sa bande de fréquence de 3,5 GHz est entièrement allouée aux opérateurs pour cette technologie. Pas de risque qu'un four à micro-ondes en fonctionnement dégrade la qualité du signal, par exemple.
Le Wimax ouvre de nombreuses perspectives, dont la principale est le désenclavement. En effet, sa longue portée et sa facilité d'installation permettent d'apporter l'Internet à haut débit dans des zones non couvertes par les technologies filaires classiques, les fameuses “ zones blanches ”. Une aubaine pour certaines régions rurales où l'ADSL et le câble sont absents. Au total, ce sont entre 500 000 et 700 000 foyers qui pourraient désormais bénéficier du haut débit. Le Wimax peut également servir en ville, où il vient en soutien du Wi-Fi. Au lieu que les points d'accès Wi-Fi soient reliés à Internet par de l'ADSL, par exemple, le Wimax peut prendre le relais et assurer la liaison à Internet. Une antenne Wimax sur le toit de l'immeuble et tous les appartements disposent d'un accès sans fil, sans nécessité de disposer d'une ligne téléphonique. Avec sa facilité d'installation, le Wimax peut aussi être utilisé pour le déploiement temporaire d'accès à Internet à haut débit, lors de festivals dans des zones reculées ou pour fournir un accès à Internet lors d'une catastrophe naturelle, par exemple.
Pas question d'installer le Wimax tout seul dans son coin ! Le déploiement est effectué par des opérateurs spécifiques et des collectivités locales, sous le contrôle de l'Etat, plus exactement de l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste), le “ gendarme ” des télécoms. Ces opérateurs et collectivités locales doivent obligatoirement posséder une licence pour déployer un réseau et proposer leurs services. Ces licences ont été attribuées en juillet 2006 par l'Arcep, à raison de deux autorisations par région.
Bolloré Télécom et Maxtel se sont ainsi vu attribuer chacun 12 régions, tandis que HDDR (consortium constitué autour de TDF) en détient 11.SHD (SFR et Neuf Cegetel) se voit attribuer une licence en Ile-de-France et une en région Paca. France Télécom obtient les Dom-Tom. A cela s'ajoutent six conseils régionaux : l'Alsace, l'Aquitaine, la Bretagne, la Bourgogne, la Corse et le Poitou-Charentes. A noter que l'ensemble de ces licences représente une enveloppe globale de 125 millions d'euros pour l'Etat. Les licences attribuées, le travail a pu commencer et certaines offres sont déjà disponibles (voir l'encadré ci-dessous). Concrètement, les opérateurs et les collectivités locales ont jusqu'au 30 juin 2008 pour mettre en place leurs réseaux. “ A cette date, nous procéderons à un état des lieux, indique l'Arcep. Si certains opérateurs ou certaines collectivités locales n'ont pas réalisé leur cahier des charges, nous pourrions alors éventuellement procéder à des mises en demeure. ”
A peine lancé, le Wimax apparaît comme une technologie prometteuse. Mais outre les connexions à Internet “ traditionnelles ”, cette technologie devrait aussi pouvoir servir pour les connexions mobiles. Avec une antenne miniature greffée sur un micro portable, un PC de poche ou un téléphone mobile, le Wimax remplacerait l'accès 3G ou Wi-Fi utilisé en déplacement. Les premiers tests montrent que la connexion tient jusqu'à une vitesse de 100 km/h. Des marques comme Nokia et Samsung travaillent déjà sur des appareils mobiles à la norme Wimax. Ces appareils pourraient voir le jour dans le courant de l'année 2008. Autre avancée attendue prochainement en France : de meilleurs débits grâce à un changement de fréquence. En effet, avec la généralisation annoncée de la télévision numérique, les bandes hertziennes occupées par la télévision analogique devraient être libérées. “ Il s'agit de bandes de fréquence de 700 MHz excellentes pour la propagation des données ”, se réjouit d'ores et déjà l'Arcep. La révolution Wimax ne fait que commencer !
Des antennes centrales, aussi appelées stations de base, sont reliées aux réseaux des fournisseurs d'accès à Internet et au réseau téléphonique par le biais de puissantes liaisons en fibre optique.
Une station de base envoie les données vers l'antenne d'un abonné isolé à la campagne. En raison d'obstacles (forêt), la portée est limitée à 10 km. Le débit dépend de l'abonnement souscrit par l'abonné.
Une station relais dessert une ville entière. Elle envoie les données en Wimax mais peut aussi les faire “ réintégrer ” une liaison terrestre réseau ou fibre optique.
Un immeuble équipé d'une antenne Wimax est desservi par les airs. Les habitants bénéficient via cette liaison sans fil d'un accès à Internet et du téléphone.
Un hot-spot Wi-Fi reçoit des données terrestres en provenance de l'antenne relais. Il peut desservir une zone d'habitations ou un quartier commerçant.
Un immeuble de bureaux est desservi par le biais d'une liaison terrestre en provenance de l'antenne relais. Un routeur central se charge de répartir les données entre les différents postes connectés.
Comme les opérateurs et les collectivités locales ayant obtenu une licence ont jusqu'au 30 juin 2008 pour ouvrir leur service, la plupart des offres sont encore en chantier. Cependant, quelques opérateurs sont déjà présents dans certains départements. Ainsi Altitude Télécom dans le Calvados, l'Orne, la Seine-et-Marne ou la Vendée. Son offre de base s'établit à 39 euros pour un accès illimité à 1 Mbit/s. Un dépôt de garantie de 100 euros est encaissé pour le prêt de l'antenne à installer sur le toit et un routeur est prêté pour connecter un ordinateur. Une option téléphonie facturée 6 euros supplémentaires autorise les appels illimités sur les postes fixes situés en France métropolitaine. Pour le reste, les grandes manœuvres sont en marche. HDDR annonce ainsi le lancement d'offres commerciales à partir de l'automne 2007 dans le Loiret, la Sarthe, le Limousin, le Haut-Rhin et la Haute-Marne. La portée devrait être de 10 à 15 km pour des débits s'établissant entre 512 kbit/s et 2 Mbit/s pour un tarif comparable à celui de l'ADSL. Neuf Cegetel précise pour sa part qu'il est actuellement en train de procéder à la qualification des matériels et que les premières offres devraient être lancées en Ile-de-France et dans la région Paca à la fin de l'année ou au début 2008. Chez SFR, qui a formé la société SHD avec Neuf Cegetel, rien n'est actuellement en place non plus. Du côté de Bolloré Telecom, on reconnaît avoir “ beaucoup de travail en ce moment ”, mais aucun réseau n'est actuellement ouvert. Enfin, deux opérateurs sont aux abonnés absents. Sur le site Internet de IFW, les consommateurs ont certes la possibilité de demander un devis via un numéro surtaxé… qui aboutit sur un répondeur. Maxtel est tout aussi difficile à joindre : le numéro de téléphone renvoie directement vers un répondeur et le site Web est en construction.
