











Le logiciel libre n'est pas la lubie de quelques passionnés d'informatique en guerre contre les logiciels propriétaires. C'est le message qu'ont voulu faire passer Benoît Sibaud et Christophe Espern, respectivement président et chargé des relations institutionnelles de l'April, association de promotion du logiciel libre, en venant dialoguer avec les lecteurs de 01net., jeudi 22 mars.
“ Le logiciel libre est développé par des professionnels dans des entreprises (…) par le secteur public, par des passionnés, etc. Il est utilisé par tous les publics (entreprises, secteur public, grand public). Il y a déjà beaucoup de logiciels libres dans les entreprises ”, ont-ils répondu à un internaute s'interrogeant sur l'adéquation du logiciel libre par rapport aux besoins des entreprises.
A ce même lecteur, les deux intervenants indiquent qu'une “ entreprise entièrement en logiciel libre est d'ores et déjà possible aujourd'hui. Il suffit de voir les nombreuses migrations qui émaillent chaque semaine l'actualité informatique ”. Un internaute, Pascal, se demande si le logiciel libre doit alors, dans cette optique, chercher à évincer les logiciels propriétaires.
“ L'important est que les utilisateurs soient informés et connaissent les restrictions imposées par les logiciels propriétaires. Libres à eux de faire leur choix ensuite, en connaissance de cause. Cela implique notamment que la vente liée [d'un ordinateur et d'un système d'exploitation ou de logiciels, NDLR] cesse. ”
L'essor du logiciel libre interpelle certains internautes. Ainsi, le dénommé Dadvsi se demande si “ la multiplication des sociétés commercialisant des solutions “open source”, SugarCRM, Zenoss ou Groundwork Open Source ne menacent pas la philosophie du libre ”. Pour les réprésentants de l'April, ces entreprises “ renforcent l'écosystème du logiciel libre ” tant qu'elles “ respectent les licences libres et les communautés ”. La conversion de Java au monde libre est, elle, “ indéniablement une bonne nouvelle ”, en réponse à Junior.
Mais pour l'association, le logiciel libre n'est pas pour autant à l'abri de certaines menaces “ présentes ou à (re)venir ”, comme “ les brevets sur les logiciels, les dispositifs de contrôle d'usage, l'informatique déloyale, la vente liée/subordonnée, l'extension abusive des droits de “propriété intellectuelle” ”.
L'April considère en revanche, pour répondre à Fof, qu'amener le logiciel libre dans l'arène politique, avec son site Candidats.fr, n'a rien d'hasardeux. “ La question du logiciel libre est éminemment politique (au sens vie de la cité) ”, indiquent Christophe Espern et Benoît Sibaud. Pour eux, “ le site Candidats.fr permet aux différents partis de développer leurs positions sur les sujets qui nous intéressent et qui sont de toute façon à l'ordre du jour des institutions (directive brevets logiciels, loi DADVSI sur les droits d'auteur, référentiel général d'interopérabilité RGI, vente liée, etc.) ”.
Les candidats à la présidentielle ne se sont guère hâtés de répondre aux questions envoyées par l'April. Difficile donc d'indiquer à Tux qui serait le (ou la) candidat(e) à la présidentielle le (ou la) plus “ apte à défendre les intérêts du libre ”. “ Nous sommes encore en attente des réponses de plusieurs candidats (qui nous ont confirmé qu'ils allaient répondre). Une analyse sera possible lorsque toutes les réponses nous serons parvenues. Candidats.fr doit permettre à chacun de répondre à cette question. ”

















