La fibre optique exploite les propriétés de propagation de la lumière. Son c?"ur est composé d'une fine tige de verre de silice très pur, d'un diamètre inférieur à celui d'un cheveu, protégé par une gaine. Les informations à transporter prennent la forme d'un signal lumineux. Le changement d'indice optique entre le verre et la gaine provoque une réflexion totale du signal lumineux, qui est ainsi piégé dans ce ' tuyau '. Un signal lumineux introduit dans la fibre se déplace ainsi en subissant des réflexions successives sur les parois de la gaine jouant le rôle d'un miroir, avec une atténuation bien plus faible que ce que l'on observe, par exemple, sur les fils de cuivre dans le cas de l'ADSL. Pour l'internaute qui bénéficie de la fibre optique, le débit ne dépend plus de la distance qui le sépare d'un répartiteur : une excellente nouvelle !
Au-delà des annonces qui se sont succédé durant le second semestre 2006, peu d'offres de ' très haut-débit ' sont pour le moment clairement détaillées.
- Le câblo-opérateur Noos-Numéricâble est le plus avancé. Il propose un forfait télévision + téléphone + Internet à 100 Mbit/s à partir de 49,90 euros par mois sur certaines parties de son réseau.
- L'opérateur Erenis, présent à Paris et en zone limitrophe, a annoncé pour le début de l'année une offre télévision + téléphone + Internet à 100 Mbit/s (50 Mbit/s en débit sortant) sans en révéler le
prix.
- A l'inverse, chez Free, seul le prix est fixé pour le moment. Les abonnés qui bénéficieront du FTTH déployé par le FAI paieront le même prix que l'actuel abonnement ADSL comprenant téléphone et télévision, soit
29,90 euros. Après l'annonce en septembre dernier d'un débit de 50 Mbit/s, il est vraisemblable que Free aligne son offre sur celle de ses concurrents et propose un débit de 100 Mbit/s.
- France Télécom dévoilera son offre très haut débit en mars, celle-ci pouvant se décliner en plusieurs débits intermédiaires de 50 à 100 Mbit/s.
- Quant à Neuf Telecom, les intentions de l'opérateur demeurent confidentielles. Seule certitude : la nouvelle Neuf box est équipée d'une prise optique.
1. La fibre optique jusqu'à l'immeuble de l'abonné : une solution transitoire avant de plus gros débits
Les opérateurs qui choisissent le FTTB limitent les dépenses en réutilisant le réseau qu'ils ont déjà déployé dans les foyers. Pour eux, un débit de 100 Mbit/s est suffisant pour le moment. Mais ils sont prêts à passer au tout-optique si la demande de débit doit augmenter.
Chemin A : le câble coaxial en bout de chaîne
A partir du centre de raccordement arrosant jusqu'à 150 000 foyers, une douzaine de fibres optiques alimentent le n?"ud optique situé aux abords de l'immeuble ou en sous-sol. Un câble coaxial assure la fin du trajet
jusqu'à l'abonné. Un seul câble peut ainsi desservir de 30 à 40 logements. Le n?"ud optique correspond à l'installation électronique qui convertit le signal lumineux de la fibre en signal électrique pour circuler sur le câble coaxial. Chez
l'abonné, un modem décode les informations reçues. Cette technique est utilisée par Noos-Numéricâble qui, tout en exploitant la partie câblée déjà en place chez ses abonnés, transforme son ancien réseau à la qualité de service souvent jugée
capricieuse.
Chemin B : le VDSL à la rescousse
La technologie VDSL offre des débits bien plus élevés que l'ADSL, mais sur quelques centaines de mètres uniquement. La fibre optique étant déployée jusqu'au pied de l'immeuble, le VDSL peut donc prendre le relais sur les derniers
mètres jusqu'au domicile, les signaux circulant alors sur une paire de fils de cuivre, comme pour l'ADSL. Pour passer de la fibre optique à la paire de cuivre, un mini-Dslam installé dans les sous-sols de l'immeuble convertit les
signaux lumineux en signaux électriques. Chez l'abonné, un modem VDSL connecté à la prise téléphonique décode les informations. Seule limitation à l'utilisation du VDSL : sur un câble composé de plusieurs paires de fils de cuivre ne peuvent
coexister des lignes ADSL et VDSL en raison d'interférences entre les deux. Mais cet inconvénient ne gêne pas l'opérateur Erenis, qui exploite cette technique, puisqu'il tire ses propres lignes de cuivre où ne transite que du VDSL.
2. La fibre optique jusqu'au domicile de l'abonné : le tout-optique
Chemin C : une fibre partagée
A partir du répartiteur optique, une fibre unique dessert jusqu'à 64 logements. Le déploiement de ce réseau point à multipoint prend alors la forme d'un arbre. Mais la bande passante disponible dans la fibre de départ étant divisée
au niveau du coupleur entre les fibres en aval, le débit disponible est donc partagé entre les abonnés. Autre inconvénient : le protocole GPON de transfert des données, utilisé sur ce type de réseau, limite le débit maximal à 2,5 Gbit/s en
entrée et à 1,2 Gbit/s en sortie, bien en deçà de ce que peut supporter une fibre optique. Néanmoins, le protocole évolue régulièrement pour accepter des débits plus élevés. Cette solution a néanmoins un avantage qui a décidé France Télécom à
l'adopter : elle restreint le nombre de fibres optiques à déployer. Outre l'économie matérielle, cela permet à l'opérateur historique de réduire les difficultés liées au passage des fibres dans les conduites déjà bien encombrées de son réseau
existant.
Chemin D : chacun sa fibre !
C'est la technologie la plus simple à imaginer. Chaque logement est relié au répartiteur optique par une fibre qui lui est attribuée de bout en bout. Le débit disponible n'est pas partagé entre les abonnés et peut, au moins
théoriquement, atteindre celui de la fibre optique. Ce réseau point à point est la solution technique retenue par Free. Si la mise en place est coûteuse (il faut déployer autant de fibres que d'abonnés), cette architecture faciliterait de futures
évolutions.
Qu'est-ce que c'est ?

