<i>01 Réseaux :</i> Votre accord avec Skype ne risque-t-il pas de cannibaliser votre offre ? Ne craignez-vous pas de faire entrer le loup dans la bergerie des opérateurs cellulaires ?
Ce n'est pas une question de cannibalisation ! Ce qui compte, c'est de se focaliser sur ses clients en leur procurant des services utiles, tant sur le plan tactile que visuel, avec une tarification attractive. Les
habitudes de consommation variant sensiblement d'un pays à l'autre, ces services doivent être adaptés à leur environnement et segmentés en fonction de la clientèle. En Suède, nous testons actuellement une offre utilisant Skype et
comportant plusieurs milliers de minutes de communication par mois dans une fourchette de prix comprise entre 20 et 50 $. Quant au ' loup dans la bergerie ', la question n'est pas propre au cellulaire :
tous les services finissent par se cannibaliser un jour ou l'autre !
L'objectif fondamental de 3 [marque commerciale d'Hutchison en Europe, NDLR] est d'offrir le choix le plus large à ses onze millions d'abonnés à l'UMTS dans le monde. Plutôt que de
parler de cannibalisation, nous considérons que nous avons tout à gagner, y compris au point de vue économique, en attirant chez nous le maximum de clients. Lorsqu'on parle de convergence, aussi bien fixe que mobile, c'est bien de
convergence des contenus et d'internet qu'il s'agit. Avec la bande passante dont ils disposent, les opérateurs cellulaires sont à un confluent stratégique. Ignorer cette convergence, c'est se créer des barrières
artificielles.
Relativement méconnu dans l'Hexagone, Hutchison est pourtant le principal opérateur UMTS en Europe. Fort de 5,5 millions d'abonnés en Italie et 3,5 millions en Grande?"Bretagne, il y est donc incontournable. Et le groupe, propriété de Li Ka?"shing, un magnat de Hong Kong qui figure parmi les premières fortunes du monde, ne compte pas en rester là.
Ancien actionnaire de Mannesmann avant que Vodafone n'en prenne le contrôle, Hutchison est surtout l'ancienne maison mère d'Orange. En investissant 25 milliards d'euros dans l'UMTS en Europe, le groupe espère bien récidiver en s'imposant à nouveau comme un acteur majeur. Un essai qui ne sera pas facile à transformer sachant qu'il intervient aujourd'hui sur des marchés où le taux de pénétration est souvent supérieur à 100 %.