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Première numérique pour le cinéma français

Après la post-production, le numérique conquiert peu à peu les territoires traditionnellement échus à la pellicule 35 mm : le tournage et, son dernier fief, la projection. Démonstration dans l'unique salle française équipée.

Le cinéma Gaumont de l'Aquaboulevard, à Paris projette Monsters et Cie, le dernier film d'animation des studios Pixar. Sur l'écran, la brillance des couleurs en ferait mal aux yeux.
En gros plan, un monstre bleuté se détache avec une netteté stupéfiante. Pas de 3D, cependant, pour Monsters et Cie, mais une projection en numérique, unique en France. L'impression générale ? D'être passé subitement du disque vinyle au CD.

Triomphe du numérique

Le choix de ce film d'animation pour démontrer la technologie est évident : pour une fois, le numérique a triomphé sur toute la chaîne du film, de la conception à la projection. Si le numérique commence à faire l'unanimité pour la post-production d'un film ?" où se travaillent les couleurs, décors, effets spéciaux ?", la pellicule 35 mm reste l'unique support de tournage. D'où un coût important pour le transfert de procédés.
L'idée fait son chemin, toutefois. Les premières incrustations de synthèse à avoir réellement frappé les imaginations datent de 1993, avec les monstres préhistoriques de Jurassic Park, de Steven Spielberg. Et, déjà, des réalisateurs optent pour le " tout-numérique ", comme le Français Pitof pour Vidocq ou Georges Lucas pour l'épisode I de la Guerre des Étoiles. Des films qui auront quand même été projetés avec la méthode traditionnelle à cause de la pénurie de système de projection numérique.
Pourtant, en décembre dernier, Kodak mettait en avant sa technologie pour le film Ocean's Eleven. De son côté, Texas Instrument équipe très discrètement des salles obscures avec sa technologie DLP Cinéma (Digital Light Processing). Une cinquantaine en tout dont seulement une dizaine en Europe testent le procédé. En France, le Gaumont Aquaboulevard à Paris est, pour l'instant, le seul à avoir une salle équipée.

Le secret de la machine

Dans la cabine de projection, pas de grand mouvement de pellicule à travers la pièce, plus de changement de bobines. À la place, une grande caisse dans laquelle se cachent l'ordinateur et un projecteur. Le secret de la machine ? 1,3 million de micromiroirs qui construisent l'image digitale. Là où la pellicule doit être imprimée chimiquement, les 0 ou 1 de l'instruction électronique font changer l'état des miroirs. Ceux-ci oscillent d'une position à l'autre quelque 50 000 fois par seconde.
" Ces miroirs sont si petits qu'on pourrait en mettre six sur la section d'un cheveu ", explique Philippe Binant, responsable technique des Cinéma Gaumont de l'Aquaboulevard. Cette commutation de l'ordre de la microseconde contre la milliseconde en analogique garantit une meilleure reproduction des mouvements.

La gestion de la lumière

La lumière envoyée sur ces miroirs est ensuite réfléchie vers la lentille de projection. Pour obtenir les couleurs, ce rayon lumineux passe par trois filtres de couleur rouge, verte et bleue avant d'arriver sur le miroir. " Le rayon lumineux subit ensuite une anamorphose de 1,5 ou 1,9 ", indique le responsable technique. C'est-à-dire que des lentilles adaptent la taille de l'image initiale à celle de l'écran de projection (qui peut beaucoup varier). La simplicité des systèmes optiques facilite la gestion de la lumière et permet donc un meilleur contraste.
Autre avantage : contrairement à la pellicule chimique, le numérique est indépendant des conditions de chaleur, d'humidité conservant ainsi des performances stables dans le temps. Mieux encore, quand, dans le monde analogique il faut projeter des copies, voire des copies de copies, le numérique garantit une fidélité intégrale par rapport à l'?"uvre originale.
Plus besoin, non plus d'envoyer à l'autre bout du monde les pellicules par boîtes de 38 kg. Les films pourront être envoyés simultanément par satellite dans le monde entier. " La première transmission hors des États-Unis s'est faite l'année dernière ", raconte Philippe Binant. Grâce à une antenne satellite montée sur le toit, le cinéma a ainsi pu charger en 6 h 34 précisément le film chilien La Fièvre de l'ormeau. Seul frein à l'équipement en masse des salles, l'investissement initial demandé que les exploitants rechignent à payer et l'industrie du cinéma à financer.

Un scénario de film d'horreur

Le risque de la numérisation de la technologie ? La diffusion sauvage des films, éventuellement via internet. Un scénario cauchemardesque pour l'industrie cinématographique qui doit faire face à des coûts de production monstrueux. En 2000, une production cinématographique demandait en moyenne 82 millions de dollars (93,3 millions d'euros). Une mise initiale que seuls 20 % des films peuvent récupérer.

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