L’Asus ProArt P16 que nous testons ici n’est pas un PC portable ordinaire. Non : il est équipé du nouveau SoC NVIDIA RTX Spark N1X, une nouvelle génération de produits NVIDIA qui cherche à soutenir un nouvel univers PC. La vision de l’équipe verte ? Une IA agentique capable de contrôler votre configuration pour vous et vous aider dans de multiples tâches, du simple agenda à la création 3D sous Blender. Voici donc notre test de cette vision du futur.
| Processeur | |
| Nombre total de coeurs | 20 |
| Mémoire vive | 128 Go |
| Type de mémoire vive | LPDDR5X |
| Puce graphique | |
| Capacité de stockage principal | 2048 Go |
| Taille d'écran | 16 " |
| Technologie de l'écran | OLED |
| Définition de l'écran | 3840 x 2400 |
| Batterie | Lithium Ion 4 cellules |
| Système d'exploitation | Windows 11 Professionnel, Windows 11 Famille |
Prix et disponibilités
L’Asus ProArt P16 sera disponible en plusieurs configurations, démarrant à 24 Go pour finir à 128 Go de mémoire unifiée. Côté stockage, on passe de 256 à 1 To selon les références.
Si le prix de départ annoncé est de 3300 euros pour la configuration la plus simpliste, le modèle à 128 Go de RAM et 1 To de stockage s’affiche à 6800 euros. Notre configuration de test à 64 Go de RAM est elle vendue 4700 euros. Deux couleurs sont disponibles : noir et blanc. Ce dernier semble réservé à la plus grosse configuration possible, mais nous n’avons pas encore tous les détails de ce lancement en France à l’écriture de ces lignes.
Design : du métal et de la sobriété
Asus n’a pas tout à fait révolutionné sa gamme ProArt pour l’arrivée de NVIDIA. On retrouve donc ce châssis entièrement métallique, traité pour éviter au maximum les traces de doigts et de graisse, ce qui fonctionne assez bien au moins à l’extérieur. Le logo ProArt, centré sur la coque supérieure, profite du petit effet miroir relativement générique de nos jours sans autre forme de coquetterie.

Le PC d’une diagonale de 16 pouces fait tout de même son petit poids à 1,77 kilogramme, mais rien qui ne choque vraiment pour la puissance qu’il propose. Similairement à la gamme Zephyrus G16, il navigue la ligne entre puissance et portabilité d’une bien efficace manière, bien qu’ici, les lignes soient plus arrondies que sur la gamme gaming. L’épaisseur de seulement 1,59 centimètre à son point le plus épais souligne bien que nous sommes sur de l’ultrapremium, une conception qui n’est pas faisable sans un certain budget.
Ce qu’on apprécie le plus est un autre point commun avec le Zephyrus G16 : des haut-parleurs excellents qui entourent un clavier à la course très efficace et au rebond bien réglé. Premium oblige, nous nous équipons aussi d’un pavé tactile à retour haptique… qui a besoin d’être réglé un peu mieux. Le retour lui-même n’est pas particulièrement marquant, mais surtout, le ProArt P16 a parfois du mal à détecter la différence entre une glisse normale et une glisse appuyée, résultant en une grande sélection de fichiers qui n’était pas voulu les 3/4 du temps. Un réglage de sensibilité personnalisable serait le bienvenu.

Côté biométrie, on peut compter sur la reconnaissance faciale, mais pas de lecteur d’empreintes. À ce prix et pour cette catégorie professionnelle, intégrer les deux aurait été agréable pour adoucir la vie des utilisateurs, qu’importent les conditions lumineuses. Au moins, les bons détails sont réussis, comme la facilité avec laquelle le PC portable s’ouvre à une seule main sans que l’on embarque la partie inférieure du châssis.
Connectiques : moderne et varié
À gauche, nous retrouvons un port HDMI 2.1 FRL, deux ports USB-C 4.0 compatible Thunderbolt 4 à 40 Gbps, et un combo jack. À droite, nous avons le droit à une troisième port USB-C 4, un port USB A 3.2 Gen 2 et un lecteur de cartes SD Express 7.02.
Il aurait sûrement été intéressant, compte tenu du profil d’utilisateur visé, de réfléchir à l’intégration d’un USB-C à 80 Gbps, mais profiter de la bande passante pour intégrer trois ports à 40 Gbps reste un choix confortable. On apprécie également l’USB A à son maximum, et le lecteur de cartes SD compatible avec les derniers formats Express qui fera plaisir aux créatifs. Il ne manque rien, en somme.
Écran : un OLED prêt pour travailler le HDR
Dans notre version de test, l’Asus ProArt P16 sous RTX Spark intègre une dalle OLED de 16 pouces de diagonale offrant une définition de 2880 x 1800 pixels, soit un ratio 16:10. Celle-ci est tactile, et offre également un taux de rafraîchissement de 120 Hz variable sur une plage de 30 à 120 Hz.

Sous notre sonde et avec le logiciel CalMAN de Portrait Displays, nous pouvons mesurer une couverture de 168% de l’espace sRGB pour 113% de l’espace DCI-P3 en SDR. Mais plus marquant encore, en HDR, la dalle est capable de couvrir 112% de l’espace BT.2020. Un fait rare sur le marché, et qui est plus que remarquable ici.

© OtaXou / 01net
En SDR, la luminosité maximale globale est mesurée à 443 cd/m², un chouïa en dessous d’un 500 plus confortable, pour une température de couleurs de 6291 K très proche de la norme NTSC à 6500K recherchée. Le delta e00 moyen est mesuré à 1,24, simplement parfait, avec un écart maximal de 4,64 sur les tons bleus royaux. Rien à dire : nous sommes très proches de la perfection attendue pour les créatifs.

© OtaXou / 01net
En HDR, sur la dalle 3K, nous mesurons un pic de luminosité de 1033 cd/m² pour une luminosité générale de 612 cd/m² très agréable à l’usage. La température de couleurs s’échauffe encore un peu à 5940 K hélas, quand la courbe EOTF se décale plus qu’on ne l’aimerait sans être catastrophique. Le delta e00 moyen est ici de 2,05, toujours excellent surtout dans le contexte du HDR, pour un décalage un peu plus élevé de 6,44 sur les tons verts majoritairement.
Face à de nombreux concurrents du marché qui mettent en avant la qualité de leur dalle, l’Asus ProArt P16 s’avère bien au-dessus du lot. Une dalle parfaite pour la création de contenu, qui saura convenir aussi aux créateurs attentifs au HDR. Un fait rare.
Performances : la révolution n’est pas là
Voilà la grande star de la fiche technique de ce nouveau Asus ProArt P16 : le SoC RTX Spark N1X. Nous profitons ici de la meilleure des deux références, avec 20 cœurs CPU Grace (10 Cortex X975 + 10 Cortex A725) à une fréquence de 4 GHz pour un circuit graphique Blackwell à 6144 cœurs CUDA. Nous y retrouvons également 64 Go de RAM LPDDR5X à 9400 MT/s, une vitesse proche du maximum possible actuellement, et 1 To de stockage Samsung en PCIe Gen 4. Notez que l’Asus ProArt P16 propose deux ports M.2 NVMe si vous souhaitez ajouter du stockage à l’avenir.
Notre mission première face à ce nouveau SoC est surtout de savoir le placer sur le marché. Si la plateforme est un tout ultra-optimisé pour les usages d’intelligence artificielle selon la communication de NVIDIA, séparer chaque section ne fait pas forcément un portrait mirifique. À commencer par la partie processeur ou CPU pour les anglophiles, qui sur Geekbench 7 comme Cinebench 2026 ne parvient pas à dépasser son concurrent le plus proche aussi bien en termes de jeu d’instructions que de comptes de cœurs, à savoir le Snapdragon X2 Elite Extreme.

À dire vrai, ce CPU Grace est bien plus proche dans ses performances à celui d’un Panther Lake d’Intel que l’on retrouve sur la gamme Ultra Series 3, au moins sur les opérations single thread, quand AMD garde l’avantage côté x86. Mais voilà : le dernier-né de Qualcomm surpasse tout ce beau monde en tous points, et RTX Spark devra se contenter d’être le deuxième meilleur du marché des PC portables Windows actuellement. Tout ça pour dire : toujours en retrait face aux derniers SoC d’Apple de toute manière, qui gardent largement l’avantage en single et ne se fait concurrencer que sur les premières références de ses CPU.
Côté circuit graphique intégré, NVIDIA fait très fort en théorie puisqu’après tout, il est architecturalement comparable à un Intel Arc ou un Radeon 890M. Dans les faits, il se bataille bien plus avec ses propres circuits graphiques séparés NVIDIA. À dire vrai, on y reconnait sur nos benchmarks Steel Nomad ou Speed Way un comportement bien plus proche d’une RTX 5060 de bureau ou une RTX 4070 Mobile.
Toute proportion gardée donc, le GPU intégré à un Apple M5 se fait gentiment fumer ici. Il faut remonter à une référence “Max” pour avoir la moindre chance d’intégrer la compétition chez Cupertino ici. Ce qui rappelle l’évidence : l’avantage des RTX Spark, c’est avant tout ces cœurs CUDA et leur accélération intégrée de manière ultra optimisée dans de nombreux logiciels créatifs ou de production lourds et gourmands.
Maintenant, il s’agit d’un SoC ARM malgré tout. Ce qui veut dire que quand bien même nous avons l’équivalent d’une RTX 5060 ici, elle ne fonctionnera pas forcément à sa pleine puissance faute de devoir se reposer sur la couche de traduction Microsoft Prism. Et celle-ci n’est tout simplement pas prête pour le jeu vidéo. Lorsque les titres sont limités par le GPU, comprenez des expériences solo en couloir, le GPU chante et nous offre d’excellentes performances. Mais quand les jeux sont limités par le CPU, comprenez à monde ouvert avec des comportements de NPC à calculer régulièrement, c’est la catastrophe. Assassin’s Creed Shadows atteint à peine les performances d’une MSI Claw 8 EX AI+, quand Forza Horizon 6 ne cesse de saccader au point qu’il en est injouable malgré de bonnes performances sur le papier.

© OtaXou / 01net
Malgré l’appui de NVIDIA pour convertir certains éditeurs à sa plateforme, notamment du côté des anti-cheats, il va falloir un mouvement général pour proposer des versions natives ARM des jeux si l’on veut véritablement rendre viable les RTX Spark. En l’état, entre les refus de se lancer sous ARM au lancement (Battlefield 6 notamment) et les performances détruites par Prism, ce n’est pas une situation enviable.

Au moins, la nouvelle version du DLSS 5 nous permet de retrouver des performances plus que fluide tout en conservant le rendu optimisé sur cette nouvelle plateforme. Rendez-vous compte : sur un rendu en 1440p en Élevé, DLSS Equilibré sans Frame Gen, nous passons de 38 à 55 FPS moyens avec la technologie activée ici. Pour un simple équivalent d’une RTX 5060. La technologie a donc encore de la marge à l’avenir, mais le simple fait de la voir si jouable en natif sur ce PC fait du bien.
On le doit probablement à l’optimisation du SoC pour les calculs de l’intelligence artificielle. Après tout, c’est tout le nerf de la guerre pour NVIDIA ici. Et pourtant… Là encore, la puissance n’évolue pas vraiment. Sur Stable Diffusion 1.5 par exemple, nos scores sont essentiellement les mêmes que la RTX 4070 Mobile avant elle. Procyon AI Computer Vision 2 nous renvoie la même image. Et plus encore, MLPerf Client sur llama 3.1 8B Instruct via llama.cpp ou WindowsML fait les mêmes scores aussi bien de TTFT que TPS. Admettons cependant qu’ici, son concurrent le plus direct de l’univers Windows le X2 Elite Extreme se fait moucher en étant deux fois plus lent.
Pour l’ère de l’IA agentique, l’intérêt n’est donc pas tant la puissance de la plateforme elle-même que sa capacité à utiliser CUDA conjuguée à un large pool mémoire. La véritable promesse de RTX Spark est bien de charger en mémoire un large modèle type Qwen3.8 27B Q4 en parallèle à un jeu ou une application de production très gourmande comme Premiere Pro ou Photoshop.
A ce titre, l’effet “RTX 5060” reste le même ici, puisque le SoC nous offre des résultats similaires sous Procyon Photo ou PugetBench Photoshop. Hélas, nos benchmarks vidéo ne sont pas encore compatibles avec cette nouvelle plateforme, mais gageons que le parallèle avec la RTX 5060 se tiendra jusqu’au bout. D’ailleurs, il est à souligner que la plateforme Blackwell amène avec elle des avantages naturels comme la compatibilité 4:2:2 ou une meilleure gestion de Vulkan qui impactent en bien les performances face à des générations précédentes comme la RTX 4070 Mobile.
Bruit ventilation
Notez qu’en mode performance, l’Asus ProArt P16 n’hésite absolument pas à activer ses ventilateurs qu’importe la tâche. Il faut dire que lancé à pleine balle, le PC peut monter très vite dans les 70°C au CPU pour 80°C à la carte mère. Au châssis, c’est la norme : 50°C comme presque tous les autres PC. Et c’est d’ailleurs aussi le cas du bruit produit ; nous ne sommes pas au décollage d’hélicoptère, mais pensez « sèche-cheveux dans la pièce d’à côté avec les portes ouvertes ».
Maintenant, il s’agit ici du fonctionnement le plus lourd sur le profil le plus performant. Dès le mode standard, ou même silencieux, l’Asus ProArt P16 est bien capable de ne pas faire de bruit et n’active que très rarement ses ventilateurs sur des tâches bureautiques simples. La gestion thermique est donc “pas si mal” ici : pour ce niveau de performances brutes, difficile de faire la fine bouche. Privilégiez le mode standard qui offre essentiellement les mêmes performances tout en étant plus calme à l’usage.
Logiciel : pour l’instant, rien ne bouge
Rien de très étonnant ici : Asus propose toujours la même suite logicielle boostée à l’intelligence artificielle qu’est la conjugaison de MuseTree et StoryCube. Sympathiques sans être folichons non plus. Autrement, le ProArt Creator Hub nous permet de régler en finesse le comportement du SoC lui-même, quand MyAsus prend les rennes du reste.

Il est à noter que sur ce point, Windows 11 prévoit aussi de belles évolutions à l’avenir pour l’usage de l’intelligence artificielle. La principale est un moteur de recherche complètement repensé grâce à l’IA, et qui semble enfin utile après toutes ces années. Mais celui-ci n’est pas disponible pour la sortie de cette nouvelle plateforme. Nous avons donc le droit à des promesses, et uniquement des promesses.

Surtout, notez bien que nous sommes ici sur Windows 11 ARM, et pas la version x86 classique. Si de nombreuses suites logicielles sont aujourd’hui compatibles, notamment la grande majorité des applications Adobe, et que la couche Prism suffit largement pour les logiciels bureautiques, renseignez-vous sur la compatibilité des logiciels de production ou des jeux que vous utilisez quotidiennement. Vous pourriez avoir de mauvaises surprises.
Autonomie : le vrai changement des RTX Spark
Bon. Sur les performances et la compatibilité, le RTX Spark ne brille pas forcément. D’aucun aurait espéré un peu mieux avec plus de 6000 cœurs CUDA intégrés, mais hélas, les limites de compatibilité comme de plateforme (la bande passante mémoire LPDDR5X ne peut lutter contre celle d’un GDDR6/7) ont calmé un peu ces espoirs. Mais nous sommes face à une nouvelle architecture ARM réputée à travers le monde comme bien plus optimisée pour la consommation ici !

Et c’est essentiellement un faux-ami. ARM n’a de meilleure autonomie que parce que le travail autour de la plateforme a toujours été l’optimisation, quand le x86 s’y est mis un peu plus tard en voyant ce nouveau concurrent. Ce qui fait que sur un usage bureautique classique, écran à 50% de sa luminosité, l’Asus ProArt P16 sous RTX Spark tient entre 8 et 9 heures d’usage selon nos observations. Dans notre labo, nous retrouvons encore un peu moins à 7h30 d’usage mixte, loin donc de pouvoir se frotter aux ultrabooks bien que très compétitif sur le segment gamer/créatif.
C’est certainement moins que ce que vous imaginiez. Les meilleurs ultrabook du marché sont aujourd’hui dans les 15/16 heures, par exemple, notamment l’Asus Zenbook A16 sous Snapdragon X2 Elite Extreme. Et si la configuration est bien plus puissante sur la partie graphique, l’usage bureautique pourrait être plus optimisé, non ? Eh bien… Non. Sur une simple lecture vidéo, le ProArt P16 consomme déjà 15 watts, et ne redescend qu’aux alentours de 10 watts au repos. Un Core Ultra Series 3 fait bien mieux sur cette question.
Maintenant… Tout est à mettre en perspective. Si l’autonomie maximum ne nous subjugue pas, la consommation elle-même est excellente. Rendez-vous compte que nous avons ici les performances d’une RTX 4070 Mobile pour moins de la moitié de sa consommation. Aussi, sur des tâches comme le jeu vidéo, nous pouvons attendre dans les 3 heures de jeu sur batterie contre 1h30 auparavant, et ce sera la même chose pour le montage ou le rendu vidéo.

Cependant, il n’empêche que l’angle IA voulu par NVIDIA en prend un coup sur ce même point. L’IA agentique n’a pas besoin que de RAM : elle bouffe aussi énormément de stockage, et énormément de watts. Si vous comptez utiliser votre PC portable en conjonction d’un Hermès pour lancer votre Qwen3.8 localement, vous pourrez compter sur à peine plus d’une heure d’autonomie. Ou pour le dire autrement : l’IA agentique est le nouveau gaming dans le cadre de la consommation. Difficile donc de le retenir comme un avantage conséquent, puisque, comme sur tous les autres produits, on évitera de l’utiliser en mobilité pour conserver son autonomie.
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