Près d’un an après la très moyenne ROG Xbox Ally X, Asus et Microsoft remontent au front avec une édition anniversaire pour les 20 ans de ROG, la division gaming du Taïwanais. Bien loin d’un simple reskin, la console portable en profite pour corriger les principaux défauts de sa prédécesseuse, avec au passage un prix très relevé aussi, malheureusement.
01net a passé deux semaines avec la nouvelle console portable. A-t-elle les armes pour devenir la nouvelle reine de la catégorie ? Pour le savoir, place au test !
Prix et date de sortie
L’Asus ROG Xbox Ally X20 coûte 1399,99 euros neuve. Il n’existe qu’une seule configuration, 24 Go de RAM et 1 To de stockage, et un seul coloris transparent, celui des 20 ans de ROG.
Design : une prise en main quasi parfaite
Ce n’est pas compliqué, tout est mieux. Asus et Xbox ont retravaillé plusieurs points et c’est assez rare pour être souligné, on s’est presque senti entendu par les deux firmes.
L’amélioration la plus choquante, et sans doute celle qu’on attendait le moins avant d’attraper la machine, se trouve au niveau des poignées. Il s’agit du nouveau grip, la matière qui accroche les doigts pour tenir solidement la console, mais aussi celle avec laquelle la majorité de votre main est en contact avec l’objet. S’il est difficile de décrire exactement pourquoi ce nouveau grip est mieux, il nous a suffi de mettre la console entre les mains de plusieurs personnes dans la rédaction pour confirmer que tout le monde la trouve infiniment plus confortable grâce à lui.

Autre petite facétie qui plaira aux puristes : le D-Pad peut être tiré afin de le faire tourner et lui permettre de passer de quatre directions (haut-bas-gauche-droite) à huit directions. Pratique pour les amateurs de jeux de combat et une petite idée sympathique pour sortir de la simple manette Xbox classique avec une fonctionnalité unique.
Les sticks profitent aussi d’une course plus douce, plus agréable, avec légèrement moins d’accroches. Les boutons ont pour certain été retravaillés, notamment le bouton Xbox, qui profitent maintenant d’un rétroéclairage vert plutôt joli, ou encore les boutons options qui passent à une robe dorée.
Le plastique noir a aussi été changé pour un plastique transparent qui ajoute un sérieux cachet à la machine, et lui permet de se distinguer dans un océan de consoles à la robe noire.
Au delà de ces coquetteries, l’écran a été agrandi, et, mécaniquement, on se retrouve donc avec un ratio corps-écran bien meilleur. Adios la grande bordure noire sur le dessus du précédent modèle, on récupère une bordure beaucoup plus moderne et adaptée.
Pour le reste, l’expérience demeure la même : les boutons ABXY n’ont pas changé et fonctionnent très bien, les deux gâchettes à moteur à impulsion font toujours de merveilles dans les jeux compatibles. On apprécie toujours les deux ports USB-C sur le dessus pour coupler un chargeur et un accessoire, par exemple. La tranche est toujours complète au passage avec un port carte SD, un port jack 3,5 mm et un bouton d’alimentation intégrant un capteur d’empreinte digitale très efficace.
Écran : l’OLED enfin
Au petit jeu des caractéristiques, l’écran que vous utilisez pour jouer à tôt fait d’être relégué au rang de fonction subalterne pour le jeu, à s’effacer derrière les Teraflops de la carte graphique ou la finesse de gravure du CPU que vous convoitez.
Mais c’est une erreur. L’écran est LE composant par lequel passe l’intégralité de votre expérience vidéoludique. Vous pouvez avoir toute la puissance que vous voulez sous la main, si l’écran est mauvais, l’image sera mauvaise.
Et c’est un peu le grief que nous formulions à l’encontre de la précédente Xbox ROG Ally X et son écran LCD. Asus nous donne un peu raison en intégrant un écran OLED à la nouvelle X20 et c’est sans aucun doute l’amélioration majeure de la bécane. Au passage, la dalle devient plus grande, assurant une plus grande lisibilité, au prix, certes, d’une petite perte de résolution.
OLED ou LCD ? Généralement, le match est résumé à un gain de contraste, mais la réalité est un peu plus nuancée. Les dalles OLED sont par définition plus modernes et profitent des dernières améliorations en matière d’affichage.

La preuve avec nos mesures labo réalisé à l’aide du logiciel Calman Ultimate de Portrait Displays.
Non content de passer d’un contraste relativement bas (1276:1) à un contraste infini, la dalle s’offre des performances lumineuses bien supérieures. Le pic lumineux en manuel s’établit à quelque 100 cd/m² de plus, ce qui améliore la lisibilité générale, mais l’écran profite en outre d’un mode HDR pas mal boosté à 1080 cd/m². Aussi, l’OLED permettant d’éteindre les pixels à l’envi, la luminosité minimale est bien plus agréable.
L’écran a également été bien mieux calibré pour l’occasion. En dehors du mode sRGB qui demeure un peu en retrait avec un delta E 2000 à 4 (plus le chiffre est bas, meilleure est la calibration), le DCI-P3 s’est considérablement amélioré, passant de 3,87 à 1,4. Le delta E des gris est beaucoup plus satisfaisant avec 1 contre 2,8 avant. Enfin la balance des blancs par défaut est bien plus juste. On s’éloigne du très froid 7031 K pour se rapprocher de la cible idéale des 6500 K, avec une balance à 6369 K.
La recommandation du 01lab
Comme à son habitude, le 01lab a essayé plusieurs modes colorimétriques proposés dans l’interface de la machine pour tenter de trouver le meilleur.
De notre point de vue, le meilleur profil disponible dans Armory Crate s’appelle Display P3. Il ne s’agit pas du mode par défaut, mais le quatrième dans le menu déroulant. Nous vous conseillons également de jouer avec la réglette de la balance des blancs en l’augmentant de deux coups de joystick seulement vers les tons froids, pour arriver à une balance des blancs quasi parfaite à 6524 K.
Dans cette configuration, le delta E en P3 s’améliore franchement et passe à 0,4, contre 1,4 par défaut.
Le résultat en main est affolant. L’écran magnifie l’expérience de jeu et offre une réactivité, un plaisir de jeu infiniment supérieur comparé à la console de l’an passé et à la plupart des consoles portables du marché, cantonnées à du LCD. Si vous attachez un tantinet d’importance à la qualité d’affichage, cette simple dalle peut justifier l’achat à elle seule, pour peu que le budget global de la console vous convienne.
Logiciel : de franches améliorations pour se rapprocher du Steam Deck
Le principal grief que nous avions à l’encontre de la console d’Asus l’an dernier, au delà de l’écran, se situait sur le terrain de l’interface. La console avait pour difficile mission de servir de ballon d’essai pour la nouvelle expérience plein écran. Et le résultat n’était pas terrible. Trop de bugs, pas assez fignolés, pas assez utilisable à 100% manette en main.
Eh bien ça a dû turbiner chez Xbox, car cette nouvelle mouture est bien plus probante. Bien sûr, la précédente console en profite aussi, mais il est appréciable de voir des améliorations logicielles d’une génération sur l’autre.

Parmi les bons points qu’on peut souligner désormais, tout est beaucoup plus fluide, toute la navigation ou presque peut s’effectuer à la manette, le tout est orchestré avec des petits sons qui ajoutent une vraie couche sympathique.
La console a aussi corrigé une erreur de jeunesse et ne s’ouvre plus sur Armory Crate, la surcouche gaming d’Asus, mais bien sûr XBOX. Pour celles et ceux qui préféreraient le launcher d’Asus, l’option est proposée.
Parmi les points qu’il reste à améliorer, le petit menu de raccourcis rapides est encore un peu léger par rapport à ce que propose un SteamOS. S’il est possible de modifier le wattage de la console, on ne peut pas bidouiller aussi facilement que chez Valve. Mais le menu a le bon goût d’avoir été épuré de ses petits bugs qui le frappaient encore auparavant et tout s’utilise avec fluidité et simplicité.
Le clavier virtuel, lorsqu’on en a besoin, dépanne bien. Il manque toujours un raccourci simple à invoquer et bien expliquer en onboarding de la console pour l’appeler. Quant à l’utilisation de l’écran tactile pour dépanner en cas de besoin soudain d’une souris, Windows a vraiment fait du chemin ces 5 dernières années pour rendre cela possible.
Performances : la même puce toujours aussi énervée
Pour sa partie performances, la ROG Xbox Ally X20 s’équipe de la même puce que l’an passé, la Z2 Extreme d’AMD, couplée à 24 Go de RAM LDDR5X et 1 To de stockage en PCIe 4.0 et branché en M2 2280. Cela offre donc la possibilité de changer le SSD si besoin. Un port carte microSD est aussi à disposition.

Sur le papier, attendez-vous donc aux mêmes performances que l’an dernier. Traduisons : une expérience de jeu en 1080p très fluide sur la plupart des titres récents. Un peu d’upscaling par ci, un peu de frame génération, et vous profiterez même de jeux récents en 120 FPS avec les réglages graphiques s’approchant du niveau élevé.
Les performances ont même été légèrement optimisées par rapport à l’an passé comme vous pouvez le voir sur Geekbench 6, il y a un peu de mieux sur la partie graphique.
Une optimisation qu’il faut toutefois nuancer : côté 3Dmark, nous n’avons pas mesuré d’améliorations notables. Normal pour une même puce.
Comme d’habitude, la console offre un petit gain de performances lorsqu’elle est branchée, puisqu’elle passe d’une consommation de 25 W à 35W en turbo.
Batterie : un peu plus de 2h sur un gros jeu
Même batterie, et donc même résultat, l’autonomie n’est pas le point le plus flamboyant de la machine. Comptez environ 2h de jeu avec les réglages poussés sur des jeux gourmands. On montera autour des 4 h à 5 h sur des titres modestes en pixel art.

Il est difficile de vous donner une estimation plus précise. Comme nous l’indiquions dans la partie interface, Armory Crate n’est pas capable de vous indiquer l’autonomie restante de la console à un moment T.
Audio : plein les oreilles
Pas de changement majeur côté expérience sonore. La ROG Xbox Ally X20 s’appuie toujours sur deux haut-parleurs en façade bien placés pour ne pas être étouffés par le placement des mains.
Le niveau sonore est suffisant pour être enveloppé dans le jeu, avec une bonne gestion de la spatialisation sonore. Le son délivré est un peu rond, avec quelques petites basses tout de même.
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