Passer au contenu

Triumph modifie la cartographie de ses moteurs par Internet

Pour améliorer la qualité de son service client, Triumph utilise un système de production inédit, dont les paramétrages sont mis à jour par le web.

En 1991, lorsque Triumph renaît de ses cendres, la direction prend toute une série de mesures pour contrer les concurrents japonais. Parmi elles, l’abandon des rampes de carburateurs, difficiles à régler, au profit d’un passage à l’injection. En terme de stock, un seul boîtier à injection remplacera les soixante rampes de carburateurs différentes. Triumph choisit le boîtier d’injection de la société Sagem, notamment pour son calculateur très facile à configurer. Pour dialoguer avec ce boîtier, le choix se porte naturellement sur la société toulousaine Actia qui travaille déjà avec Sagem et propose le FR2000 (ou Actia Tool, comme le nomme Triumph). Cet appareil portable, d’une vingtaine de centimètres de hauteur, dispose d’une carte mémoire flash de 16 Mo capable de stocker l’ensemble des paramètres de chacune des motos. “Cela para”t anodin, mais chaque pays a ses normes antipollution, de puissance, de régime, de couple moteur…, et chaque courbe moteur est particulière, ce qui suppose un grand nombre de paramètres “, insiste Jean-Louis Picot, directeur technique de Triumph France.Alors que la première moto à injection sort en 1997, se pose le problème de la mise à jour des concessionnaires, de leur formation, de leur matériel, etc. Le premier jour, cent Actia Tool sont distribués aux partenaires. Comme la plupart des concessionnaires ne possédent pas de PC, Triumph prépare les cartes mémoires – qui permettent le réglage immédiat des moteurs à injection – à l’usine de Hinckley (Angleterre). Par la suite, les concessionnaires se sont équipés de PC et Triumph leur a fourni le logiciel de mise à jour des Actia Tool. “Les trois premières versions de carte mémoire étaient en lecture seule, puis nous avons choisi des mémoires en lecture-écriture, beaucoup plus économiques puisqu’il suffisait de transmettre deux disquettes contenant les données. Toutefois, nous avons été confrontés à des difficultés de mise à jour de disquettes défectueuses ou perdues. À peu près 50 % des mises à jour se soldaient par un échec “, explique Jean-Louis Picot.

Cinq minutes pour régler un moteur

Dès l’an dernier, pour remédier au problème, le directeur technique incite tout le réseau à avoir une adresse Internet. “Nous envoyons ainsi le programme complet, qui, compressé, fait moins de 2 Mo, accompagné d’un courrier électronique précisant les évolutions, les numéros de série des motos à rappeler et le degré d’importance de la mise à jour “, précise Jean-Louis Picot. Il suffit alors aux concessionnaires de connecter les Actia Tool sur le port série de leur PC. S’il faut vingt minutes au PC pour transférer les nouvelles données dans l’Actia Tool, cinq minutes suffisent pour reconfigurer complètement le moteur en connectant simplement l’Actia Tool à une prise installée sur la moto.En ce qui concerne la sécurité, seuls l’Actia Tool et les calculateurs spécifiques Sagem peuvent déchiffrer les données. Les câbles de liaison sont spéciaux et protégés. Toute tentative frauduleuse est soldée par l’effacement des données dans l’Actia Tool et dans le calculateur. “Nous sommes arrivés à un concept fabuleux, grâce à la cohésion de l’ensemble du réseau Triumph “, s’enthousiasme Jean-Louis Picot.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


rédéric Loones