Google fait le point sur la manière dont l’intelligence artificielle a révolutionné la cybersécurité de Chrome. Dans un billet publié ce jeudi 30 juillet 2026, le géant de Mountain View révèle que l’IA a permis de débusquer 1 072 vulnérabilités dans le code du navigateur. Ces failles de sécurité ont été corrigées par le biais des mises à jour Chrome 149 et 150, déployées en juin.
Dans son communiqué, Google explique utiliser des grands modèles de langage (LLM) tout au long du cycle de vie d’une faille, de la découverte, à la reproduction, l’évaluation de sa gravité, en passant par la création de correctifs. Toutes les étapes sont accélérées par l’utilisation massive de l’IA générative. L’entreprise précise que l’IA est utilisée par l’équipe sécurité de Chrome depuis 2023, mais son usage s’est nettement élargi au cours des derniers mois et années.
1000+ fixes later (including one teenage bug!), here’s how @googlechrome is using AI across the software bug lifecycle to make the web safer for billions: https://t.co/XG53MUOVVL 🔎🪰✨
— Parisa Tabriz (@laparisa) July 30, 2026
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Un système entièrement basé sur l’IA
Parmi les outils utilisés dans le cadre de la recherche de failles, Google cite notamment Big Sleep, un agent d’IA conçu avec sa filiale DeepMind. L’agent est programmé pour dénicher des failles dans le moteur JavaScript V8 et les composants graphiques de Chrome. Google s’appuie aussi sur un système d’agents basé sur Gemini, capable de fouiller l’ensemble du code source de Chrome à la recherche de défaillances. Ce système a permis de déceler une vulnérabilité dormante depuis plus de 13 ans dans le code de Chrome. La faille, qui aurait pu aboutir à la compromission de fichiers locaux, est passée sous le nez des chercheurs pendant tout ce temps.
Face à l’explosion des découvertes de failles, Google s’est mis à automatiser le tri des rapports de vulnérabilités. Un système d’IA, combinant règles automatiques et modèles, se charge désormais de trier les doublons et le spam, de vérifier les méthodes d’exploitation, et d’attribuer une note de gravité. Le dossier est ensuite automatiquement transmis au bon développeur. Une fois une faille confirmée par celui-ci, des agents d’IA vont générer plusieurs correctifs. Ces correctifs vont être évalués par d’autres agents IA. En mai 2026, ce système aurait empêché plus de 20 vulnérabilités d’atteindre la version publique de Google Chrome, dont une faille jugée critique par les chercheurs.
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Google accélère le déploiement des mises à jour de Chrome
Dans le cadre de ce changement de paradigme, Google s’est mis à réfléchir à un moyen de réduire la fenêtre d’exposition des internautes. Il s’agit du temps qui s’écoule entre la découverte d’une faille et l’installation d’un correctif sur l’ordinateur de l’utilisateur. Pour réduire ce délai, Google a décidé de revoir la fréquence de ses cycles de mises à jour pour Google Chrome. Désormais, Google va passer à des mises à jour majeures toutes les deux semaines, contre quatre actuellement. Ce changement de taille doit entrer en vigueur en septembre 2026 avec Chrome 153.
En parallèle, Google teste aussi le déploiement de deux correctifs de sécurité par semaine, contre un seul jusqu’à aujourd’hui. Comme l’explique Google, sa « cadence de livraison doit encore accélérer » pour lutter contre « des attaques rapides, propulsées par l’IA ». En miroir des chercheurs et des entreprises, les cybercriminels ont également adopté les outils dopés à l’IA générative pour faciliter leur travail. Les pirates se servent à la fois de l’IA pour programmer des malwares, orchestrer des cyberattaques, ou dénicher des vulnérabilités avant tout le monde.
Par ailleurs, Google révèle travailler sur une mise à jour de Chrome qui s’appliquerait sans redémarrer le navigateur. Actuellement, les correctifs sont téléchargés en arrière-plan mais nécessitent de fermer et rouvrir Chrome pour être installés. Tant que vous ne redémarrez pas Chrome, le correctif n’est pas installé… et vous restez vulnérable. C’est pourquoi Google a décidé de mettre au point des mises à jour qui ne nécessitent pas de redémarrage.
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