En mai 2026, un Russe de 28 ans pose ses valises dans un hôtel d’Osaka (Japon) pour quelques jours de vacances. Prévenus de l’arrivée du jeune homme, les enquêteurs japonais l’interpellent dès qu’il met un pied dans l’hôtel, rapportent nos confrères de la BBC. Quelques semaines plus tard, l’homme est extradé vers l’Allemagne. Il est toujours derrière les barreaux. Surnommé « Vladimir K » par la presse allemande, l’individu interpellé est soupçonné d’avoir rejoint les rangs de Qilin, l’un des plus redoutables gangs spécialisés dans les attaques par ransomware.
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Un ransomware à l’origine d’un décès
Le pirate russe est d’abord soupçonné d’extorsion. En septembre 2024, il aurait soutiré environ 160 000 dollars en cryptomonnaie à une entreprise de logistique. Après avoir chiffré les données de la société, il a réclamé une rançon. « Vladimir K » serait aussi impliqué dans une autre cyberattaque, survenue quelques mois plus tôt au Royaume-Uni. En juin 2024, une cyberattaque a touché plusieurs grands hôpitaux de Londres. Des dizaines d’établissements de santé, y compris des cabinets de médecins généralistes, n’ont plus pu travailler normalement. Les pirates de Qilin ont bloqué l’accès de Synnovis, un acteur clé des analyses médicales au Royaume-Uni, à ses propres systèmes, puis ils ont volé des données de patients.
Les conséquences avaient été dramatiques pour tout le système de santé londonien. Tous les systèmes informatiques étaient paralysés, les opérations chirurgicales ont été annulées, et une pénurie critique de sang de groupe O s’est rapidement déclarée. Synnovis n’a jamais payé la rançon, conformément aux recommandations du système de santé britannique. Une enquête du King’s College Hospital a vite confirmé qu’un patient est mort, en partie à cause du retard accumulé sur ses résultats d’analyses. La police britannique étudie désormais la possibilité d’inculper le pirate, et tous les hackers impliqués, pour homicide. « La cyberattaque criminelle de l’année dernière a été identifiée comme l’un des facteurs contribuant à la mort de ce patient », estimait à l’époque Mark Dollar, PDG de Synnovis. Au cours de la cyberattaque, 170 patients ont souffert de préjudices.
Ce n’est pas la première fois qu’un rançongiciel est associé à un décès. En 2020, une attaque contre un hôpital de Düsseldorf avait contraint les médecins à transporter une patiente gravement malade vers un établissement situé à 30 kilomètres. La dame, âgée de 78 ans, n’avait pas survécu à ce transport inattendu.
Qilin, l’un des rois du ransomware
Qilin est généralement décrit comme une véritable multinationale du crime. Le groupe dégage des bénéfices grâce à un système d’abonnement de type « ransomware-as-a-service ». En clair, une équipe de pirates développe le logiciel malveillant, puis le loue à des « affiliés » chargés de mener les attaques et de partager le butin avec l’organisation. L’infrastructure est calquée sur celle d’une véritable entreprise, avec sa hiérarchie et ses sous-traitants. Actif depuis au moins octobre 2022, Qilin aurait piraté près de 4 000 organisations dans le monde et extorqué plus de 140 millions de dollars. Parmi ses victimes les plus connues, on trouve le brasseur japonais Asahi.
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Source : BBC

