Passer au contenu

PRISM : une députée veut se débarrasser «du lobbying indécent des géants du net»

Le ministre des Affaires étrangères s’est fait interpeller par la députée SRC Laurence Dumont sur les conséquences de Prism. Elle demande que l’Europe assure son indépendance et sa souveraineté en matière de stockage des données.

L’affaire Prism ébranle toute l’Europe qui semble découvrir que l’espionnage, même entre pays « amis », se poursuit malgré la fin de la guerre froide. Cet après-midi, lors des questions des députés aux membres du gouvernement, la députée SRC Laurence Dumont a interrogé Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Elle considère que « l’affaire est grave et que l’action est urgente. »

Pour la députée, les agissements de la NSA, s’ils se confirment, « nous confrontent à un scandale mondial ». Elle appelle les dirigeants français et européen à prendre « des décisions fortes ». La première interrogation est de savoir comment peuvent démarrer les négociations sur le libre échange transatlantique « sans une vraie confiance » envers les Américains.

Mme Dumont veut surtout que l’Europe avance sur la protection des données. Selon elle, cette démarche ne peut se faire « qu’en se débarrassant du lobbying indécent mené par les géants américains du net, ceux-là mêmes qui sont mis en cause par ces révélations. »

Elle demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour « assurer notre indépendance et notre souveraineté en matière de stockage des données ». Faisant certainement allusion aux affaires des tweets racistes et homophobes, elle rappelle que rien ne peut se faire « tant que tout cela se fait sur le sol américain qui est hors de portée de notre réglementation. » En effet, alors que la justice française a demandé à Twitter de donner l’identité des auteurs des tweets, la société américaine estime que ses serveurs installés aux Etats-Unis sont protégés par le premier amendement de la constitution américaine qui garantit une liberté d’expression totale. Enfin, revenant sur la demande qu’aurait envoyée Edward Snowden dans 30 pays, dont la France, Mme Dumont demande quelle réponse fera l’Etat.

Prudent, Laurent Fabius a signalé qu’il faut d’abord attendre que « les révélations de M. Snowden […] soient confirmées. »

Le ministre estime « normal » qu’un état cherche à obtenir des renseignements sur la lutte contre le terrorisme et la sécurité. Quant à la protection des données personnelles, il admet qu’il « faut que cette protection se fasse. » La directive et le règlement actuellement en discussion à la Commission européenne devra faire en sorte de protéger les citoyens.

Par contre, l’espionnage des représentations diplomatiques « n’est pas admissible entre alliés ». « Nous attendons que le gouvernement américain nous réponde. » En attendant cette réponse, il considère que selon lui, il n’est « pas opportun » de démarrer le travail sur l’accord transatlantique dans ces conditions.

Notre dossier spécial sur le scandale PRISM.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Pascal Samama