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Powernext branche le marché français

C’en est fini des problèmes réglementaires pour la première Bourse online d’électricité de l’Hexagone. La plateforme ouvre ses vannes le 26 novembre.

Tout un symbole. Au moment où Enron, le géant américain du courtage d’énergie, passe sous la coupe de son rival Dynegy, après des acrobaties comptables qui troublent Wall Street, voilà que la France se met à l’heure des transactions électroniques dans le domaine des utilities. Premier registre concerné : l’électricité. Dès le 26 novembre, Powernext, la première Bourse française dédiée à ce trading en ligne, fera son entrée dans les salles de marchés. “ Ce n’est pas à proprement parler une nouveauté en Europe, nuance Thierry Carol, directeur marketing et commercial. De telles pratiques existent déjà. Mais il a fallu attendre, pour en proposer la mise en ?”uvre sur le territoire français, que l’adaptation dans le droit national des directives européennes devienne réalité.” C’est chose faite. Avec un certain succès : la place de marché est portée sur les fonts baptismaux par de nombreux parrains (Euronext, HGRT(*), EDF, Total Fina Elf, Société générale, BNP-Paribas, Electrabel, Endesa, Atel). Cet émiettement des participations au capital témoigne aussi des ambitions des protagonistes européens.

Une plateforme sélective

Ainsi RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité (et actionnaire de Powernext), considère que l’enjeu est de taille. “ Les participants pourront offrir, la veille pour le lendemain, des contrats horaires standardisés qui les engageront à livrer ou à soutirer [acheter, ndlr] l’énergie, explique Michel Derdevet, porte-parole de RTE. Les acteurs du marché achèteront donc en toute sécurité les blocs d’électricité proposés par les fournisseurs d’énergie. Nous sommes chargés d’assurer à tout moment l’équilibre du marché. ” Mais tout le monde n’aura pas accès à Powernext. Les particuliers, comme les entreprises faiblement consommatrices d’électricité, en seront exclus. Le seuil de consommation requis pour être éligible est fixé à 16 gigawatts heure par an (GWh/an), ce qui limite le nombre de sites français à environ 1 200, soit plusieurs centaines de clients. Dans un premier temps, ils auront recours à la Bourse pour écouler rapidement leurs surplus. Puis, les dirigeants de Powernext comptent “développer des contrats à terme, ce qui facilitera la couverture du risque énergétique “, un objectif réaliste, selon eux, s’ils enregistrent “ un volume de 24 GWh par jour.” Reste d’ultimes questions. Même si RTE s’engage à assurer, en temps réel, l’équilibre de l’offre et de la demande sur Powernext, les capacités de transmission seront-elles suffisantes ? Les Bourses européennes sont-elles bien reliées au dispositif français ? C’est l’objectif des actionnaires.
(*) Le holding européen HGRT regroupe les gestionnaires de réseaux de transport d’énergie.

































































 Le Top Five des électriciens européens 
 Compagnie     Production annuelle moyenne (TeraWh) 
     
 EDF      460 
     
 Enel      225 
     
 RWE      218 
     
 E.ON      193 
     
 Vattenfall      92 
 
On estime de 5 à 10% la part de ces volumes qui transite actuellement par l’intermédiaire des Bourses spécialisées.


Source : électriciens européens.

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Pierre-Antoine Merlin