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L’IA, trop chère pour Apple : le géant aurait réduit les budgets de ses employés

Apple aurait réduit les budgets d’IA pour ses employés : l’entreprise chercherait à réduire ses coûts, tout en conservant les usages d’IA. Un paradoxe qui tient surtout à la santé financière d’Apple, alors que le contexte économique est tendu pour elle.

L’intelligence artificielle générative coûte-t-elle trop cher, même pour une entreprise aussi gigantesque et puissante qu’Apple ? Le journaliste Mark Gurman a eu vent de la politique interne d’Apple qui a récemment changé, pour réduire le budget donné à ses employés. Ils vont devoir dépenser moins d’argent dans des outils d’IA.

Apple veut dépenser de moins en moins dans l’IA, du moins pour ses salariés

Selon le journaliste de Bloomberg Mark Gurman, Apple aurait « discrètement » abaissé le plafond de dépenses quotidiennes de certains de ses ingénieurs, allouées pour utiliser des modèles d’IA. Ce plafond serait passé de 300 à 200 dollars par jour. Apple pourrait même aller plus loin : dans certaines équipes, le budget passerait à 100 dollars quotidiens. C’est déjà le cas dans certains services hors ingénierie et pour ces derniers, Apple voudrait passer à 25 dollars seulement. Seul moyen pour les salariés de passer outre ces restrictions : « solliciter une dérogation auprès de la direction », écrit le journaliste.

Ces budgets concernent l’utilisation d’IA génératives : on imagine des outils comme Claude Code ou Cursor pour le développement informatique. Cela couvre les jetons, ou tokens, mais aussi toutes les autres données confiées à des modèles d’IA pour être traitées. Les fournisseurs comme Anthropic, OpenAI, Google et autres facturent leurs clients en fonction des tokens consommés. Et plus un modèle est performant, plus il est cher et consomme des tokens. Face à ces changements, les réactions en interne seraient mitigées : certains salariés affirmeraient que peu d’entre eux utilisaient l’intégralité de ces crédits, « ce qui rendait les limites précédentes inutilement généreuses. » D’autres craignent que cette politique de réduction des coûts s’étende à des licenciements.

Mark Gurman parle donc d’un dilemme à résoudre pour Apple : « maîtriser ses coûts tout en encourageant ses employés à intégrer davantage d’IA dans leur travail quotidien. » C’est justement l’un des défis à relever pour John Ternus, tout juste arrivé à la tête d’Apple : « faire tourner la boutique » plus efficacement. Apple souhaite toujours être à la pointe de la technologie et de la productivité : elle a effectivement besoin d’outils d’IA générative pour cela. Mais cette productivité a un prix et Apple ne semble pas prête à la payer trop cher. Heureusement, elle est loin d’être dans le rouge : son chiffre d’affaires est toujours en croissance. Interrogée, l’entreprise s’est refusée à tout commentaire.

Les entreprises de la tech serrent la vis

Il faut croire que ça coûte cher, selon le créateur d’OpenClaw : en un mois, il a dépensé plus de 1,3 million de dollars en tokens. Apple est donc loin d’être la seule entreprise à limiter les coûts liés à l’utilisation de l’IA générative en interne. Le cas le plus notable est sans doute celui de Microsoft, qui aurait mis fin à ses licences Claude Code après un nombre conséquent de jetons consommés, sans obtenir de résultats concluants. Même chose chez Tesla : une limite hebdomadaire de 200 dollars a été imposée ; c’est 1 500 dollars par mois pour les outils de codage d’IA chez Uber. Quant à Meta, on y privilégie désormais les modèles d’IA développés en interne.

Face à ça, OpenAI tente de séduire ces grandes entreprises avec un changement dans la manière de facturer en août dernier. Pour quelques grands clients, OpenAI facture à la performance plutôt qu’au volume de jetons consommés. Les tentatives infructueuses ne sont plus facturées : seul le travail effectivement réalisé compte. Pas le choix pour l’entreprise : une étude IBM révélait l’année dernière que seulement 25% des projets en lien avec l’IA ont apporté les retours attendus. OpenAI, Anthropic ou encore Google doivent donc s’adapter à ces changements de politiques de dépenses.

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Hugo Bernard