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Les PGI face aux règles de la grande distribution

Les pratiques de la grande distribution sont une spécificité française. Complexes et mouvantes, elles sont un casse-tête pour les éditeurs de progiciels intégrés.

Avec les moisissures dans le fromage et les grèves des routiers, les pratiques de la grande distribution française font partie de ces particularismes nationaux qui intriguent nos voisins. Les éditeurs de progiciels de gestion intégrés (PGI) s’en arrachent même les cheveux quand il s’agit de développer et de maintenir leurs modules de gestion commerciale.En effet, les pays du sud de l’Europe – et la France en particulier – se distinguent des pays de culture anglo-saxonne par des pratiques souvent coutumières et complexes à base de remises en cascade. “La problématique de la grande distribution est purement française. Or, la France ne représente qu’un marché secondaire au niveau mondial pour les grands éditeurs, qui se contentent donc souvent de fonctionnalités assez grossières. Ils compensent ensuite par des développements spécifiques, qu’ils ont les moyens de réaliser”, explique Daniel Clément, directeur général d’Ordirope.

Des stratégies variées

Pour s’adapter parfaitement aux besoins des fournisseurs de la grande distribution, les progiciels doivent en effet être à la fois à jour avec la loi, avec les règles de normalisation pour les échanges EDI, et avec les pratiques que l’on constate sur le terrain. Cela représente un véritable travail de fourmi. “Nous sortons une version de notre progiciel par an, parfois plus, pour répondre aux évolutions du secteur, poursuit Daniel Clément. Par exemple, lors du passage de la loi Sapin à la loi Galland, en 1996, nous avons envoyé des techniciens aux éditions Francis Lefèvre pour qu’ils épluchent les textes et qu’ils en déduisent l’impact sur les produits.”Des réunions régulières avec le club utilisateurs sont également nécessaires. C’est d’ailleurs le moyen privilégié par les éditeurs d’origine étrangère. Sur l’initiative de ses filiales française et espagnole, l’éditeur américain Ross Systems a ainsi développé un prototype européen à partir des cahiers des charges transmis par les utilisateurs.Ce prototype, réécrit aux Etats-Unis, de- viendra un module de gestion commerciale destiné à la grande distribution, disponible en juin. Utiliser la filiale française comme un relais auprès des utilisateurs est une solution souvent adoptée par les éditeurs. Mais elle n’est pas la seule : ceux-ci peuvent choisir de racheter des compétences (éditeurs ou SSII françaises) ou de s’allier avec un cabinet de conseil afin de bénéficier d’une expertise sectorielle – à l’exemple de J. D. Edwards, qui a récemment signé un partenariat avec Andersen Consulting.Pour les clients, le choix est souvent délicat entre des produits spécialisés très riches fonctionnellement et des progiciels plus reconnus, ayant une envergure internationale, souvent plus pointus technologiquement, et qui peuvent être recommandés par une maison mère soucieuse d’harmoniser les systèmes d’information de ses filiales. Quant aux principaux éditeurs français (Logdis, Ordirope, Adonix, Générix, etc. ), la ma”trise de ces particularismes est à la fois une assurance pour leur pérennité nationale et un atout pour leur développement à l’étranger.

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Jean-Baptiste Dupin