Pendant des mois, tout le monde, y compris en interne chez Apple si l’on en croit les fuites, appelait ce produit l’iPhone Ultra. Finalement, le premier iPhone pliant de la Pomme s’appelle iPhone Duo. Le choix surprend au premier abord tant l’appellation « Ultra » semblait toute désignée pour un produit censé représenter le sommet technologique de la gamme. En réalité, ce virage a du sens, et pas qu’un peu.
« Ultra » aurait été un pari risqué
Quand on regarde bien la stratégie d’Apple, le suffixe « Ultra » est actuellement réservé aux produits qui refusent les compromis. L’Apple Watch Ultra embarque des fonctions avancées et mise sur sa grande robustesse, tandis que les puces M Ultra mettent en avant leur puissance brute. Ces deux produits sont aujourd’hui les seuls à pouvoir se targuer de porter la mention Ultra, et pour cause : l’étiquette est assez lourde à porter.
Les autres appareils parfois affublés de la mention « Ultra » ne sont aujourd’hui que des rumeurs comme le possible MacBook Ultra ou les AirPods Ultra.
Si l’on s’attarde sur ce premier modèle pliant, lui coller l’étiquette « Ultra » reviendrait à le vendre comme l’appareil absolu, le summum des technologies Apple. Le hic, c’est que l’iPhone Duo fait en réalité pas mal de compromis. Il fait l’impasse sur le téléobjectif, oublie Face ID, sans parler de son écran interne qui s’annonce, par la force des choses, comme la pièce la plus fragile jamais sortie des usines de la marque.

Placarder un gros « Ultra » sur un téléphone qui ne trônera pas sur le podium de la photo, et qui se montrera forcément plus vulnérable aux chocs qu’un modèle classique ? C’était tendre le bâton pour se faire battre. Et pour une entreprise aussi obsédée par sa réputation de fiabilité, c’est un risque d’image qu’il fallait absolument éviter.
Surtout qu’on parle d’un smartphone dont le prix grimpe jusqu’à près de 4000 euros.
« Duo » raconte ce que le produit fait vraiment
À l’inverse, « Duo » décrit plus fidèlement ce que propose l’appareil. Deux écrans, une batterie répartie sur deux cellules, un double module photo, et surtout une double identité : celle d’un smartphone qui devient tablette une fois déplié. Le nom n’est même pas inédit chez Apple, qui l’avait déjà utilisé pour le PowerBook Duo en 1992 et le chargeur MagSafe Duo en 2020.
Reste une référence plus délicate à assumer, celle du Surface Duo de Microsoft. L’appareil à double écran, lancé en 2019 par le rival de toujours, n’a jamais rencontré son public faute d’une intégration matérielle et logicielle convaincante. En reprenant ce nom, on peut même imaginer qu’Apple fait un clin d’œil à peine voilé au reste de l’industrie. En effet, la marque à la Pomme aurait résolu ce que Microsoft n’était pas parvenu à faire.

Dernier élément, et non des moindres, Apple évite de suivre le mouvement Android avec l’appellation Fold. Très lié aux smartphones pliants, le terme a même suivi les premières rumeurs autour de l’iPhone pliant qui était régulièrement appelé iPhone Fold. Le constat vaut également pour l’appellation iFold qui intègre le mot « Fold » et le préfixe « i » qu’Apple a progressivement mis de côté ces dernières années (Apple Watch, Vision Pro, AirTag…).
Un nom qui protège aussi l’iPhone 18 Pro Max
En évitant le mot Ultra, Apple évite du même coup toute confusion, et toute cannibalisation, avec l’iPhone 18 Pro Max, qui conserve l’apanage des meilleurs capteurs photo et de la plus grande autonomie brute de la gamme. L’iPhone Duo inaugure une catégorie parallèle, pensée pour une clientèle professionnelle, créative et technophile, plutôt qu’un remplaçant du haut de gamme classique.
De quoi laisser la porte ouverte, au passage, à une future gamme Ultra chez Apple, si la marque décide un jour de décliner ce positionnement sur d’autres produits.
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