Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères révèle qu’une cyberattaque a compromis les données personnelles de milliers de diplomates dans le monde entier. L’offensive a commencé en avril 2025 lorsqu’un pirate informatique non identifié a découvert et exploité une faille dans le serveur du système de formation en ligne de l’Académie diplomatique nationale. Cette vulnérabilité zero day lui a permis de s’emparer des privilèges d’administrateur d’un des serveurs. Au terme de l’attaque, il a obtenu un accès quasi complet à l’infrastructure.
« Cette attaque a été menée grâce à une autorisation logicielle standard, après un accès au système via une faille de type zero-day, une vulnérabilité dont les développeurs du logiciel n’avaient pas connaissance. Cela a rendu sa détection difficile par les moyens habituels », relate le ministère des Affaires étrangères.
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Dix mois d’intrusion incognito
Pendant dix mois, d’avril 2025 à février 2026, l’attaquant s’est déplacé librement sur tout le réseau, sans jamais être détecté par les équipes de sécurité du ministère sud-coréen. Les données du personnel diplomatique en poste ou retraité se sont retrouvées à la merci du cybercriminel. Parmi les données exposées, on trouve des noms, des identifiants de connexion, des titres de fonction et des mots de passe chiffrés.
Au cours du mois de février dernier, le Service national du renseignement sud-coréen finit par repérer une activité suspecte sur le réseau. Il prévient alors les autorités compétentes. Le ministère réagit rapidement en coupant intégralement le réseau de formation concerné. Depuis, le réseau est toujours hors ligne. En parallèle, les autorités lancent des investigations approfondies pour déterminer l’ampleur exacte de la fuite et identifier les responsables de l’attaque.
Dans les mois suivant la découverte de l’intrusion, le ministre des Affaires étrangères est alerté, suivi par le bureau de la sécurité nationale de la présidence de Corée du Sud. Enfin, la cyberattaque est divulguée publiquement par le biais d’un communiqué de presse en juillet 2026. Dans la foulée, la Commission de protection des informations personnelles est prévenue.
Le ministère précise qu’aucune information sensible, comme des numéros d’identification, des numéros de téléphone portable ou des adresses personnelles, n’a été compromise au cours de l’intrusion. Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères ajoute que la divulgation a pris énormément de temps à cause de la sensibilité des informations relatives à des diplomates. Le ministère des Affaires étrangères parle d’une cyberattaque « sans précédent », qui met en danger la sécurité nationale.
« Nous avons identifié ce problème en février, mais nous ne l’avons annoncé que cinq mois plus tard en raison de la sensibilité de la question concernant nos affaires diplomatiques et de sécurité, et de la nécessité d’un examen et d’une analyse approfondis », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Corée du Sud lors d’un point presse.
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Au moins 6 000 victimes
Selon les investigations, la fuite concerne les données d’au moins 6 000 diplomates. L’agence de presse sud-coréenne Yonhap estime que le nombre total de victimes pourrait atteindre les 10 000, soit la quasi-totalité du personnel diplomatique sud-coréen, actif ou retraité. Plusieurs centaines de diplomates concernés sont actuellement en poste dans des pays étrangers.
Pour le moment, « l’analyse technique permettant d’identifier l’acteur derrière la cyberattaque est actuellement insuffisante », mais « le gouvernement n’exclut aucune possibilité, y compris des groupes de piratage étrangers, incluant ceux d’autres pays », indique un responsable ministère des Affaires étrangères à un média sud-coréen. Sans surprise, tous les regards se tournent vers la Corée du Nord, dont le mode opératoire habituel cadre avec celui de l’attaque, ainsi que vers la Chine.
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