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Face aux cyberattaques, la France lance REACTIV, une unité d’intervention d’urgence

Face à la multiplication des cyberattaques visant l’État, l’ANSSI a annoncé la création d’un dispositif d’intervention d’urgence. Celui-ci doit permettre de réagir plus vite aux violations de données touchant les ministères. L’agence obtient au passage de nouveaux pouvoirs pour contraindre les administrations à agir en cas de fuite.

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) vient d’annoncer sa riposte à la vague de cyberattaques qui frappe la France. Pour endiguer les « violations de données affectant les services de l’Etat », l’autorité nationale a décreté la mise en place du « Reponse & Action Interministérielle face aux Violations de données » (REACTIV). Ce « nouveau dispositif d’intervention d’urgence » doit permettre d’intervenir plus vite auprès des ministères visés par des cyberattaques et de mieux protéger les données des citoyens.

Avec cette annonce, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information répond aux exigences formulées par le Premier ministre Sébastien Lecornu le mois dernier. Suite au piratage des impôts, il avait demandé à l’ANSSI de constituer de toute urgence une « nouvelle unité cyber » capable d’apporter une réponse « plus réactive » aux attaques visant l’État.

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L’ANSSI muscle sa réponse aux cyberattaques

Concrètement, l’ANSSI va rediriger immédiatement ses équipes techniques vers les ministères touchés par une cyberattaque. L’agence veut ainsi réagir plus vite et limiter les dégâts, empêcher que les données volées continuent de se propager, et aider concrètement les administrations à sécuriser les comptes piratés. Les agents dépêchés par l’ANSSI doivent aussi permettre aux ministères de comprendre ce qui s’est passé, ce qui devrait éviter qu’un incident analogue ne se reproduise.

« Ce renforcement doit permettre de mieux circonscrire les attaques et de lutter plus réactivement contre les exfiltrations de données », explique l’ANSSI dans le communiqué.

Ce n’est pas tout. Le dispositif s’accompagne d’un renforcement de l’autorité de l’agence. Elle pourra désormais imposer aux ministères concernés des mesures immédiates destinées à protéger les données des citoyens. Cette mesure doit permettre d’accélérer la réaction des services publics en cas d’intrusion. L’ANSSI prévoit également de prendre en charge la communication de crise en cas de fuite. Comme on l’a vu lors du piratage du fisc, celle-ci manque parfois de clarté lorsqu’elle est diffusée par les ministères piratés. C’est désormais l’agence qui pilotera l’information diffusée lorsqu’un service de l’État est visé. Le changement doit éviter les messages contradictoires entre ministères et les informations erronées.

REACTIV ne constitue pas une mesure isolée. Le dispositif s’inscrit en fait dans l’accélération de la feuille de route gouvernementale sur la sécurité numérique de l’État. L’objectif affiché à moyen terme est de « rehausser significativement et durablement » le niveau de sécurité des réseaux ministériels, et pas seulement de gérer les cyberattaques l’une après l’autre.

L’annonce a fait réagir de nombreux experts en cybersécurité. Le chercheur Clément Domingo se veut positif et espère que la contre-attaque signe « le début de la fin de cette hécatombe numérique ». Cette riposte d’urgence survient alors que la France continue de subir des violations de données à répétition. Récemment, c’est l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) et le ministère de la Transition écologique qui se sont retrouvés dans le viseur des cybercriminels. Selon l’ANSSI, le pays figure parmi les cibles privilégiées des cybercriminels.

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Florian Bayard