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Energysquare : la recharge sans fil du futur sera-t-elle  française ?

Face aux limites de l’induction, des ingénieurs de l’entreprise française Energysquare ont mis au point un standard de recharge par contact.

La recharge sans fil pourrait connaître une avancée d’importance… made in France ! Si l’induction commence à se propager doucement dans les smartphones, la technologie a beaucoup d’inconvénients qui limitent non seulement son intégration – les composants coûtent cher, le verre est obligatoire pour le dos des smartphones, etc. – mais aussi ses applications. « L’induction n’offre pas un très bon rendement, de nombreuses normes de sécurité limitent sa puissance, elle induit un fort rayonnement électromagnétique et elle coûte cher à intégrer », explique Romain Dawny, directeur de la stratégie et du développement d’energysquare. Une entreprise parisienne qui croit à la recharge sans fil, mais par contact, comme l’exprime leur slogan Power by Contact (« L’énergie par contact »).

Adrian BRANCO / 01net.com

L’idée est d’équiper les appareils de parties métalliques conductrices – plots sous les PC, contours des objectifs d’appareil photo voire logo sur les smartphones – que l’on pose sur une surface de recharge équipée de carrés conducteurs. Des unités de quatre carrés conducteurs (d’où le square) s’occupent non seulement de la recharge, mais aussi de la communication entre l’appareil, sa batterie et le tapis en lui-même.

Dépasser les limites de l’induction

A.B. / 01net.com – Un circuit comme celui-ci contrôle quatre carrés de recharge, qui représentent une unité. La technologie d’energysquare permet de chaîner de nombreuses unités comme celle-ci pour créer des tapis de recharge de dimensions différentes.

La question qui fait sourire les équipes d’energysquare est bien sûr celle du risque que représente de toucher le tapis en fonctionnement : « Le tapis est à très basse tension. Les normes sanitaires définissent une telle tension à 25V et nous sommes en dessous de 5V. Donc aucun risque pour l’utilisateur ». Un couteau placé sur le tapis ou de l’eau renversée ne représente aucun risque puisqu’« il faut que le terminal communique son identifiant unique au tapis pour que le système de recharge se mette en place ».

L’avantage du contact, c’est que le rendement est maximal ou presque. « Le tapis consomme un tout petit peu d’énergie, mais comme un appareil en veille. Tout le reste de l’énergie va aux appareils », quand le rendement des chargeurs sans fil à induction (qui consomment aussi de l’énergie en veille) tourne plutôt aux alentours de 70-75%.

A.B. / 01net.com
A.B. / 01net.com

Sur le salon, energysquare avait modifié une coque d’iPhone et hacké un ordinateur portable en intégrant dans chacun un système de recharge. Des modules qui fonctionnaient parfaitement du point de vue de la perception des OS (iOS comme Windows marquaient clairement le raccordement à une source d’énergie). Et nous n’avons rien ressenti en posant la paume des mains sur le tapis pendant cette recharge.

Approche globale de la technologie

A.B. / 01net.com

Loin du CES où le label French Tech s’est perdu dans une compétition stérile entre régions qui envoient au casse-pipe n’importe quel objet connecté, l’équipe du bureau de Business France à Taipei n’a retenu que des projets béton. Une sélection à l’entrée qui se sent dans le discours d’Energysquare : l’entreprise a une approche réaliste et globale de sa technologie. « Partir sur le grand public n’a aucun sens pour nous puisque nous créons l’écosystème », explique Romain Dawny. « Nous n’avons aucune prétention de devenir un industriel nous-même : si nous sommes à Taïwan, c’est pour trouver les bons partenaires industriels pour mettre en place notre technologie sous licence. »

Tel un standard façon Bluetooth intégré partout sous licence dans de nombreux appareils, Energysquare se rêve dans les PC, les téléphones, tablettes, etc., mais surtout dans les entreprises. « On veut devenir la nouvelle norme de charge sans fil dans les entreprises et pour cela on développe les partenariats non seulement avec les acteurs de l’informatique, dans les téléphones, mais aussi dans l’équipement électrique et les meubles ». Impossible de citer les noms des entreprises des différents segments « parce que nous sommes déjà avancés dans le dialogue avec plusieurs géants », des discussions qui vont « de la lettre d’intention à la signature prochaine de contrat ».

De l’énergie à la donnée

A.B. / 01net.com

La présence du mot « électrique et meuble » dans la liste des industries ciblées, tient dans l’approche business d’Energysquare : « Nous voulons devenir les champions dans l’espace de travail (workspace) intelligent. On veut non seulement équiper des plateaux, bureaux, salles de réunion avec une technologie qui permet de se passer de câbles, mais en plus nous pouvons fournir de la donnée autour de l’utilisation de l’énergie. On peut dire par exemple quelles sont les salles de réunion qui sont les plus utilisées, etc. ». Plus loin dans le futur, Romain Dawny explique que « le tapis de recharge pourra faire passer bien plus d’informations, comme le réseau sécurisé ou les informations graphiques façon Miracast » pour se passer de câbles.

L’idée a été concrétisée par plusieurs prototypes et il ne reste plus à Energysquare qu’à les transformer en un standard qui recoupe plusieurs industries. Le plus dur reste donc à faire, mais toute l’industrie étant à Taipei pour le Computex « c’est le salon où il faut absolument être pour parler à tout le monde au même moment ».

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