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Comment des chercheurs français ont testé la 5G aux JO de Pyeongchang

Une équipe du CEA a coordonné une expérimentation en marge de l’événement sportif consistant à établir une liaison vidéo intercontinentale entre la Finlande et la Corée du Sud.

Les Jeux Olympiques de Pyeongchang s’étaient ouverts avec un ballet record de 1218 drones synchronisés grâce à la 5G. L’occasion de placer l’événement sportif sous le signe du futur standard de téléphonie mobile. Outre les applications immersives de l’opérateur coréen KT, allié à Samsung et Intel, le public a pu assister à une expérimentation très particulière menée par un consortium baptisé « 5G Champion ». Il s’agissait d’établir une liaison vidéo intercontinentale 5G avec une latence faible et surtout stable ce qui n’est pas possible actuellement avec la 4G.

Démonstration d'un service de transfert de contenus multi-vues faisant appel à la technologie MHN-E à bord de l'un des bus roulants.
ETRI – Démonstration d’un service de transfert de contenus multi-vues faisant appel à la technologie MHN-E à bord de l’un des bus roulants.

De la réalité virtuelle à bord d’un bus

Dans la IoT street proche du village olympique de Gangneung, des visiteurs équipés de casques de réalité virtuelle ont évolué en 3D dans des paysages situés à 14 000 km de là en Finlande. Et inversement, des personnes situées sur la place d’Oulu se sont projetées en Corée du Sud. L’accès à la vidéo a été rendue plus difficile du fait de l’usage de la VR gourmand en bande passante, et de la grande distance induisant forcément de la latence. Pour corser le tout, les cobayes de l’IoT street ont été installés dans des bus roulant entre 60 et 80 km/h évoluant sur une zone de quelques centaines de mètres carrés. Il a donc été plus difficile de maintenir la connexion avec les antennes installées sur le toit du bus. Une démonstration de force destinée à montrer une preuve de concept de ce réseau 5G.

Les backhaul, des antennes point à point qui font le lient entre le bus et l'antenne-relais.
CEA-Leti – Les backhaul, des antennes point à point qui font le lient entre le bus et l’antenne-relais.

Des antennes point à point pour optimiser la propagation

C’est une équipe du CEA-Leti (laboratoire d’électronique et de technologie de l’information) qui a piloté ce projet réunissant une vingtaine de partenaires dont Nokia et Thales Alenia Space. Les communications se sont faites dans la bande de fréquence 28 GHz, ces fameuses ondes millimétriques qui permettent d’atteindre de meilleurs débit mais posent des problèmes de propagation parce que le signal s’y affaiblit plus vite. Un défi auquel nos chercheurs ont répondu par une architecture spéciale. Leur attention s’est portée sur les backhaul, des antennes point à point installées à Gangneung et destinées à faire le lien entre le bus et la station de base. « Nous avons disposé seulement cinq nœuds de passage mais bien choisis. Cela va permettre d’optimiser le temps de propagation de la lumière et d’éviter la congestion », nous a confié Emilio Calvanese Strinati, directeur recherche et innovation au CEA-Leti.

Tous les technologies phares de la 5G ont, en outre, été utilisées : le massive MIMO avec plusieurs antennes en émission et réception, le beamforming qui permet de focaliser les ondes radio vers les terminaux, et le 256 QAM pour moduler plus efficacement l’amplitude du signal. De cette manière, Le CEA- Leti a atteint un débit 2,5 Gbit/s pour les backhaul et quelques centaines de Mbit/s pour chaque utilisateur connecté en Wi-Fi au réseau 5G.

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Amélie Charnay