Bienvenue plusieurs décennies en arrière. Trois, si l'on en croit le scénario du jeu, qui fait suite aux péripéties des deux premiers Golden Sun sur Game Boy Advance (en 2002 et en 2004), mais 30 ans plus tard, dans la peau des fils des héros d'origine. Mais deux décennies, si l'on considère qu'Obscure Aurore, dans son style visuel, son rythme, son atmosphère, est avant tout une vibrante évocation des jeux de rôle japonais des années 1990.
Ils s'appelaient alors Secret of Mana, Illusion of Gaia ou encore Breath of Fire. Des épopées simples, entraînantes et colorées qui ont fait le bonheur des possesseurs de Super Nintendo. Et c'est un peu de ce charme-là que l'on retrouve dans Golden Sun 3. Une naïveté un tantinet désuète et un rythme vagabond pour une aventure que l'on parcourt un peu comme on nage la planche : sur le dos, les yeux mi-clos, juste en se laissant porter.
Des Djinns pas si usés
Certains trouveront peut-être ce jeu de rôle banal, et c'est vrai que les premières heures ne le distinguent guère de l'immense production du genre. Si ce n'est sa réalisation visuelle épatante, ses décors enchanteurs et ses invocations magiques monumentales. Mais, à l'image de son système de combat, Golden Sun : Obscure Aurore sait marier classicisme et plaisir.
Si l'on retrouve les habituels affrontements au tour par tour de Final Fantasy ou de Dragon Quest, la collecte d'étranges Pokémon magiques – les djinns – permet de modifier les stats de vos aventuriers et de déclencher des sorts gigantesques. La difficulté, assez faible, n'invite guère à perfectionner sa maîtrise des invocations. Le plaisir des yeux suffit à lui seul à attendre avec impatience chaque nouveau djinn, chaque nouveau combat.
Toute l'aventure baigne dans ce faux rythme étrange, mais non déplaisant. A l'image de ces villages où l'on ne connaît souvent aucun événement majeur, de ce scénario sinueux où l'on peine souvent à comprendre la raison existentielle de cette quête ou encore de ces musiques d'ascenseur qui bercent plus qu'elles n'endorment.
Malibu on Ice
Dans ses meilleurs moments, Obscure Aurore est un concentré de savoir-faire historique, un bijou de jeu de rôle japonais qui respecte les codes et les traditions à la lettre près et ne s'écarte du dogme du RPG en 2D que pour quelques envolées visuelles lyriques, ici un dieu vivant furieux qui jaillit sur deux écrans, là un plan de caméra qui s'allonge sur le soleil couchant.
Dans ses passages plus faibles, le jeu de Camelot évoque un Pokémon qui ne s'assumerait pas ou un Zelda qui aurait perdu de son inspiration dans ses donjons. Sa lenteur étonne, son univers formaté laisse tiède. S'il était une boisson, Obscure Aurore ne serait pas un grand champagne fin et pétillant ni un whisky revêche, entêtant et capiteux. Non, ce serait plutôt un Malibu, rond, sirupeux et sucré, sans grande personnalité, mais qui se laisse boire comme du petit lait. Et ça, comme on le sait tous, c'est le plus grand danger : on entame la bouteille sans passion en début de soirée et on passe plusieurs heures dessus sans le remarquer.
points positifs
- Les visuels somptueux
- Le système de combat agréable
- Les invocations spectaculaires
- L'aventure classique mais entraînante
- Le charme d'un jeu de rôle des années 1990
points négatifs

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