Maxwell a un pouvoir formidable : tout ce qu'il écrit sur son petit calepin magique se matérialise devant ses yeux ébaubis. Mais plutôt que de tenter de sauver l'humanité en faisant apparaître des tonnes de sacs de riz, en inventant le vaccin contre le cancer, ou en ramenant John Lennon et George Harrison d'entre les morts pour reformer les Beatles, cette petite graine d'imbécile préfère s'en servir pour collecter des étoiles répondant au doux nom de « Starites ».
Le premier opus de Scribblenauts, paru il y a tout juste un an, est donc un jeu au principe génialement simple : on écrit le nom d'un objet et celui-ci apparaît. On peut ensuite s'en servir pour atteindre les Starites (les étoiles cachées dans d'innombrables niveaux), chaque objet ayant des propriétés propres. Le feu brûle, l'eau mouille, les voitures roulent, les loups mangent les agneaux, etc. Ça n'a l'air de rien, mais quand on sait que le jeu reconnaît 22 000 objets différents, de la canette de soda à la machine à remonter le temps, on se dit que les développeurs n'ont pas chômé.
Mais du coup, la déception n'en est que plus grande quand on se rend compte que la plupart des Starites peuvent être récoltées sans se prendre la tête, et avec un vocabulaire limité à trois ou quatre mots. C'est fou les miracles qu'on accomplit avec un flingue, un jetpack, et un rayon rétrécissant.
Super Maxwell et son Super Calepin
Pour sa suite, Super Scribblenauts, les petits gars de 5th Cell ont donc revu leur copie. La grosse nouveauté annoncée, c'est l'arrivée des adjectifs : écrire « Napoléon » et le voir apparaître, c'était déjà drôle, mais c'est encore meilleur si on écrit « Napoléon invisible ». Voire « Napoléon invisible obèse grincheux fou arc-en-ciel ». Oui-oui, c'est possible ! Mais à part pour quelques énigmes bien précises, cela ne change finalement pas grand-chose à la donne.
Car le vrai changement n'est pas celui qu'on croit : c'est en fait le déroulement même du jeu qui se trouve ici bouleversé. Fini les niveaux orientés plate-forme, où l'emploi d'un jetpack ou d'un hélicoptère suffisait généralement à parvenir à la Starite convoitée. A présent, les niveaux sont tous des petites énigmes. Par exemple, vous devrez gâcher le week-end à la campagne d'un couple en villégiature. Nous, on a choisi de brûler leur voiture d'un éclair bien placé, avant de faire pleuvoir sur leur feu de camp, et de finalement débarquer dans le campement déguisé en lapin géant, une hache à la main. Et vous, comment ferez-vous ?
Un drôle d'accent
Souvent basiques, parfois plus finement ouvragées, ces énigmes partagent le mérite de nous forcer à nous creuser davantage le ciboulot que dans le premier épisode. Même si, au final, il ne s'agit guère plus que de petits exercices de vocabulaire, jamais bien difficiles. En fait, le principal défi est plutôt de réussir à passer outre les limitations du jeu : beaucoup d'objets ne réagissent pas comme prévu et la moindre faute sur le moindre petit accent plonge le logiciel dans des abîmes de perplexité.
Pire : comprendre les consignes se révèle souvent un (mauvais) jeu dans le jeu. Parce que c'est encore une fois le gros point noir de ce titre par ailleurs gentiment sympathique : la traduction des consignes et des indices est complètement à côté de ses pompes, manquant de clarté quand elle n'accouche pas carrément de contre-sens pénalisants. Encore une fois, l'idée à l'origine de Super Scribblenauts est excellente, mais la réalisation reste un peu à la traîne.
points positifs
- Toujours aussi génial sur le papier
- Les adjectifs
- Les niveaux en forme d'énigmes, plus malins que par le passé
points négatifs

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