Red Steel aurait pu être le jeu culte que la Wii naissante méritait, et la face du monde en eût peut-être été changée. Finalement, malgré de bonnes idées, l'acier rouge était en fait rouillé, et on se retrouvait plutôt face à une suite de déceptions qu'à un vrai jeu. Red Steel 2 reprend son principe – la Wiimote est un sabre – et passe le reste par-dessus bord. A la Wiimote, imprécise et bancale, cette suite adjoint obligatoirement le WiiMotion Plus, pour ajouter de la réactivité et de la précision. Certes, les gestes effectués sont toujours précalculés, mais ça commence à avoir sérieusement de la gueule. Ne nous emballons pas cependant…
Il était une fois dans l'Ouest
Vous enfilez le cache-poussière de Kusagari, héros discret, voire assez fade, mais puissant ; étonnant samouraï qui commence mal son aventure, traîné par une moto dans un Ouest sauvage aux forts relents cyberpunks. Les décors cel-shadés donnent joliment vie à l'ensemble, malgré des textures très Wii, donc pas folichonnes. Les différents espaces de jeu, quoique cloisonnés et imposant de courts temps de téléchargement, sont sympathiques. On regrette peut-être juste que l'univers dans lequel on évolue tout au long du jeu souffre finalement d'une certaine superficialité. Légèreté de l'être renforcée par le fait qu'on ne rencontre jamais âme qui vive, mis à part les PNJ centraux et les ennemis, qui ne vivent généralement pas très longtemps.
Vous voilà donc de retour dans votre ville, laquelle est passée sous la coupe sanglante d'une bande de malfrats à la Ken le survivant, les Chacals. Rapidement, plutôt que de vous essayer à la cérémonie du thé, vous apprenez à vous tailler un chemin à votre mesure dans un monde où il ne peut en rester qu'un. Vous, de préférence.
Sabre, là, et châtie, là
Kusagari n'est pas un tendre. A distance, il plombera ses nombreux ennemis au colt. Vous pointez la Wiimote vers l'écran, placez le réticule bien visible sur l'ennemi et pressez B. Boum ! Headshot. La précision est au rendez-vous de ce côté. Mais voir en Red Steel 2 un FPS serait passer à côté du vrai plaisir, les combats au sabre, très physiques. Car notre héros se débrouille plutôt bien. Et force est de reconnaître que le WiiMotion Plus apporte de vraies nuances. Outre le fait que l'orientation du sabre est plus précise, donner un coup puissant, par exemple, suppose plus qu'un simple mouvement blasé du poignet. Il faudra faire un geste ample et rapide. Pour un coup d'estoc, misez plutôt sur un geste vif et sec.
La technique du haut couteau de boucher
Dans Red Steel 2, vous pouvez doper votre colt en récupérant de l'argent sur les corps de vos ennemis ou en défonçant distributeurs, caisses, coffres-forts et poubelles. C'est connu, dans les westerns cyberpunks, on place ses économies dans la poubelle. Logique. Mais le véritable attrait, la vraie source de dépense du ménage sera l'achat de nouvelles techniques au sabre : assaut rapide, attaque aérienne, mise à mort, échappatoire (quand vous êtes encerclé), etc. On les débloque donc peu à peu et on arrive à les mettre en œuvre plutôt facilement, malgré des combos parfois compliquées et un rythme spécifique à chacune.
Pour parler franchement, c'est grâce à cette richesse technique et aux combats intenses qu'on évite la lassitude induite par l'enchaînement des combats, souvent très semblables, et par l'histoire, trop pâlichonne.
Le deux, c'est mieux
Si l'intrigue n'est pas le point fort de Red Steel 2, ce volet offre un gameplay intense, plaisant, défoulant, qui donne enfin à la Wii le Red Steel qu'on attendait et qui ramène la console sur les rives du joueur acharné. C'est un vrai bon moment de vidéoludisme déjanté et violent, avec juste ce qu'il faut de défauts pour apprécier l'effort global.
points positifs
points négatifs

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