La série des Puzzle Quest nous a habitués à un habile mélange de Puzzle et de... Quest. Autrement dit, de phases de réflexion et de jeu de rôle dans un monde d'heroic fantasy. Ici, on se retrouve plutôt dans la peau de Rahan, un personnage sans l'ombre d'une molécule de charisme. La faute sans doute à des graphismes, qui pourraient rappeler les dessins que faisait mon voisin de table le jour du brevet blanc, et à des animations dignes d'un mauvais rêve stroboscopique. Tout est laid, ou, pire, sans cachet.
Ecrit avec les pieds
L'histoire, prétexte à l'enchaînement des affrontements (un affrontement égal un duel de puzzle) et au levelling forcené, est d'une platitude néerlandaise. Bien en dessous du niveau de la mer et sans les digues. On se prend d'ailleurs à passer plusieurs niveaux avant de se rendre compte qu'on n'avait pas prêté attention à l'esquisse étique de scénario, qui pourrait faire passer celui de Conan le Barbare pour un tome de La Comédie humaine. Si on prend un certain plaisir à doper les performances de son héros et de sa bête de combat, il ne faut pas oublier qu'on éprouvait ce genre de satisfaction avec un Nintendogs et ce n'était pas pour autant un jeu à proprement parler.
Défis pas toujours à la hauteur
Restent les puzzles, également appelés combats. Ils prennent la forme de Tetris horizontaux pour les combats et verticaux quand vous dressez votre bête de combat. Un Tetris un peu plus tactique puisqu'il faut jouer et jongler avec des gemmes de couleur et des pièces qui servent de déclencheurs, soit à la destruction des pièces, soit à la mise en place d'attaques. On remplit ainsi des jauges de rage et on fait reculer l'adversaire jusqu'à ce qu'il meure. S'il faut un temps d'adaptation et surtout de mémorisation des différentes combinaisons qui produisent les divers sortilèges glanés au fil du jeu, on constate rapidement que notre mémoire ne sera pas surchargée parce qu'il n'y en a pas tant que ça. C'est d'autant plus dommage que les développeurs nous font crouler sous les amulettes, les bagues et autres objets qui donnent du bonus d'attaque, de défense ou dopent un des cinq éléments majeurs qui définissent le niveau de notre personnage. Pour autant, il y a un petit quelque chose dans ces puzzles qui fait qu'on pourrait accrocher si la réalisation et certains petits détails ne donnaient pas envie de piétiner sa DS une bonne fois pour toute.
Réalisé avec le petit orteil
Des défauts de réalisation au premier rang desquels figure la lenteur de réaction du jeu dans les puzzles. Une lenteur telle, qu'on a changé de DS en cours de jeu par crainte que ce ne soit les boutons de la première qui soient la cause de tout ce pataquès (qui ne passera pas le contrôle technique, d'ailleurs). Une lenteur qui parfois ne facilite pas la récupération d'une erreur commise en début de combat. On y arrive cependant, car si les ennemis rencontrés peuvent être parfois impossibles à battre avant d'avoir grimpé plusieurs niveaux, d'autres se feront piétiner allègrement, sans opposer la moindre résistance, ne faisant que nous retarder dans notre avancée. Enfin, le manque de précision dans les déplacements, heureusement restreints, sur les différents points de la carte est également agaçant.
Malgré un principe de puzzle bien pensé, avec des attaques spéciales et des sorts intéressants à utiliser stratégiquement, Puzzle Chronicles est trop lesté par sa réalisation à la va-vite et ses graphismes à la petite semaine pour réussir à faire surface. Il reste donc les pieds dans son bloc de béton, au large des côtes sablonneuses où se font bronzer, impudiques, les bons jeux vidéos.
points positifs
points négatifs

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