Héritier lointain des Heroes of Might and Magic, Clash of Heroes est une belle réussite. Et ce n'est pas grâce à son histoire. Mille fois vue, revue et ressassée, elle vous catapulte mollement dans un univers heroic « fantaisiste » avec son lot de races traditionnelles : chevaliers, elfes, magiciens, nécromanciens et démons.
Au début, la paix règne sur ce petit monde (et à la fin aussi si vous vous débrouillez bien), mais entretemps, les zélateurs de la paix, chargés de défendre un artefact qui tient les démons à distance, se font dessouder allègrement ne laissant que leur descendance pour défendre ce qu'il reste du monde. Voilà pour la trame tissée avec du câble d'amarrage et parcourue de temps à autre de retournements de situation tellement attendus, qu'à les comparer on pourrait presque trouver un épisode de Derrick palpitant.
Ce game me plaît
Pourquoi alors, si l'histoire enfile des perles et ne motive pas le joueur, continuer à s'acharner sur Clash of Heroes ? Tout simplement parce que son gameplay rattrape haut la main ses moindres défauts. Pour tout dire, tout se résume au système de combat, à la fois simple et extrêmement fin.
Sur l'écran du haut, les ennemis en ordre de bataille. Sur l'écran du bas, vos troupes. Elles se disposent en huit colonnes de six rangées. Le but est de réunir par colonnes de trois les unités identiques, même type et même couleur. Il existe trois types d'unités, chacune déclinée en variantes selon les races et les types. Les unités de base, sur lesquelles on peut compter à l'infini. Dès qu'elles meurent ou ont porté leur attaque, elles disparaissent et sont à nouveau portées au crédit de troupes de réserve. Réserve dans laquelle il faudra puiser pour pouvoir, au fil du temps, enchaîner les vagues d'attaques. Des unités de base donc.
L'art de la guerre
Viennent ensuite les unités d'Elite ou Légendaires. Celles-ci se gagnent dans des mini-jeux ou s'engagent au prix fort avec l'argent récolté. Il faut donc en prendre soin, car elles coûtent cher et sont surtout plus puissantes. On ne peut en intégrer que deux espèces à la fois dans son armée. Seul souci, les combats se faisant au tour par tour, décomposés en trois mouvements maximum, plus l'utilisation d'un coup spécial, ces unités prennent plus de temps à charger leur attaque. Il faut donc tenir compte de leur puissance (qui sert aussi de santé), du temps de charge, de l'espace qu'elles monopolisent sur la grille de 8x6 cases et de ce que l'adversaire s'apprête à vous faire subir.
A priori compliqué, la prise en main est en fait plutôt rapide. Et au bout de quelques minutes de jeu, on se retrouve à lier des attaques, c'est-à-dire à lancer des unités du même type à l'assaut au même moment, regroupées en pack de trois (pour plus de puissance), ou à les fusionner pour gagner de la place et se retrouver avec une attaque unique qui cumule la puissance des différentes troupes.
Accro à la tactique
Dit comme ça, on a un peu peur, mais ce serait un tort de ne pas s'y essayer. La satisfaction d'avoir battu un ennemi de niveau plus élevé, doté de troupes plus puissantes, est vraiment addictive. D'autant qu'elle est récompensée par la montée en niveau de son héros et de ses soldats. On ne parlera pas des artefacts qui peuvent profondément changer la donne. Soit qu'ils permettent de ne pas compter la relève dans les trois actions possibles par tour, soit qu'ils permettent de récupérer de la vie, alors qu'on devrait être mort.
Pointu donc, nerveux, malgré le tour par tour, ce gameplay s'avère non seulement passionnant, mais assez varié puisque les développeurs de Capybara Games ont eu la bonne idée de varier les types de confrontations et de missions de temps à autre.
La solitude, c'est mieux à plusieurs
Si la campagne vous garantit au moins trente heures de jeu, il faut recommencer le levelling à chaque nouveau personnage, vous pourrez aussi vous faire les dents sur le mode Combat rapide, qui dit bien ce qu'il est, et sur le mode multijoueur, qui permet d'affronter un ami en local avec une contrainte de temps pour accentuer davantage la tension du combat. On regrette l'absence de mode de jeu en ligne, qui aurait certainement fini de nous couper du monde.
Bref, Clash of Heroes est une nouvelle preuve qu'on peut croiser habilement puzzle game et jeux de rôle. D'autant que ses graphismes mignonnets ne sont pas désagréables, pas plus que sa bande son. A ne surtout pas manquer, votre DS vous en remerciera.
points positifs
- Les graphismes
- Le gameplay imparable
- L'impression de devoir utiliser son cerveau
- La prise en main
- La durée de vie
points négatifs

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