En deux ans de carrière, le premier Uncharted a acquis une bonne petite cote de sympathie auprès des joueurs PS3. En revisitant Tomb Raider tout en incluant des phases de tir inspirées de son concurrent Gears of War, le discret studio Naughty Dog avait agréablement surpris le public sans cependant entrer dans la catégorie des incontournables. Uncharted 2 remet les pendules à l’heure, ou comment du talent et de l’huile de coude permettent de réaliser le jeu d’action le plus beau et le plus réjouissant de ces dernières années.
Tout ça pour une lampe?
On avait quitté Nathan Drake en bonne forme à la fin d’Uncharted, jouissant d’un peu de repos après ses aventures à la poursuite d’El Dorado. La séquence d’ouverture d’Among Thieves est toute autre et donne d’emblée le ton du jeu: ça s’est durci, considérablement. Drake a l’air d’être passé sous un train, couvert de sang et en guenilles... Il se remémore les événements qui l’ont conduit dans ce pétrin par l’intermédiaire de flashbacks, où l’on rencontre les nouveaux compagnons de Drake. Voici Flynn, l’ami de longue date qui propose un plan devant normalement se dérouler sans accrocs, accompagné de la très jolie Chloé, brunette épicée au regard étoile et au postérieur aussi explosif que son Colt 45. Le «deal», s’il n’est pas très honnête, a le mérite d’être simple: il s’agit d’aller dérober une lampe à huile dans un musée turc, pour le compte d’un collectionneur anonyme. De fil en aiguille, Drake réalise que la lampe a appartenu à Marco Polo et qu’elle pourrait bien être le premier indice permettant de trouver la mythique contrée de Shangri-La… Nous ne vous en dirons pas plus sur le scénario qui, malgré son classicisme, offre plus que son compte de rebondissements.
Beauté Fatale
Uncharted 2 est beau à se damner: ce n’est pas la peine de chercher plus beau ailleurs, cela n’existe pas encore. Ça viendra, certes, mais à l’heure actuelle le titre de Naughty Dog colle deux longueurs d’avance à ses concurrents. Sublime sans tomber dans le piège de l’esthétisme, le jeu expose sa beauté fatale dès le premier regard. Votre échelle d’exigence graphique va augmenter de plusieurs crans, que vous le vouliez ou non! On commence par noter la finesse de la modélisation des visages des personnages lors des séquences cinématiques, leurs traits expressifs, les plis de leurs vêtements, leur gestuelle naturelle. Plus tard, le regard se perdra devant l’immensité des montagnes tibétaines, s’attardera dans un village indien modélisé jusqu’au moindre bibelot posé sur une table de nuit. On frissonnera devant la complexité diabolique de mécanismes géants ou devant la sombre grandiloquence de gigantesques statues de divinités oubliées.
A bout de souffle
La mise en scène n’a aucun équivalent aujourd’hui, proposant une expérience cinématographique digne des meilleurs films d’action. On pense à Indiana Jones, A la Poursuite du Diamant Vert, aux films d’Errol Flynn. Le sens du spectacle d’un James Cameron couplé avec la perfection picturale d’un Stanley Kubrick, avec des angles de caméra amplifiant le spectaculaire des situations. Uncharted 2 n’est pas un jeu à conseiller aux cœurs fragiles: il est articulé à la manière d’une énorme montagne russe. La tension monte pendant une demi-douzaine de niveaux puis c’est l’accélération, brutale et toujours surprenante. Naughty Dog ne ménage rien ni personne, utilisant tout ce qui est en leur pouvoir –en l’occurrence les capacités techniques de la PlayStation 3, poussée ici dans ses derniers retranchements– pour accélérer le rythme cardiaque pendant la vingtaine d’heures que dure le jeu. La durée de vie a doublé par rapport au précédent épisode: on n’a jamais vu autant de promesses tenues, autant de générosité dans un jeu vidéo.
Perfectionné, perfectionniste, parfait
Uncharted 2 est irréprochable sur tous les compartiments, se rapprochant au plus près de la perfection qui, comme chacun le sait, n’est pas de ce monde. Sa plus grande force reste son accessibilité et son intelligence de prise en main. N’importe qui peut prendre du plaisir avec ce titre, les trois niveaux de difficulté élargissant son spectre d’audience lors des nombreuses phases de fusillade. La partie plate-forme est très habilement guidée, de nombreux indices visuels permettant de toujours savoir où aller. Drake répond à toutes les sollicitations du joueur sans rechigner, sans toutefois oublier son instinct de conservation qui le fera souvent s’accrocher in extremis du bout des doigts à un rebord de falaise si jamais vous loupez un saut… Ce n’est pas Spider-Man et il peut vraiment se rater! En éliminant tous les moments de frustration tout en mettant en valeur les plus doués des gamers, le titre arrive à garder captif pendant des heures. On pourra regretter la relative conformité de son cadre –le jeu tâche de ne pas trop franchir les bornes du réel- mais les interactions de Drake avec les autres personnages compensent largement cet aspect. Une fois l’aventure solo terminée, le multijoueur prend le relais pour prolonger l’aventure. Là aussi, rien à reprocher: c’est varié, dynamique et très agréable, une cerise en plus sur un gâteau déjà copieusement garni.
Naughty dog signe ici un incroyable chef-d’œuvre, aussi beau qu’intelligent, subtil, raffiné et spectaculaire. Sans barguigner le meilleur jeu de ces dernières années, tous genres et tous supports confondus. Indispensable!
points positifs
- La mise en scène incroyable vous scotchera au pad
- Les personnages et leurs dialogues
- la variété des décors
- La prise en main géniale, accessible à tous
- Une durée de vie conséquente.
- Le multijoueur est aussi réussi que le solo
points négatifs

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