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Extorquer de l’argent, un nouveau business pour le porno en ligne ?

Aux Etats-Unis, une action collective en justice accuse l'industrie du X d'utiliser le système judiciaire pour extorquer de l'argent aux internautes.

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L’industrie du porno, dont on connaît les ressources imaginatives, a trouvé « un nouveau business model », selon une plainte déposée en class action aux Etats-Unis. A en croire nos confrères de GamePolitics, des producteurs de films pornographiques menacent de poursuivre en justice des internautes pour avoir illégalement téléchargé des contenus pour adultes – que ce soit vrai ou non. Ils comptent ainsi sur l’embarras causé par une telle accusation pour que la personne accusée accepte un règlement à l’amiable de l’affaire et bourse délie.

Procédés mafieux ?

La plaignante, une Américaine du nom de Jennifer Barker, attaque donc cinq entreprises du X, quatre américaines et une britannique : Patrick Collins Inc., Malibu Media, K-Beech, Third Degree Films et Raw Films, pour ne pas les nommer. Selon elle, « ces fournisseurs de contenus pornographiques utilisent une technique connue sous le nom de trolling, où des individus engagés par divers fournisseurs de contenus pornographiques recherchent des adresses IP associées à des logiciels de téléchargement comme BitTorrent ». Et la plainte de continuer à détailler le processus mis en place : « Une fois les adresses IP collectées, ces divers fournisseurs de contenus pornographiques déposent plainte contre X ». Les studios et producteurs de films pour adultes incriminés demandent alors aux FAI de fournir les noms correspondant aux adresses récupérées.
Selon Jennifer Barker, ce système a d’abord été mis en place en Floride où les internautes identifiés ont ensuite été contactés et « bousculés » par téléphone. Les représentants des industriels du X demandent alors aux « accusés » de verser entre 1 000 et 5 000 dollars pour que toute procédure contre eux soit abandonnée, sans avoir la certitude que ces personnes aient vraiment téléchargé du contenu pornographique illégalement. Car, Jennifer Barker le rappelle dans sa plainte, si la preuve était faite que du contenu a été obtenu illégalement, les « faux » plaignants pourraient obtenir jusqu’à 150 000 dollars de dommages et intérêts.


The Internet is for porn. Slogan célébrissime qui a fait les grandes heures de la gaudriole potache sur le Web et des mêmes.

Menaces et réactions

Un montant bien plus important que les représentants des plaignants pornographes utilisent d’ailleurs. Ainsi, Jennifer Barker a été explicitement menacée : elle serait « publiquement identifiée comme ayant téléchargé de la pornographie et devrait verser des centaines de milliers de dollars si l’affaire devait passer en justice ».
Selon Jennifer Barker, plus de 200 000 personnes ont déjà été extorquées de la sorte. Elle a donc ouvert une plainte en action collective et cherche à obtenir des dommages et intérêts pour viol de la loi RICO, qui porte sur le racket par des entreprises criminelles, fraude, diffamation, stress émotionnel causé volontairement et enrichissement au détriment d’autrui.
L’industrie pornographique américaine, qui a été parmi les premières à mettre en place des services de VOD, cherche depuis quelques temps à enrayer le piratage de ses « œuvres ». Alors, cette affaire met-elle en lumière des dérapages malencontreux organisés ou des agissements isolés, le devenir de cette class action nous le dira.
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