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Le modèle des internautes-producteurs a encore la cote

Malgré les difficultés rencontrées par certains acteurs, des sites communautaires sollicitant les dons d'internautes continuent de voir le jour. Tour d'horizon.

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Présenté en fanfare au MidemNet de janvier 2008, le site Sellaband, qui proposait aux internautes de se muer en producteurs de disques, est aujourd'hui dans la tourmente. Déclaré en banqueroute, il a été racheté par un investisseur allemand. Début janvier 2010, c'est le site français Spidart.com qui se retrouvait en liquidation judiciaire. La production de créations culturelles par des internautes investisseurs, en échange de gains ou d'avantages divers (DVD...) est-elle encore une d'actualité ? Tour d'horizon et bilan de quelques projets français, dont certains très récents.
Buzzmyband.com s\'est mis à la production d\'albums
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BuzzMyBand finance des « quatre titres » et des albums
Le premier changement notable opéré par ce site ouvert en décembre 2007, c'est celui de son nom. Appelé au départ NoMajorMusik, il est devenu BuzzMyBand pour mettre l'accent sur l'aspect communautaire et gommer l'idée d'une opposition aux majors du disque.
Autre modification, les internautes ne sont plus sollicités pour financer des singles, mais des « EP », soit quatre titres, pour 15 000 euros. Et depuis début 2009, BuzzMyBand est ouvert à la production d'albums. Ce qui a pour effet de gommer un peu sa différence avec son concurrent My Major Company (voir ci-dessous). Actuellement, The Enjoys est le premier groupe à solliciter des fonds pour un album. La somme à atteindre est de 60 000 euros.
Mais l'argent ne fait pas tout : « Si l'artiste n'est pas lui-même très actif, la communauté ne le suivra pas, prévient David Doro, président du Buzz My Band. Il y a pas mal d'artistes qui nous considèrent comme un MySpace supplémentaire et ils ne se passent pas grand-chose pour eux. »
Mymajorcompany.com, un des pionniers du secteur
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My Major Company se focalise sur les albums
My Major Company
est arrivé quasiment en même temps que NoMajorMusik. Son objectif : faire financer un album entier par les internautes (NoMajorMusik s'était lancé lui sur le créneau du single), mais pour des artistes présélectionnés par le site, qui dispose d'une direction artistique.
Le site a réussi à sortir quatre albums, dont celui de Grégoire, son artiste-phare, écoulé à 800 000 exemplaires. Un succès qui reste pour l'heure l'exception. La chanteuse Agony a sorti son album en mars 2008 et en est à 6 000 ventes. Ceux de Joyce Jonathan et Thierry De Cara sont en vente depuis janvier dernier.
Si MyMajor Company est une société rentable, selon l'un de ses responsables Sevan Barsikian, le modèle de départ a été ajusté. Le montant nécessaire pour enregistrer un album est passé de 70 000 à 100 000 euros. Et la limite maximale d'investissement sur un même artiste pour un internaute n'est plus de 7 000 euros mais de 1 000 euros, histoire de multiplier le nombre d'investisseurs et de dynamiser l'aspect communautaire. Surtout, le site n'est plus seulement ouvert aux artistes repérés et sélectionnés par ses soins. Tout musicien peut s'inscrire, avec un risque « d'effet MySpace ». Le site recense plus de 5 000 artistes.
Peopleforcinema.com finance des films
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People For Cinema, les à-côtés d'un film
Le cinéma aussi se risque à solliciter les internautes. Projet monté par un ancien de My Major Company, Peopleforcinema.com a ouvert en novembre 2009 et, prudent, propose aux internautes d'investir pour le marketing, la publicité, les relations presse et la distribution de films déjà réalisés.
La part « internaute » du budget varie entre 30 000 et 300 000 euros selon ce qu'a négocié le site. Et comme à chaque fois avec ce genre de projet, les investisseurs se voient promettre un retour sur investissement. Au mieux financier (entre 30 et 40 % de ce qu'ils ont donné) ou alors sous forme d'avant-première, de DVD, d'affiches ou d'exonération de prix de places selon les accords passés avec la production du film.
Pour que les internautes s'y retrouvent, le site privilégie donc les films potentiellement rentables, pas les créations d'art et d'essai confidentielles. Actuellement, par exemple, le prochain film de Bertrand Blier avec Jean Dujardin et Albert Dupontel est soumis à la communauté.
Motionsponsor.com a financé en partie La Horde
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Motion Sponsor, priorité aux films indépendants
Lancé en octobre 2009, Motion Sponsor propose aux internautes de placer leur argent dans des films indépendants, à partir de 25 euros la part. Là encore, le producteur en ligne peut espérer un retour sur investissement, mais surtout en nature : première du film, nom de l'internaute au générique des DVD, contenus exclusifs fournis par l'équipe du film et accessibles sur le site à travers le compte personnel, etc. Des droits sur les recettes sont possibles si le film marche très fort.
Le premier à avoir bénéficier d'un financement via Motion Sponsor est le film français de zombies La Horde, sorti en février 2010. Il a levé 47 000 euros réunis par 470 internautes. Mais l'exemple est un peu biaisé, comme l'admettent les responsables du site, puisque Motion Sponsor est arrivé tard sur le film. L'argent des internautes a surtout servi à la post-production.
Myshowmustgoon.com se lance dans la production de spectacles vivants
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My Show Must Go On mise sur le spectacle vivant
C'est en rencontrant un jour l'équipe de My Major Company que Pierre Michelin a eu l'idée de faire produire des spectacles vivants par les internautes. My Show Must Go On est en ligne depuis décembre 2009. Les internautes ne financent pas tout, une enveloppe de départ est négociée avec les promoteurs. « Pour l'heure, les projets sont financés le plus en amont possible mais nous avons des demandes pour des projets déjà lancés », assure Pierre Michelin, qui rappelle que le spectacle vivant relève d'une « logistique compliquée ». Le site soutient ou a soutenu cinq spectacles (comme Promenade de santé, avec Mélanie Laurent) jusqu'à maintenant et signe avec les promoteurs un vrai contrat de coproduction. « Nous ne sommes pas une simple plate-forme de mise en relation. »
En échange, les internautes ont droit à des invitations, des informations exclusives... D'un point de vue financier, c'est plus aléatoire. « L'internaute récupérera au moins une partie de sa mise, mais ne perdra jamais plus que sa mise. »
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7 AVIS SUR CET ARTICLE
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Avis sur «Le modèle des internautes-producteurs a encore la cote»

 

Un modèle intéressant mais...

de Pascal381234 , posté le 05 mars 2010 à 08h25
C'est plutôt sympa le coté Monsieur Tout le Monde qui peut soutenir un artiste ou une œuvre. Néanmoins, trop d'idées tue l'idée et l'on peut se demander si le trop grand nombre de sites proposant peu ou prou la même chose ne va pas entrainer la mort de ce modèle...

Pascal

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Incroyable

de Traroth2 , posté le 05 mars 2010 à 11h14
Comment ces sites peuvent-ils ne pas être rentables, à partir du moment où des artistes et des internautes participent ?

Si je prends l'exemple de Sellaband, que je connais bien, c'est 3620 artistes qui cherchent actuellement des fonds. Tous les fonds versés par les internautes sont entre les mains de Sellaband tant que la somme nécessaire à la production d'un disque n'est pas réunie, Sellaband se trouve de fait à la tête d'une trésorerie gigantesque ! Rien que les revenus financiers doivent être colossaux. Ensuite, les bénéfices issus des disques déjà produits ne doivent pas encore être conséquent pour l'instant, mis ça augmente tout le temps. Je ne comprends pas comment ils font leur compte, franchement...
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Réponse 01net

de A Devillard , posté le 05 mars 2010 à 11h43
Bonjiour,
justement non, ces sites placent généralement les dons des internautes sur des comptes bloqués et ne peuvent justement pas y toucher (ni les artistes d'ailleurs) tant que la somme plafond n'est pas atteinte. Ils ne sont donc pas du tout "à la tête d'une trésorerie gigantesque" et c'est ce qui a posé problème à certain.
Arnaud Devillard
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Cause

de Edouard235649 , posté le 05 mars 2010 à 14h45
Est-ce dû au fait que ces sites gèrent mal l'argent qu'ils reçoivent, en ne percevant pas l'intérêt des dons, ou est-ce une raison légale qui les en empêche ?
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Réponse 01net

de A Devillard , posté le 05 mars 2010 à 16h23
Encore une fois, ils ne peuvent pas "gérer", ni bien ni mal, cet argent si les sommes sont sur des comptes bloqués. La plupart de ces sites sont rémunérés par des commissions sur les ventes des disques/films et autres qu'ils ont aidés à produire.
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