Le plaisir de l'objet
par Phy., le 22/09/2008 21:25:10
Il y a un véritable malentendu concernant la musique, parce que c'est un art par essence immatériel : c'est de l'air en vibration qui vient chatouiller nos oreilles.
Depuis la Sacem et le phonogramme, s'est développée une industrie qui se trouve aujourd'hui désemparée parce qu'elle a réussi pendant un temps à matérialiser cet immatériel. Mias j'aimerais voir la tête des adeptes du p2p s'ils écoutaient un album d'il y a 30 ans, non remastérisé : le son a fait des progrès énormes, et ça fait partie de l'industrie aussi...
Quand le CD est arrivé, certains ont crié à la mort du disque parce que la pochette d'un 33 tours avec une belle photo, ça avait plus de gueule que les pauvres petits encarts de CD... aujourd'hui, un album de Cabrel est livré - sans supplément de prix - dans une pochette qui s'apparente elle-même à une oeuvre d'art, alors que "Gibraltar" d'Abd-Al Malik, par exemple, j'adore écouter, mais je n'ai lu les textes, enfouis en PDF sur la section CD-Rom !
Pour moi, le soi-disant lien perso avec l'artiste, il n'est pas sur l'Opendisc, mais sur la pochette. Alors le MicroSD, j'ai l'angoisse...
Ceux qui fustigent les majors sont souvent les premiers à considérer la musique comme un produit de consommation jetable sans intérêt ; leur "offrir" de la musique sur p2p, c'est souvent donner de la confiture à des cochons ; heureusement, dans les 2 camps, il y a de véritables amateurs qui savent de quoi ils parlent.
