Fichier Edvige : l'Elysée veut éteindre la polémique
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Mise à jour du 10 septembre
Face à la polémique et devant les critiques venues de tous bords, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait évoqué un éventuel aménagement du fichage des mineurs dans Edvige. Le président de la République, qui vient de se saisir du dossier, veut aller plus loin.
Hier, après une réunion avec, entre autres, le Premier ministre, François Fillon, et la ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy aurait demandé que soient retirées d'Edvige les données sur la sexualité et sur la santé des personnes fichées. Il voudrait aussi revenir sur le fichage des personnalités, politiques, syndicales, économiques, quasi systématisé par le décret de création d'Edvige.
L'Elysée demande également la mise en place d'une concertation et la consultation de “ personnalités qualifiées ” ainsi que plus de garanties pour les libertés publiques dans la future loi sur la sécurité intérieure. Le président de la République estime que ce sujet a été mal expliqué au public. Tout comme le président de l'Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, parlant d'une “ affaire mal conduite ”.
Du côté des opposants, François Bayrou, président du Mouvement démocrate, a estimé que les changements annoncés prouvaient que “ le combat paye ”. Le Collectif “ Non à Edvige ” continue, lui, de réclamer le retrait du décret.
Première publication le 10 septembre 2008
Pourquoi le fichier Edvige fait si peur
Ce fichier informatique de police, créé en juillet, fait face à une forte levée de boucliers dans le monde politique, syndical, associatif… Explications sur la polémique.
Edvige, ou l'histoire d'un fichier de police qui prendrait un peu trop de liberté avec celle des citoyens. Son acte de naissance, par un décret paru le 1er juillet dernier au Journal officiel, aurait pourtant dû passer inaperçu. Mais il n'en a rien été.
Officiellement, Edvige est la conséquence directe de la récente fusion des services de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et des Renseignements généraux (RG) en une seule entité, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Son objectif premier serait de prendre la suite, sous une forme informatisée, du fichier des RG instauré en 1991 par le gouvernement d'Edith Cresson.
Mais, pour les adversaires d'Edvige, les choses ne sont pas aussi claires. Loin s'en faut. Tout d'abord parce qu'Edvige va plus loin que le fichier des RG. Ainsi, sur Edvige, les mineurs présentant “ un risque de trouble à l'ordre public ” pourraient être fichés dès l'âge de 13 ans. Ainsi que toute personne participant à la vie publique, et ce jusque dans son intimité, avec des informations collectées sur sa religion, son orientation sexuelle, son état de santé…
Déjà plusieurs recours en annulation
Dès le début de l'été, des centaines d'associations se sont mobilisées et ont rapidement formé des recours en annulation devant le Conseil d'Etat. Elles ont ensuite été rejointes par des responsables politiques de premier plan de l'opposition tels que François Bayrou et Corinne Lepage. “ Pouvons-nous, comme élus et comme citoyens, accepter sans rien faire une pareille dérive ? ” s'interroge le président du MoDem dans un courrier adressé à l'ensemble des maires de France.
Aujourd'hui la contestation gagne même les rangs de la majorité et de façon parfois spectaculaire. La semaine passée, le ministre de la Défense, Hervé Morin, reconnaissait avoir “ des doutes ” sur Edvige. La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, souhaite de son côté “ des précisions et des clarifications ”, notamment sur “ la question des données sur l'orientation sexuelle des personnes fichées ”.
Mêmes grincements de dents à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le Parti radical demande la constitution d'une mission d'information parlementaire. Quant à l'aile libérale des parlementaires de l'UMP (une centaine d'élus), elle exige “ une clarification des objectifs et des critères d'inscription de certaines données dans Edvige ”.
Dans le monde associatif, patronal et syndical, la bronca se fait aussi entendre. Pour le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, “ ce fichier ne doit pas exister dans un pays démocratique ”. Le président de la Ligue des droits de l'homme, Jean-Pierre Dubois, voit pour sa part dans la création d'Edvige “ le basculement vers une société de surveillance ”.
Le gouvernement veut “ lever les inquiétudes ”
La patronne des patrons, Laurence Parisot, présidente du Medef, s'avoue quant à elle “ troublée ”. Avant d'ajouter : “ Je note que nous n'avons pas été consultés alors que nous sommes concernés en tant que militants de l'entreprise. ”
Après avoir fait la sourde oreille, le gouvernement commence à la tendre. La ministre de l'Intérieur a donc décidé de monter au créneau. “ J'entends les inquiétudes. Je veux lever ces inquiétudes et toutes les ambiguïtés ”, a déclaré mardi 9 septembre Michèle Alliot-Marie. Mais, pour l'heure, elle n'envisage qu'une chose, la création d'un “ “droit à l'oubli” pour les mineurs fichés, au cas où ils ne commettraient aucune infraction ”. Pas de quoi, pour l'instant, éteindre la polémique.
Les opposants à Edvige étaient réunis aujourd'hui à la Bourse du travail à Paris. Ils affirment avoir déjà recueilli plus de 130 000 signatures pour une pétition lancée sur Internet. D'autres actions sont prévues pour le 16 octobre prochain, le jour de la Sainte-Edwige. Histoire de “ faire la fête à ce nouveau fichier de police ”, promettent les responsables du mouvement.
Le Conseil d'Etat devrait examiner début décembre les recours en annulation qui ont été déposés. Il devrait rendre sa décision avant la fin de l'année.
Le précédent Rocard
La police politique et les fichiers de police étant une vieille tradition française, en 1990, le Premier ministre, Michel Rocard, avait entrepris de leur donner – pour les RG tout du moins – une reconnaissance publique. Deux décrets, parus au printemps 1990, avaient alors semé le trouble dans l'opinion publique. Ils précisaient que les origines raciales pouvaient être mentionnées dans ce fichier au même titre que les opinions religieuses, politiques ou philosophiques.
A l'époque, Charles Pasqua et Simone Veil avaient protesté aux côtés du monde associatif. Les décrets avaient été retirés. Michel Rocard s'était alors fixé la limite suivante : “ Les libertés publiques sont une chose beaucoup trop essentielle pour faire l'objet de polémique. ” C'est ce que relate Le Monde, qui rapporte aujourd'hui cet épisode de la vie politique. Un constat que le gouvernement ferait sans doute bien de méditer.
Non, Edvige ne fait pas peur
Mais en AUCUN CAS, il ne devrait etre possible d'enregistrer les resultats d'une recherche ADMINISTRATIVE sur tel ou tel citoyen dans un etat democratique, sur ce qu'il aurait fait, fait ou pourrait faire dans l'avenir.
A partir de la, et uniquement dans le cadre d'une recherche JUDICIAIRE (c'est a dire liée a un acte ayant porté prejudice a autrui), un delinquant (c'est a dire ayant commis un delit et meme pas une infraction) pourrait voir les faits reproches mis en fiche, pour une duree variable suivant le delit commis.
On oublie un peu trop les evenements douloureux de la periode 1940-1944, voire ceux de la periode des troubles en Algerie, pour mesurer l'impact que pourrait avoir un tel fichier entre les mains d'autre chose qu'une democratie.
donc, Edvige n'a aucune raison d'exister, meme pas pour connaitre la date de naissance de quelqu'un.
Cordialement
GdGege
OUi
Je suis d'accord , Edvige ne doit pas exister, il y a déjà suffisamment de délateurs en france, ça devrait leur suffire !
Non à edvige !
Non
Maintenant, le tout est de savoir ce qui relève d'un fichier, de la légitimité de données dès lors que celles-ci ne sauraient se prévaloir d'un lien manifeste avec la sécurité publique, et aussi voire surtout de ce qui peut-être fait des renseignements disponibles.
Je crois que les modalités apportées sont correctes, et justifient autant l'effort du refus de certains que l'essence même du principe. Edvige est, modifié, et restera, n'en déplaise aux démagos de service.
NON
mais encore,...
Ce que je ne vois pas, c'est le besoin d'anticiper sur les malheurs de la societe civile. Et quand bien meme, la societe civile aurait des malheurs, n'y a-t-il pas d'autres moyens de les anticiper ?
Donc question : quels sont les malheurs de la societe civile ? Si j'ai bien suivi les quelques debats televises du sujets, il ne s'agit pas de prevenir ou de contenir le crime puique pour cela il y a deja d'autres supports. Il s'agit de savoir si Mr X ou Mr Y possède ceci ou cela, exerce telle ou telle fonction civile, va a la messe le dimanche matin, a la synagogue le samedi ou a la mosquee le vendredi . Il ne s'agit pas de savoir si ce Mr X ou Mr Y ouvre son manteau devant les petites filles (ca c'est un crime, c'est deja reprimé et c'est deja repertorié ailleurs) mais il s'agit d'enregistrer que ce Mr X a un grand manteau, sort souvent le soir et se promène devant la sortie de l'ecole communale !!! d'ou ON (mais qui ON ?), ON en deduira donc qu'il est peut-etre, ... probablement, ... voire surement, un voyeur ou un exhibitionniste, d'ailleurs c'est prouvé puisque ce sera dans les fiches !!! et on saura anticiper sur ses envies !!! Quelle société, ce ON nous promet !!! et est-ce que cela saura eviter les malheurs de la Societe ?
Plus fondamentalement meme, qu'une police judiciaire ait besoin d'outils pour mener a bien ses enquetes, cela peut se comprendre et se justifier : elle a deja ses outils = casier judiciaire, fichier des infractions constatees. Mais qu'une police administrative existe, au service du pouvoir executif, releve totalement de l'incongruite, et c'est cela que veut permettre ce fichier : tout savoir sur tous, au cas ou ON en aurait besoin !!! c'est du genre du proverbe "Bats ta femme tous les matins, meme si tu ne sais pas pourquoi, elle elle le sait et ne t'en aimera que mieux" (Long Seu 14eme siecle). Pour etre encore plus efficace, on pourrait aussi tout noter sur ce que fait son voisin et le collecter dans un gigantesque fichier accessible via l'Internet, comme ca, ON ou sa police politique n'aurait qu'a faire son marché !!!
Et pour terminer, il ne s'agit pas de demagogie, il s'agit d'un mot tout simple pour lequel nos grands-parents et arrieres grand-parents se sont battus et sont -parfois- morts depuis 1789 : la Liberte. Liberté aussi bien contre un etat qui nous abreuve de contraintes et charges en tout genre que Liberté contre un envahisseur venu un temps d'outre-rhin, mais pourrait tout aussi bien, un jour, venir de plus loin.
Cordialement.
Mon général
Demande aux chiliens ce qu'il leurs est arrivé il y a 30 ans. et aux argentins aussi. Il ne sont pas allés au stade pour voir un match de foot!
Tu devrais changer de pseudo et adopter celui de Pinochet
mais surtout ...
Je rappelle tout de même aux âmes innocentes que le fichage participe de leurs libertés, que noyauter une bande organisée qui sème la terreur, qu'infiltrer des extrémismes religieux et/ou politiques, que disséquer des sectes de tous poils ne saurait se faire sans analyse et prévention et que celles-ci ne peuvent être efficaces sans fichage, sans renseignement en amont dument répertorié : le fichage, ce mot qui sonne mal tant il est vrai empreint de tristes mémoires, mais qui résonne aussi des libertés individuelles acquises et par lui maintenues. Paradoxal? Le paradoxe supposerait que l'on ne retienne du fichage que son application ailleurs, autrement, autrefois, fût un temps, désastreuse.
Le fichage est ce que l'on en fait. Edvige est un fichier parmi d'autres, il peut, comme la voiture, comme une arme, comme l'atome, comme toute force, être outil de défense comme d'inquisition voire de persécution, et ne retenir de lui que la manifestation d'une volonté persécutante c'est défier la démocratie pour lui préférer le chaos d'un abrutissement anarchiste.
Réfléchissez-y !
Moi. Si
Bref, je suis fiché.
Aujourd'hui, je l'ouvre pour dénoncer la mainmise d'une oligarchie en France qui bafoue la démocratie. Demain, je risque d'être inculpé pour crime de la pensée et atteinte à la sécurité de l'état, comme aux états unis, tout ceux qui sont victime du "patriot acte"
Dont acte
Emprunter ...
Il n'y a pas que les banques qui font crédit.
Renseignez-vous dans des mutuelles, vous n'aurez pas à donner tous ses renseignements.
j'en parle d'expérience, à la MACIF, et en plus, contrairement aux banques, vous aurez le remboursement de l'assurance du crédit, ce que ne font pas les banques.
la dictature
1984
AH bon ?
Qu'était-il ?
Il a pourtant été le premier à mettre en œuvre ce genre de fichier ! (officiellement)
et non !!!
il n'a rien inventé...
bien a vous
daccord
ca commence à bien faire certainement encore une autre facon de remplir le tiroir caisse
everywhere
Edvige
Réponse
-être?
parce qu'un jour
Ce n'est pas
Personnellement je suis contre ce fichage généralisé, surtout qu'avec UN fichier centralisé, il sera encore + simple de blanchir certains, ou de trafiquer des fiches puisque tout sera regroupé. Il y a quelques années, on avait par exemple parlé d'anciens (et actuels) policiers qui monnayaient leurs services auprès d'EuroDisney concernant les recrutements du personnel, imaginez ça en + détaillé !!!
Orientation???
Reponse
Avec edvige, il ne sera pas difficile de vous déclarer "déviant" et de vous mettre au ban de la société.
Un cerveau sert à réfléchir. Ne pas l'utiliser rabaisse l'humain au niveau de la bête.

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