











Le Conseil d'administration de l'Icann, qui gère les noms de domaine sur Internet, a voté à l'unanimité l'ouverture des suffixes génériques (tels le .com) à toutes les propositions. Jusqu'à présent, l'Icann préférait brider la création de nouvelles extensions : à ce jour, il n'y en a que vingt-et-un (.com, .net, .biz, .mobi, .travel...). Désormais, toutes les suggestions seront prises en compte, qu'il s'agisse de lieux (.paris, .africa...), de noms de marque (.nike, .01net) ou de n'importe quel nom (.dupont).
Mais cela ne veut pas dire que n'importe qui pourra obtenir un .dupont. Comme nous l'expliquions ci-dessous, faire une demande d'extension nécessite des moyens techniques et financiers importants (100 000 dollars minimum), pour monter le dossier et gérer par la suite tous les noms de domaine portant ce suffixe. L'Icann doit maintenant définir la procédure qui permettra de traiter et de valider les futures demandes. Elle devrait être prête début 2009.
Première publication le 23 juin 2008
L'Icann projette de créer de nouvelles extensions de domaine, telles que le .com. Il pourrait même s'agir de n'importe quel mot, déposé par n'importe qui, ce qui semble difficilement réalisable.
.com, .net, .org, .info, .biz… Les internautes sont habitués à croiser ces extensions, limitées en nombre. Depuis 1995, seulement une vingtaine de suffixes dits “ génériques ” (sans limites géographiques) ont été créés. Mais cela va changer. L'Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), l'organisme qui supervise la gestion des noms de domaine sur Internet, semble décidé à ouvrir les vannes.
Le sujet fait partie des thèmes de la Trente-deuxième Réunion internationale de l'Icann, qui se tient du 22 au 26 juin 2008 à Paris. On y évoquera la création de plusieurs centaines d'extensions. Mais le “ grand ordonnateur ” de l'Internet ne semble pas vouloir s'arrêter là.
En effet, dans une interview accordée ce lundi 23 juin aux Echos, le président de l'Icann, Paul Twomey, a révélé une information explosive si elle se confirmait : l'Icann envisagerait de libéraliser les extensions de domaine, pour que n'importe qui puisse déposer celle de son choix. “ Les 1,3 milliard d'internautes pourront acquérir des adresses génériques en déposant des mots courants comme .amour, .haine ou .ville ou encore des noms propres ”, a-t-il précisé au quotidien économique.
D'une poignée de suffixes, Internet passerait alors d'un coup d'un seul à des millions, d'un sobre “ www.01net.actualites ” à de plus exotiques “ www.yaka.fokon ” ou “ www.francois.pignon ”. Et ce, alors que des extensions actuelles, comme le .mobi, sont encore peu employées ! Selon les propos recueillis par Les Echos, cette ouverture pourrait même être mise en place “ dès le premier trimestre de 2009 ”, ce qui semble difficilement réalisable. L'idée d'un adressage personnalisable à l'extrême est certes séduisante mais, en pratique, elle pourrait vite tourner au cauchemar.
Dans l'état actuel des procédures, obtenir un “ .dupont ” revient à devenir le “ registre ” (registry en anglais) de cette extension, autrement dit d'en devenir le gestionnaire. C'est par exemple le cas de l'entreprise VeriSign, qui gère l'attribution des adresses en .com et en .net, éventuellement en confiant leur commercialisation à d'autres sociétés (les registrars). Et devenir registre, cela coûte cher.
“ Il faut au minimum 100 000 dollars… ”, précise Loïc Damilaville, adjoint au directeur général de l'Afnic (gestionnaire du .fr), qui n'avait pas été mis au courant par l'Icann de ce projet d'ouverture. “ Il faut financer sa gestion technique, payer diverses assurances, payer l'Icann… Seuls des groupes privés peuvent se le permettre. Je ne vois pas comment l'Icann pourrait ouvrir les extensions à n'importe qui ”, s'interroge-t-il.
Lundi en fin d'après-midi, l'Icann n'avait ni confirmé, ni précisé l'information, y compris auprès de ses partenaires. Dans son interview au quotidien économique, Paul Twomey semble toutefois déjà bien avancé dans ses réflexions. Il évoque même des garde-fous si ce projet venait à se concrétiser : les noms d'extensions demandés par les internautes ne devront ni violer le droit des marques, ni s'approcher d'une extension existante (.kom, par exemple), ni usurper l'identité d'une communauté, ni perturber l'ordre public ou moral.
Et si deux internautes se disputent un suffixe, ils auront trois mois pour négocier à l'amiable, avant de régler l'affaire aux… enchères. Belle pagaille en perspective !
















