Début de réponse
par deliquescent, le 29/04/2008 23:23:05
Le web emmagasine largement plus d'informations qu'un être humain enregistrera en une vie.
Devant cette avalanche d'informations, il faut savoir prendre le temps de l'analyse et de la réflexion : conserver un esprit critique et ne pas céder systématiquement à l'opinion de la majorité.
Comme vous le remarquez, beaucoup de commentaires s'apparentent à de la diarrhée verbale et n'apportent rien de constructif au débat : en filtrant on arrive tout de même à extraire des idées intéressantes.
Pour synthétiser en peu de mots ce que j'ai tiré comme opinion personnelle de cet article et des commentaires lus jusqu'ici, je retiendrai 3 points :
1) Oui, google a une face sombre : son activité est basée sur la publicité, et on sait par l'exemple de gmail que cette entreprise n'hésite pas à collecter des informations personnelles à des fins publicitaires (elle pourrait par exemple tenir des historiques des requêtes pour chaque IP, et ainsi détenir des informations sur chacun d'entre nous, ce peut dépasser largement le cadre publicitaire)
2) Grâce au web, n'importe qui peut exprimer son opinion sur n'importe quoi.
A la base cela ressemble à l'expression même de la démocratie, mais en pratique cela se traduit par la diarrhée verbale que j'évoquais plus haut.
Seul problème, on est toujours la diarrhée verbale de quelqu'un d'autre, et on ne peut avoir la prétention de décréter sa prose comme utile, et d'autres comme parasites.
3) La démarche de Dominique Maniez est utile car elle rappelle à tous que derrière Google se cache une entreprise et pas une association à but non lucratif.
Elle rappelle également, et ce n'est pas inutile de le préciser, que l'avis de la majorité n'est pas toujours la Vérité, que notre nature moutonnière nous joue des tours.
Néanmoins, en provoquant frontalement les internautes sur leur liberté d'expression, Dominique Maniez semble jouer à fond sur l'effet de buzz pour vendre son livre.
Si son message est si important à transmettre, ne devrait-il pas le publier gratuitement en ligne ? Il toucherait ainsi une plus large audience.
Par contre, il la toucherait moins largement, car son texte serait lu en diagonale, du fait de notre caractère zappeur : on accorde moins de valeur à un texte gratuit qu'à un livre qu'on a payé.
Je n'ai donc pas d'avis tranché sur les réelles intentions de Dominiques Maniez (mercantiles ou pédagogiques). Le choix qu'il a fait semble être le plus rémunérateur (vendre un livre et créer un buzz : alerter beaucoup de gens, et vendre un livre qui sera lu attentivement car payé), mais pas le plus écologique (mettre toute sa pensée en ligne et non sur papier, en prenant le risque d'être lu en diagonale).
Toujours est-il que je réfute votre argument dans lequel vous comparez le présent article à une publicité de l'Oréal :
- pour diffuser sa publicité, l'Oréal paye un annonceur, et la publicité est annoncée comme telle.
- la démarche de Dominique Maniez, elle, s'apparente plus à un jeu sur l'effet de buzz à des fins mercantiles.
Ce sont deux démarches totalement différentes : la première est claire et transparente, la deuxième ressemble à une tentative de manipulation, de la publicité clandestine en quelque sorte.
Pour ceux qui m'ont lu jusqu'au bout (et ils sont sûrement peu nombreux), je vous prie de m'excuser pour ma propre diarrhée verbale. Toute remarque constructive sera bienvenue.
