Histoire d'un bide annoncé..
par Rottenthings, le 20/11/2007 09:02:38
Amazon sort du bois, et c'est peut-être la seule bonne nouvelle. Pour le reste, les raisons ne manquent pas de voir dans ce nouveau gadget l'histoire d'un bide annoncé.
Su un plan purement technologique, il est évident que nous entrons de plein pied dans l'ère de la convergence numérique ; cette solution spécialisée, propriétaire et restrictive n'a donc pas grande chance de trouver preneur, tant elle va à rebours (vers le passé) des marchés qui se dessinent actuellement.
Sur le plan du design, n'est pas Steeve Jobs qui veut, et nous avons là de toute évidence un objet qui rappelle plus les mini-ordinateurs atrocement laids du début des 80's que l'i-Phone. La cible branchée qui aurait pu être intéressée au titre de gadget dernier cri passera donc très certainement son chemin. Cet échec sera sans doute d'ailleurs encore plus retentissant féminine...
Quels sont les propositions sérieuses de cet outil face au plaisir d'un bouquin écorné, des pages qu'on tourne à loisir, d'un objet affectif que l'on peut prêter à ses proches, à ses connaissances ? Quid de l'odeur de papier, de la typographique particulière à chacun ? De la couverture qui renferme un trésor de lecture ?
On me rétorquera peut-être qu'alors, une des cibles utiles serait la documentation technique, ou les manuels d'utilisation au sein des entreprises. Au regard du prix du Kindle, j'ai tout de même un gros doute. Lorsque l'on voit de plus à quel point un géant comme Google peine à installer le marché du livre numérique, on se dit qu'Amazon s'inquiète là simplement de marquer un point improbable sur son marché d'origine, la librairie en ligne. Etre le premier, en espérant que cela pourra suffire à donner une longueur d'avance pour le futur. Malheureusement, à ce jeu là, je ne crois pas à l'effet d'achat en cascade des consommateurs, dont le modèle iPod a si bien su jouer. Et là, plus encore qu'un simple bide produit, Amazon court avant tout le risque d'envoyer avec Kindle un signal assez désespéré aux marchés financier, qui comme on le sait, sont moins connus pour leur capacité de secouristes que leur réalisme économique sans appel.
