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(Mise à jour) La Cnil s'inquiète de deux condamnations d'internautes pour piratage

La cour d'appel de Paris a validé la collecte d'adresses IP sans autorisation de la Commission. Cette dernière s'insurge.
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Mise à jour (7 août 2007)

La Commission nationale pour l'informatique et les libertés a réagi le 2 août aux décisions de la cour d'appel, condamnant deux internautes relaxés en première instance pour des actes de mise à disposition de fichiers en peer-to-peer. Les deux arrêts trouvent en effet normal que le plaignant, c'est-à-dire la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) ait récupéré les adresses IP des internautes. “ La cour d’appel de Paris, note la Commission, a considéré que les adresses IP collectées à l’occasion de la recherche et de la constatation des actes de contrefaçon sur Internet ne permettent pas d’identifier, même indirectement, des personnes physiques et que, dès lors, elles ne constituent pas des données à caractère personnel. Cette analyse remet profondément en cause la notion de donnée à caractère personnel qui est très large. ”

Elle interpelle donc le ministère de la Justice afin qu'il examine ces deux arrêts, histoire de vérifier qu'il n'y a pas matière à cassation, “ dans l’intérêt de la loi ”.

Première publication le 22 juin 2007

Deux internautes finalement condamnés pour piratage alors qu'ils avaient été relaxés

La cour d'appel de Paris a condamné des internautes, pour mise à disposition illégale de fichiers sur les réseaux de P2P.

L'affaire avait agité un petit moment le monde de la musique. En décembre 2005, un internaute avait été relaxé par le tribunal de grande instance de Paris alors qu'il était poursuivi pour mise à disposition illégale de fichiers musicaux sur les réseaux de peer to peer. Et ce, alors que jusque-là, la justice prononçait la relaxe pour des faits de téléchargement, mais condamnait la mise à disposition. Le 27 avril 2007, la cour d'appel de Paris est revenue à la première interprétation de la loi : l'internaute relaxé en 2005 a été, cette fois, condamné à 5 000 euros d'amende avec sursis, 1000 euros de dommages et intérêts et 500 euros de frais de procédure.

Dans un communiqué sur cette affaire, la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), qui avait saisi la cour d'appel, annonce la condamnation en appel le 15 mai d'un deuxième utilisateur de réseaux peer to peer. Lui aussi avait été relaxé en première instance en dépit du fait qu'il avait mis des fichiers à disposition des autres internautes. Il écope de 1000 euros avec sursis, 1600 euros de dommages et intérêts et doit aussi payer 1200 euros de frais de procédure.

Dans sa communication, la SCPP souligne les commentaires de la cour d'appel sur la méthode utilisée pour remonter à ces deux internautes. Selon l'arrêt, même si les agents assermentés de la SCPP ont recueilli les adresses IP, une autorisation de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) n'était pas nécessaire. La procédure, selon la justice, est donc tout à fait “ régulière ”. Dans le premier cas, l'agent assermenté s'est comporté comme n'importe quel utilisateur de peer to peer : il s'est créé un pseudo, a utilisé le logiciel, a eu accès à des fichiers partagés et a pu ainsi relever l'adresse IP, “ ce que tout internaute pouvait faire ”.

La loi Informatique et libertés malmenée

Mais selon un juriste spécialisé dans les questions de droits d'auteur et dans les nouvelles technologies contacté par 01net., il est pourtant “ évident qu'il y a un traitement de données personnelles ” nécessitant une autorisation de la Cnil. L'IP étant, en effet, considérée comme une donnée personnelle, peu importe le moyen utilisé pour la récupérer (à la main ou au moyen d'un logiciel). Elle a été relevée, extraite parmi d'autres, puis stockée. Selon ce spécialiste, l'argument de la cour d'appel ne tiendrait pas et son arrêt pourrait être remis en cause par la Cour de Cassation.

Le deuxième arrêt poserait lui aussi problème, selon le juriste. Les juges estiment que c'est l'intervention des autorités judiciaires, suite à la plainte de la SCPP, qui a permis l'identification de l'internaute et non la simple récupération de son IP. “ En effet, cette série de chiffres ne constitue en rien une donnée indirectement nominative relative à la personne, dans la mesure où elle ne se rapporte qu'à une machine et non à l'individu ”, estime la cour d'appel. Autrement dit, l'adresse IP n'aurait servi qu'à prouver qu'il y a eu une infraction et à déclencher des investigations. C'est effectivement le FAI qui détient l'identité du titulaire de l'adresse IP et qui ne la fournit que sur demande de l'autorité judiciaire.

Sauf que “ si l'IP n'est pas nominative, elle permet quand même de remonter à la personne, analyse notre juriste. La preuve : c'est ce moyen-là qu'on utilise à chaque fois ! C'est même justement le seul moyen… ” L'explication de la cour d'appel, citée par la SCPP, contiendrait du coup sa propre contradiction. Une fois encore, cela fragiliserait l'arrêt.

Au final, ces deux arrêts remettent implicitement en cause, selon le juriste, les diverses bornes mises en place par la loi Informatiques et libertés en matière de traitement de données personnelles.

C'est peut-être pour cela que la SCPP communique en particulier sur ces histoires de procédure, d'adresse IP et d'absence d'autorisation de la Cnil. Une manière, pour elle, d'en rajouter après que le Conseil d'Etat eut rejeté la décision par laquelle la Cnil avait refusé d'autoriser la SCPP, la Sacem et la SDRM d'automatiser la lutte contre la piraterie. La juridication administrative suprême avait estimé que “ la Cnil a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ”.

débat
22 avis d'internautes
(Mise à jour) La Cnil s'inquiète de deux condamnations d'internautes pour piratage
- Fusillés pour l'exemple !
par Alain!
le 24/06/2007 13:32:18
Exact
par willguitarist
le 24/06/2007 17:25:47
Cupidité
par Avocat-du-diable
le 25/06/2007 16:54:38
Idiot ?
par Bahanix
le 08/08/2007 12:15:46
quel bordel
par melinlenchanteur
le 25/06/2007 08:27:53
téléchargement
par salonico
le 23/11/2007 14:53:19
Remarque d'un qui se souvient
par abcpc
le 25/06/2007 08:42:26
Liberté, Egalité
par Bugstar
le 25/06/2007 09:21:18
toujours le meme problème de fond
par kaldan
le 25/06/2007 10:35:32
- Le libéralisme mais pas à sens unique !
par Alain!
le 25/06/2007 13:29:23
2 poids 2 mesures ...
par pattapoil
le 27/06/2007 18:42:07
IP et identité
par Traroth2
le 25/06/2007 14:34:44
histoire d'IP
par liberté chérie
le 28/06/2007 08:44:11
Vous dîtes ?
par netrunner
le 08/08/2007 10:33:17
legalité et le WIFI et les Bornes alors
par virtuose1
le 27/06/2007 18:04:00
Bien fait pour leurs tronches
par YvesRemord
le 08/08/2007 12:07:46
La gratuité de la Musique, et réponse à Pattapoil
par Klingsohr
le 08/08/2007 17:19:30
Ambigue
par spartacus007
le 09/08/2007 09:27:42
non non
par Avocat-du-diable
le 09/08/2007 17:04:16
he oui
par grifon_3
le 14/08/2007 18:26:32
point
par truc001
le 09/08/2007 19:33:25
he voilà ...
par sourcière17
le 23/11/2007 16:24:54
publicité
débat
22 réactions
 
he voilà ...
posté le 23/11/07 à 16:24 par sourcière17
téléchargement
posté le 23/11/07 à 14:53 par salonico
he oui
posté le 14/08/07 à 18:26 par grifon_3
point
posté le 09/08/07 à 19:33 par truc001
non non
posté le 09/08/07 à 17:04 par Avocat-du-diable
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