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Genesys Labs, électron libre d'Alcatel

Spécialisée en logiciels pour centres d'appel, Genesys Labs est l'une des rares divisions d'Alcatel à garder son autonomie. Elle noue même des partenariats avec des concurrents de sa maison mère.

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Annuellement, en février, Alcatel célèbre sa grand-messe sur le thème de l'entreprise. L'une des vedettes de l'édition 2006 fut Genesys Labs, la division d'Alcatel éditrice de logiciels de centres d'appel. Cette technologie s'impose comme un moyen de communication privilégié avec les clients en liaison avec le système de GRC. Et l'arrivée de l'IP a bouleversé, comme ailleurs, le monde jusque-là très propriétaire des centres d'appel.
Très tôt, Alcatel a perçu cette mutation. Début 2000, il achète Genesys Laboratories, petite société californienne, créée dix ans plus tôt. A l'époque, comme tous les constructeurs de commutateurs d'entreprise (PABX), Alcatel possédait un centre d'appel à son catalogue, fonctionnant avec ses commutateurs. En déboursant 1,5 milliard de dollars pour acquérir Genesys, l'industriel français rompait avec la tradition. D'abord en misant sur le logiciel indépendamment de la plate-forme matérielle. Ensuite, en tablant sur l'ouverture. Genesys avait en effet développé une vingtaine de connecteurs couplant ses logiciels de centres d'appel avec les principaux PBX du marché.

Tabler sur l'ouverture

Pour Olivier Houssin, président de l'activité communications privées, ' Genesys est l'une des acquisitions majeures du groupe '. La société apporte à Alcatel son expertise et poursuit des développements dans les domaines où la maison mère est en pointe. ' Nous l'accompagnons notamment dans le domaine, stratégique pour elle, de la vidéo ', précise Wes Hayden, PDG de Genesys Labs. Cependant, pour préserver son dynamisme, Alcatel a eu la sagesse de lui laisser une certaine autonomie. Genesys a ainsi travaillé avec Siemens sur la virtualisation d'un centre de contact SIP.
Cette ouverture fait sa force. Pour preuve, l'accord signé avec Microsoft en début 2005, qui a donné naissance à la passerelle GETS (Genesys Enterprise Telephony Software). Celle-ci fait le lien entre le système de messagerie instantanée professionnelle de Microsoft (Live Communications Server) et plus d'une vingtaine de PABX. Un de ses atouts : un clic sur un contact suffit pour lancer un appel téléphonique.
Dans le même sens, Genesys a lancé le projet Open Média. Le but est d'ouvrir le routeur d'aiguillage des appels à des applications tierces pour personnaliser le centre d'appel en fonction des spécificités de l'entreprise. Après tout, ce routeur d'appel n'est-il pas le ' bras armé ' du système de suivi de la relation client ?

Deux nouveaux axes de développement

Après avoir forgé sa renommée sur les logiciels de centres d'appel, Genesys Labs réoriente ses développements selon deux axes :

Portail vocal : Le secteur en plus forte croissance. Selon Gartner, la société est numéro un mondial (12,5 % de parts de marché).
Infomart : Ce logiciel agrège les données tirées des tickets générés par les appels des clients, et en dégage des tendances exploitables par les services marketing ou ventes.

Trois questions à... Wes Hayden, PDG de Genesys Labs

<i>01 informatique :</i> S'adosser à un grand groupe comme Alcatel était-il une question de survie ?
Wes Hayden : Grâce à Alcatel, nous sommes passés du statut de petite société à celui d'entreprise reconnue et établie. Le soutien financier de notre maison mère nous a permis de nous développer en acquérant d'autres sociétés, comme Call Path, Telera ou GMK. Le rachat de Telera s'est avéré déterminant : en effet, il nous a ouvert les portes du marché des portails vocaux, sur lequel Genesys Labs se trouve désormais classé numéro un mondial. Ce secteur constitue l'une de nos priorités pour 2006 et 2007.

Quelles leçons tirez-vous de la crise du début des années 2000 ?
Oui, et l'épreuve a finalement été bénéfique. Auparavant, notre croissance était rapide et mal contrôlée. En 2001, nous avons été touchés de plein fouet. Moins d'un an plus tard, nous avions redressé la barre et renoué avec la croissance. De plus, des concurrents ayant été laminés, nous avons pu recruter beaucoup de bons ingénieurs.

Devenir partenaire de Microsoft ne vous ferme-t-il pas d'autres portes ?
La passerelle GETS, fruit de cet accord, est devenue opérationnelle depuis septembre 2005, et une quinzaine de projets pilotes ont déjà été lancés. En fait, nos rapports avec Microsoft sont beaucoup plus anciens. Nous avons développé, entre autres, un connecteur afin de coupler notre logiciel à Microsoft CRM. Notre technologie est d'ailleurs référencée comme ' technologie préférée ' par l'éditeur.

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