Les Google Pixel Pro remplissent un objectif bien précis : incarner ce que Google estime être le meilleur d’Android. Interface, photo et design comptent depuis quelques années parmi les forces de ces smartphones haut de gamme. Mais d’autres points pèchent souvent, comme l’autonomie ou la puissance brute. Est-ce que le Pixel 11 Pro, et son grand frère, le Pixel 11 Pro XL parviennent à régler ces anicroches pour se hisser au sommet ? Réponse dans ce test.
Prix et date de sortie
Le Pixel 11 Pro se négocie 1199 euros dans sa configuration de base, à savoir 256 Go de stockage et surtout 12 Go de RAM, contre 16 Go de RAM l’an passé pour le Google Pixel 10 Pro. Pour 1329 euros, vous obtiendrez une configuration plus musclée avec 512 Go de stockage et surtout 16 Go de RAM. Il existe également un modèle avec 1 To de stockage à 1589 euros réservé au modèle noir.
Quatre coloris sont proposés : un rose pêche, un vert olive, un blanc brume et un noir volcanique (mat).
Design : l’un des smartphones les plus élégants du marché
Depuis le Pixel 9, Google a trouvé le petit truc en plus qui a permis à ses smartphones de passer un cap en design. Les finitions sont ici toujours aussi impeccables, la sensation en main est excellente, avec des tranches plates en aluminium polies et brillantes, qui contrastent avec le dos mat et son revêtement anti empreinte, le tout est on ne peut plus élégant. Pas une arête ne vient contrarier la prise en main.
Le bloc photo demeure dans la droite ligne des Pixel depuis le 6, à savoir une barre horizontale en forme de pilule, désormais entièrement recouverte de noir. Cela pourra légèrement gêner lors des premières prises en main lorsque le téléphone est à l’horizontale, mais on finit par bien s’habituer et son aspect assez rectiligne permet de s’en servir de support pour la main assez facilement.

Petit changement ici : ses prédécesseurs intégraient un flash et un thermomètre (que tout le monde avait oublié, même Google), le Pixel 11 Pro possède désormais un flash bien centré et plus gros, qui est en outre capable de produire de la couleur. Nous y reviendrons dans la partie interface de ce test.
Sur la face avant, le Pixel 11 Pro affiche une dalle plate aux coins arrondis. Petite nouveauté, il a désormais le droit à un revêtement anti rayures supplémentaire en plus du verre Corning Gorilla Victus 2, présent également sur le dos au passage. Les bordures noires autour de l’écran sont somme toute assez présentes, avec un ratio corps-écran de 87,8 %.
Pour terminer le tour du propriétaire, mentionnons que le Pixel 11 Pro est certifié IP 68, ce qui veut dire qu’il est étanche à la fois face à l’eau et à la poussière. L’écran cache en outre un capteur d’empreintes qui se montre rapide et fiable.
Écran : toujours plus lumineux et bien calibré
Le Google Pixel 11 Pro est équipé d’un écran OLED de 6,3 pouces au format 20:9. Sa définition de 1 280 × 2 856 pixels lui permet d’atteindre une densité d’environ 495 pixels par pouce, garantissant une image particulièrement fine. Grâce à la technologie LTPO, son taux de rafraîchissement varie de 1 à 120 Hz afin d’adapter la fluidité à l’usage tout en limitant la consommation d’énergie. La dalle est compatible avec le HDR10+.
Voilà pour la fiche technique. Passons maintenant aux mesures du 01lab, effectuées grâce à notre sonde colorimétrique et le logiciel Calman Ultimate de Portrait Displays.

D’après nos mesures, le Google Pixel 11 Pro affiche une luminosité nettement supérieure à celle du Pixel 10 Pro XL. Son pic lumineux manuel demeure le même, à 1 384 cd/m², mais il se distingue davantage en mode boost, avec 3 262 cd/m², contre 3 090 cd/m² pour le Pixel 10 Pro XL, ainsi qu’en pic HDR, où il atteint 2 385 cd/m², contre 2 198 cd/m². Sa luminosité minimale est légèrement plus élevée, à 1,9 cd/m² contre 1,85 cd/m², ce qui pourrait le rendre un peu moins confortable dans l’obscurité.
Face à ses concurrents, le Pixel 11 Pro se place parmi les smartphones les plus lumineux du marché. Il domine largement les Galaxy S26, S26+ et S26 Ultra en luminosité maximale classique, ces derniers culminant autour des 485 cd/m². Il fait également mieux que l’iPhone 17 Pro, limité à 832 cd/m², mais se place tout près du Xiaomi 17, qui atteint 3 268 cd/m² en mode boost, soit seulement 6 cd/m² de plus. En HDR, le Pixel 11 Pro conserve une nette avance sur les Galaxy S26, tandis que le Xiaomi 17 reste derrière avec respectivement 1 926 cd/m².
Concernant la fidélité des couleurs, le Pixel 11 Pro propose une balance des blancs mesurée à 6 374 K, légèrement plus chaude que celle du Pixel 10 Pro XL, à 6 470 K. Son Delta E 2000 moyen en niveaux de gris est également meilleur, avec une valeur de 1,1, contre 1,7 pour le modèle précédent, ce qui traduit une reproduction plus fidèle des gris. Pour les couleurs, le Pixel 11 Pro obtient un Delta E de 1,5 en sRGB et de 2,6 en P3, des résultats globalement proches de ceux du Pixel 10 Pro XL, mesurés à 1,91 et 2,68.
Comparé à ses concurrents, le Pixel 11 Pro offre une colorimétrie équilibrée, mais il n’est pas systématiquement le meilleur. L’iPhone 17 Pro se montre plus précis en sRGB, avec un DeltaE de 0,84, tandis que le Xiaomi 17 fait légèrement mieux sur cet espace avec 0,9. En niveaux de gris, le Pixel 11 Pro égale le Xiaomi 17 à 1,1 et devance les Galaxy S26, S26+ et S26 Ultra, mesurés entre 1,7 et 2,3. En revanche, sur l’espace colorimétrique P3, le Pixel 11 Pro obtient 2,6, un score proche de celui du Pixel 10 Pro XL, et similaires aux Galaxy S26.
Recommandation du 01lab
Comme souvent, nous avons également testé le second mode de couleurs proposé par le constructeur. Par défaut, le Pixel est réglé sur “Couleurs Adaptatives” dont voici le delta E P3 :
Comme vous pouvez le voir, de nombreuses couleurs dérivent au delà des 3, même en sRGB.
Le contraste avec le mode “couleurs naturelles” saute aux yeux sur le graphique ci-dessous, qui offre un delta E beaucoup plus plat avec des valeurs qui dépassent seulement le 1. Nous vous recommandons donc d’opter pour ce mode.
Logiciel : l’interface des Pixel toujours aussi riche
Le Pixel 11 Pro est livré avec Android 17 et bénéficiera de 7 ans de mises à jour. Comme depuis plusieurs années, l’interface de Google n’est plus un simple Android Stock, mais la fameuse Pixel Experience.
Celle-ci est claire, fluide et agréable, même si, à l’ère de la transparence qu’on retrouve chez tous ses concurrents, elle commence à prendre un léger coup de vieux en termes de design. Rien d’embêtant toutefois.
Google s’occupant du support d’Android, ses propres smartphones bénéficient donc d’un léger temps d’avance pour recevoir certaines nouvelles fonctionnalités. C’est le cas de la Magic Capture, un système qui va extraire d’une vidéo une suite de photos avec un rendu bien plus qualitatif qu’une simple capture d’écran. L’avantage : on filme une fois, l’IA choisit pour nous les moments et les rend plus jolis. Le désavantage : on ne peut pas choisir les moments.
Voici ci-dessous une petite présentation. Vous trouverez la vidéo de base, puis les photos extraites automatiquement.
Passons à la deuxième nouveauté de cette année, HiLight. L’idée est de se servir du flash du téléphone pour communiquer des informations lorsque le téléphone est placé face contre l’écran. Sur le papier, on imagine sans peine les différents usages qui peuvent en découler, des smartphones comme le Nothing Phone (3a) Pro en ont d’ailleurs fait la démonstration. Mais malheureusement, Google est resté un peu chiche.
En effet, pour le moment, HiLight ne permet que deux choses : il s’allume lorsqu’on parle à Gemini, ce qui est plutôt cool, et il s’allume d’une certaine couleur lorsque nos contacts favoris nous appellent ou nous envoient un message RCS. Voilà, c’est tout. Espérons que Google trouve un peu plus d’utilité à HiLight qu’au thermomètre qu’on trouvait auparavant au dos des Google Pixel.
Photo : la Pixel touch toujours au top
Le Google Pixel 11 Pro intègre un triple module photo à son dos, accompagné d’un module selfie. Les trois modules arrière oscillent entre les 50 et 48 Mpx, tandis que le module selfie monte à 42 Mpx.

Voyons voir comment ils s’en sortent !
Grand angle
| Nombre de pixels | 50 Mpx |
| Taille du capteur | Type 1/1.3" |
| Facteur de zoom | x1 |
De nuit comme de jour, le module grand angle impressionne par sa capacité à dégager des détails dans la photo et à toujours étendre plus loin la plage dynamique. La colorimétrie est sobre, avec une petite pointe de peps sur les verts et les bleus.
Ultra grand angle
| Nombre de pixels | 48 Mpx |
| Taille du capteur | Type 1/2.5" |
| Ouverture de l'optique | 1,7 f/ |
| Facteur de zoom | x0,5 |
Dans l’ensemble, le module ultra grand angle conserve les qualités de son collègue juste au-dessus. Il perd un peu en détail et s’assombrit plus volontiers, mais la colorimétrie reste proche, pour un résultat assez cohérent.
Téléobjectif
| Nombre de pixels | 48 Mpx |
| Taille du capteur | Type 1/1.95" |
| Ouverture de l'optique | 2,8 f/ |
| Facteur de zoom | x5 |
Le téléobjectif, qui débute à un équivalent X5, permet d’attraper des scènes bien éloignées. D’autant que le capteur de 48 Mpx autorise un zoom numérique sans perte jusqu’à un équivalent X10, offrant une belle polyvalence.
Les qualités précitées sont toujours là : bon niveau de détail, gestion de couleurs sobre et cohérente avec les autres. Même de nuit, le résultat reste très bon.
Petite nouveauté cette année, Google permet d’utiliser son zoom IA jusqu’à X120.
En pratique, difficile de trouver un sujet intéressant, mais le zoom IA est à la fois amusant à utiliser et assez bluffant dans son rendu. Il n’est pas rare qu’en l’utilisant, lorsqu’il ajoute des détails que le téléobjectif ne voit pas lui-même, puisqu’il est trop loin, on se prenne à se demander si ces détails ne sont pas en réalité bien là. Le nouveau moteur de Google, lancé l’an passé, continue de faire des étincelles.
Selfie
| Nombre de pixels | 42 Mpx |
| Ouverture de l'optique | 2,2 f/ |
Un rapide mot sur le module selfie. Celui-ci met bien en valeur son sujet tout en gardant une grande profondeur de champ. La gestion de la peau est bonne, voire un peu flatteuse, avec une couleur naturelle.
Performances : Tensor G6 ou Tensor saucisse ?
Le Google Pixel 11 Pro profite de la nouvelle puce conçue par Google, le Tensor G6. Contrairement à l’année passée, le Pixel 11 Pro démarre avec 12 Go de RAM seulement monte à 16 Go lorsqu’on augmente son stockage. Nous aurions aimé pouvoir réaliser quelques vérifications sur le modèle 12 Go, mais, malheureusement, le modèle fourni lors du test est un 16 Go.

Avant de plonger dans les chiffres, un petit mot sur notre ressenti des performances au quotidien. Le Pixel délivre une expérience digne d’un smartphone haut de gamme, à savoir que nous n’avons décelé aucun ralentissement majeur durant son usage, pas de micro-freeze, etc. C’est la moindre des choses à ce prix, mais il faut tout de même le souligner.
Cependant, il nous faut souligner que les performances en jeu ne sont vraiment pas bonnes. Non seulement un titre comme Genshin Impact est complètement injouable (voir la capture ci-dessous), mais un Fortnite, plutôt bien optimisé sur téléphone, peine à tourner au-dessus des 30 FPS même en faible. Seule Call of Duty Mobile parvient à demeurer à 60 FPS en réglages graphiques “élevés”. Mais de façon générale, si vous êtes joueur ou joueuse de jeu vidéo mobile, passez votre chemin.

Comme d’habitude, Google ne joue pas la course à la puissance et aux gros bras. Comme vous pouvez le voir sur le logiciel de test Geekbench 6, la puce est à la traine sur tous les tableaux : en mono cœur et en multicœur, si elle améliore la marque par rapport au G5 du Pixel 10 Pro, elle reste en dessous d’un Exynos 2600 du S26, pourtant pas la puce réputée la plus véloce du marché, et encore un cran derrière les champions du marché, l’A19 Pro d’Apple et le Snapdragon 8 Elite Gen 5 de Qualcomm.
Le pire étant la partie GPU (unité de calcul graphique) qui plonge complètement.
Le second benchmark que nous utilisons, Antutu 11, ne sauve pas vraiment le Pixel. Il délivre un score moitié moins élevé que ses concurrents. Comme le score principal est un agrégat des sous-scores, on peut voir que ce qui le grève est en grande partie sa mauvaise performance sur la partie GPU.
Pour en avoir le cœur net, rien de mieux que de se pencher sur un test dédié au GPU, à savoir 3DMark Wild Life Extreme. Il s’agit d’une suite de 20 boucles que le téléphone essaye de réaliser du mieux possible. Comme vous pouvez le voir, le meilleur score obtenu est deux fois inférieures à la plupart de ses concurrents. En revanche, le téléphone se maintient un peu mieux au cours du test en ne perdant qu’un tiers de performance, le tout avec une chauffe relativement contenue.
Pour terminer cette partie performances, Google ne mise clairement pas dessus avec son Pixel 11 Pro. Quant à savoir si vous trouverez ça problématique, tout dépend de vos préférences. D’un côté, il est un peu embêtant de débourser 1200 euros dans un téléphone pour qu’il ne propose qu’une fraction des performances brutes de ses concurrents.

De l’autre, il s’agit de performances brutes justement, qui dépassent depuis très longtemps le seuil du nécessaire pour un smartphone, machine sur laquelle les jeux restent assez légers en puissance demandée de façon générale. Dès lors, ce retard en performances impactera davantage la durée de vie du produit, qui pourrait théoriquement ralentir plus vite qu’un autre au gré des mises à jour Android.
Batterie : c’est mieux, mais pas top
Le Pixel 11 Pro est équipé d’une batterie de 4850 mAh. Une capacité musclée pour un petit téléphone de 6,3 pouces, mais un peu légère face à la déferlante des batteries à 6000, voire 7000 mAh qui commencent à inonder le marché.

Au delà de la capacité brute, ce qui compte surtout, c’est l’autonomie réelle. D’après notre test d’autonomie maison, le Google Pixel 11 Pro met 17 h et 1 minute à passer de 100 % d’autonomie à 5 %, avec un usage continu. Un chiffre qui dépasse de près de 2 h le Pixel 10 Pro XL de l’an passé, mais qui demeure en retard face à la plupart de ses concurrents. Xiaomi 17 par exemple, monte à près de 26 h d’usage !
Concernant la charge, nous avons utilisé un chargeur officiel de la marque montant à 45 W. Le Pixel 11 Pro supporte une charge jusqu’à 30 W d’après sa fiche technique, nous avons nous-mêmes mesuré un pic à 27 W, ce qui semble coller si on prend en compte la marge d’erreur. Le temps de charge total n’est pas très bon, avec près de 2h pour faire le plein. Même le pourcentage atteint après 10 minutes ne sauve pas l’affaire, puisqu’il s’agit du plus mauvais score du tableau avec 16 % contre 18 % pour le S26, le deuxième plus mauvais.
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