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Test : Canon EOS M3, un hybride racé… incomplet et trop lent

Si Canon a soigné la qualité de fabrication de son EOS M3, il manque à ce dernier des raffinements techniques devenus pourtant incontournables. Son rendu parvient-il à compenser ses lacunes ?

L'avis de 01net.com

Canon EOS M3

Note de la rédaction

Note publiée le 26/05/2015

Canon EOS M3 : la promesse

Leader sur le marché des reflex avec Nikon, Canon fut la dernière marque à se lancer – sans grande conviction – dans les hybrides avec un premier EOS M à la distribution confidentielle. Après avoir vu une baisse des ventes de reflex de 30% l’an dernier, le géant japonais met à jour son boîtier hybride l’EOS M qui devient l’EOS M3. Mais Canon semble avoir encore du pain sur la planche…

Canon EOS M3 : la réalité

Chapeau à Canon pour la qualité de fabrication de cet EOS M3 : il respire la qualité et offre un toucher rassurant. La charnière métallique de l’écran articulé est une jolie démonstration de savoir-faire mécanique et on sent toute l’expérience de Canon dans le choix des matériaux ainsi que dans la résistance des boutons et molettes.

Seuls les boutons d’enregistrement vidéo et de lecture des images nous ont parus trop petits. Dommage cependant que Canon ne soit pas allé assez plus loin dans son travail sur la réduction du poids : l’EOS M3 pèse un poil plus lourd que l’Alpha A6000 de Sony (362 g contre 344 g pour le Sony) mais sans intégrer de viseur (lire plus loin).

Bonne qualité d’image, balance des blancs à l’ouest

On commence par les bonnes nouvelles : l’EOS M3 fait de très belles images. Le capteur et le traitement d’image de Canon sont efficaces dans les basses lumières jusqu’à 3200 ISO. Si les couleurs sont souvent jolies, on note cependant une inconstance très marquée de la balance des blancs selon la focale utilisée. On est loin de la justesse de l’interprétation des couleurs de Fuji ou Olympus.

Deux menus spéciaux accessibles depuis la molette des modes se destinent aux créatifs : un mode « Créations assistées » modifie des paramètres (contraste, saturation, etc.) en temps réel à l’écran et « Artistique » qui dispose de filtres pré-paramétrés (HDR, grand-angle, peinture à l’huile, etc.). Mais toujours pas de panorama par balayage, une absence inexplicable tant elle est plebiscitée par le grand public.

Autofocus : des efforts insuffisants

L’AF est vraiment lent, mais heureusement les iguanes sont des animaux peu véloces.

L’EOS M3 a bien un autofocus plus rapide que son prédécesseur, l’EOS M, dont nous n’avions fait que manipuler une première mouture. Vrai flop commercial en Europe et rapidement bradé à des prix défiant toute concurrence – 299 euros quand il fut lancé à 899 euros … – l’EOS M était en effet handicapé par une mise au point automatique très lente. Hélas pour Canon, ces progrès ne suffisent pas : l’EOS M3 est certes plus rapide que son aïeul, mais il demeure le plus lent de tous les hybrides, plus lent même que les appareils de Fujifilm, qui fermaient la marche jusqu’à présent (mais Fuji est en nets progrès dans ce domaine). A côté des OM-D d’Olympus, rois de la vitesse, ou même d’un petit Panasonic GF7 à 499 euros, l’EOS M3 est poussif, peu précis bref, pas satisfaisant. Loin, très loin de la réactivité des reflex EOS…

Optique : zoom de base trop lourd

Tous les fabricants ont réussi à proposer des zooms kit, les optiques livrées par défaut, légers et compacts. Tous sauf Fujifilm, stakhanoviste de la qualité optique et Canon, dont ce 18-55 mm f/3.5-5.6 pèse pas moins de 210 g. A titre de comparaison, le 16-50 mm f/3.5-5.6 du Samsung NX500 qui offre une qualité optique de bon niveau pèse 100 g de moins ! Classique dans l’approche mécanique et sans performance optique particulière, le 18-55 mm de Canon est une optique convenable, mais qui trahit le contrat de base des hybrides qui se veulent plus petits et légers que les reflex.

Optique : un chouette 35 mm f/2

Une seule focale fixe est pour l’heure disponible, un 22 mm f/2 au format pancake (extra-plat). Equivalent à un 35 mm sur reflex plein format, cette optique est la gemme du petit parc optique de Canon. Légère, offrant un bon piqué, elle permet surtout à l’EOS M de rentrer dans n’importe quel sac à main/dos. Focale de reportage par excellence, cet équivalent 35 mm est la seule qui rendre hommage au format compact des hybrides et sa luminosité en fait une arme de choix en basses lumières… quand l’EOS M3 accepte de faire le point (lire plus haut).

Le viseur, cet absent

L’EOS M est plutôt lourd comme nous l’avons dit. Avec un tel poids et une prise en main mieux étudiée que celle de son aïeul, l’absence de viseur électronique intégré n’en est que plus flagrante. Plusieurs fois nous nous sommes retrouvés à pester contre cette absence, et ce n’est pas le viseur optionnel protubérant qui pourra changer la donne. Quand on voit que Sony et Panasonic sont capables d’intégrer à la fois viseurs, écran orientable et parfois le flash dans des appareils plus petits – RX100 Mark III ou Panasonic GM5 – on regrette le choix – ou l’impasse technique ? – de Canon en la matière. Un appareil moderne de cette trempe se doit d’intégrer un viseur. Point barre.

Vidéo : l’incompréhension

Amis vidéastes, passez votre chemin : l’EOS M3 est l’un des appareils les plus bridés en matière de vidéo. En définition Full HD, cet hybride n’offre qu’un mode à 25 images par seconde. Oui, c’est tout. Si l’on réduit la définition à de la HD 720p, on a droit à 50 i/s et à nouveau 25 i/s en VGA. Difficile de comprendre ce débit de trame ridicule en Full HD et le peu d’options disponibles de la part d’une marque qui, avec le 5D Mark II, a remué l’industrie vidéo il y a 5 ans… Quand on sait que pour moins cher le futur Panasonic G7 propose la 4K 24p et de nombreuses options d’encodage en Full HD (25/30/50/60p), on ne peut que constater (et déplorer) le retard technologique – ou le conservatisme ? – des ingénieurs de Canon.